‹ Histoire militaire de la campagne de Russie en 1812Chapitre 25 sur 181 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

espérances répandit parmi les Turcs, la Porte, animée par les représentations du ministre d'Angleterre, et même par les sourdes intrigues des émissaires français, se roidit contre le malheur; loin de rechercher la paix , elle se prépara avec plus d'ardeur que jamais à continuer la guerre. Ainsi la campagne , quoique glorieuse pour les Russes, ne fut point décisive , et le cabinet de Saint-Pétersbourg se vit dans la nécessité de songer à en soutenir une nouvelle ; ce qui était d'autant plus fâcheux , que , précisément à cette époque , les rapports avec la France commençaient à dégénérer en discussions où l'on pouvait découvrir aisément le germe de démêlés plus graves.

L'empereur Napoléon n'avait pas renoncé à son système de conquêtes sans guerre, qu'il masquait sous le titre de réunions. Dès l'année 1808, le pape, en punition de ses refus de déclarer la guerre aux Anglais, s'était vu enlever les provinces d'Urbino, d'Ancône, de Macérata et de Camérino qui furent incorporées au royaume d'Italie. Cette injustice n'ayant point rendu le pape plus souple. Napoléon acheva, en 1809, de le dépouiller de tous ses états, qui, avec la ville de Rome, furent réunis à l'empire français.

Les réunions de 4'année 1810 furent encore plus importantes. L'empereur des Français était

CAMPAGNE DE l8l2.

mécontent de la conduite du roi de Hollande qu'il accusait de favoriser le commerce anglais. Louis ne put échapper au courroux de son frère , qu'en signant un traité , en vertu duquel il cédait à la France la Zélande, le Brabant hollandais, et la partie de la Gueldre située sur la rive gauche du Waal. Par ces sacrifices, il crut avoir acheté la conservation de Tindépendance de son royaume ; mais il ne tarda pas à apprendre que ces espérances étaient illusoires. Dégoûté par de nouvelles vexations de la part de son frère , il abdiqua la couronne en faveur de son fils. Mais Napoléon refusa de reconnaître le nouveau roi , et réunit toutes les provinces hollandaises à son empire , dépassant ainsi la ligne du Rhin que lui-même avait itérativement promis de ne jamais franchir. A la même époque, le Valais , qui jusque-là avait formé une république indépendante, fut aussi incorporé à la France. Enfin , pour mettre le comble à ces iniquités , Napoléon ordonna encore la réuion du duché de Lauenbourg et de la ville de Lubeck sur la mer Baltique, et des pays situés sur les côtes de la mer du Nord , y compris les villes de Brème et de Hambourg.

Nous ne pouvons mieux faire connaître l'effet que ces nouvelles acquisitions duirent produire

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