‹ Histoire militaire de la campagne de Russie en 1812Chapitre 26 sur 181 · CHAPITRE I. 5l · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. 5l

en Europe, qu'en citant le passage suivant, extrait du manifeste que l'Autriche publia en i8i3 : « Cet acte de violence s'exécuta sans aucun motif « de droit , même apparent, au mépris de toutes a les formes adoucissantes, sans avis préalable ^ « sans négociation avec un cabinet quelconque ^ a mais sur le seul prétexte arbitraire et futile a qu'il était commandé par la guerre avec l'An- « gleterre. Le décret qui établissait sur les cotes « de l'Allemagne une nouvelle domination fran- <cçaise, sous le titre de 3a^ division militaire ^ '<c était par lui-même asse^ inquiétant pour toutes « les puissances voisines ; mais il le fut encore a bien plus , parce qu'on le regardait avec raison <c comme le présage de dangers futurs bien plus ce éminents. Ge décret renversait un système <c établi par la France elle-même ^ violé à la vjé^ a rite , dans plus d'une occasion ^ mais qu^ l'on a proclamait cependant comme toujours subsiste tant : le système des soi-disant limites p^atiireUes « de la France. Il fut renversé sans qu'on entrât « dans aucune explication pour justifier cette dé- « marche ; et Napoléon , par cet a^îte arWtraire « sans exemple^ anéantit même ses propres créa<^ « tions. Ni les états de la confédération du Rhin» « ni le royaume de WeStphalie ^ ni quelque autriS « territoire que ce fût ^ né se trouva à J'^bri de

5l CAMPAGNE DE l8lCè.

« cette marche usurpatrice. Tracée par l'aveugle « caprice , sans règle ni plan, sans aucun égard a pour les rapports politiques anciens et nou- « veaux , la nouvelle ligne des frontières tra- « versa les pays et les rivières , enleva aux pro- « vinces du centre et du midi de l'Allemagne toute « communication avec la mer du Nord, passa « l'Elbe, sépara le Danemark de FAUemagne, se « fixa même sur la Baltique , et parut tendre à «aller rejoindre la ligne des forteresses prus-- (c siennes sur l'Oder , que la France occupait en- ' « core. Et cependant cet acte de violence, quoi-

tf qu'il entamât sans ménagement tous les droits « et toutes les propriétés , toutes les lignes de a démarcations géographiques , politiques et milice taires , donnait si peu au pays occupé le carac- « tère d'un territoire fermé , qu'on fut obligé de a regarder cette démarche comme le prélude d'inc( justices plus grandes encore, par lesquelles la « moitié de l'Allemagne devait devenir une pro- « vince française , et Napoléon maître réel du « continent. »

Cette nouvelle réunion était d'autant plus cho- \V quante , qu'elle englobait aussi les possessions * \ du duc d'Oldenbourg , proche parent et allié de V la maison impériale de Russie.

i L'empereur Alexandre , se renfermant dans le

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