CHAPITRE I. 6l
ment , et tenait les espi*its en suspens sur le . degré d'importance de ces démêlés. Napoléon LU | dissipa cette incertitude , en se permettant , au milieu d'un cercle diplomatique, tenu aux Tui- j leries le 3 août, d'adresser à l'ambassadeur de = Russie des reproches amers, et des inculpation^ , perfides, qui nlirent tous les ministres étrangers, ■■ présents à cette scène, dans le secret des différends survenus entre les deux empires. Il est hors de \ doute qu'il n'eût point balancé à comtnencer dès- lors les hostilités, si la saison avait été moins ; avancée. La crainte d'abîmer ses troupes en leur faisant exécuter des marches fatigantes au milieu des boues d'automne , l'engagea à ajourner l'accomplissement de ses projets jusqu'au printemps. D'ailleurs il voulait profiter de l'hiver pour passer des renforts en Espagne où lord Wellington continuait à tenir en échec ses armées , dont la guerre des guérillas minait journellement les forces.
Cependant la fin de la campagne de i8i i sur ' v le Danube ne répondit pas aux espérances que la retraite du général Koutousof avait inspirées 1 aux ennemis de la Russie.
I/armée ottomane , fière de voir enfin une armée russe reculer devant elle, se hasarda à passçr elle-même le Danube dans les environs
Ga CAMPAGNE DE l8l2.
de Routschouk , afin de porter le théâtre de la ] guerre en Walachie. Celte résolution , célébrée :• à Constantinoplë tomnie une victoire , fut exé- \ cutée le 26 août ; et devint la cause d'une cruelle
\ catastrophe pour les Turcs. Le général Kouiou-
i sof se porta en face de l'arniée ottomane , afin
^ \ de l'empêcher de s'étendre en Walachie, et le
\Sj' \ 3o septembre il détacha un corps aux ordres du
général Markof , avec ordre dé passer le Danube
au-dessus de Routschouk, et de venir fondre sur
i la réserve turque demeurée à la droite du fleuve.
I Cette opération eut le succès désiré. La réserve ,
( complètement battue, fut refoulée dans la ville
\ de Routschouk. L'armée ottoitiane, privée de
j ponts et de communication avec la rive droite,
\ se .vit complètement cernée. Après avoir été blo-
j quée pendant quelques semaines, elle fut obli-
) gée de mettre bas les armes.
La Porte , entièrement découragée par ce grand désastre, demanda la paix. Un congrès s'ouvrit à Bukarest au mois de décembre. Un changement aussi inopiné dans la situation des deux partis sur le Danube, déjouait les calculs de Napoléon , qui comptait sur la diversion que les affaires de Turquie devaient faire en sa faveur au moment où il entrerait en campagne contre la Russie. Il ne négUgea aucun moyen