CHAPITRE I
dëric-Guillaume ne pouvait se dissimuler qu'il risquait de devenir la première victime de la guerre qui allait éclater. Il vit qu'il n'y avait \ d'autres moyens de se soustraire à ce danger i ^ qu'en s'alliant intimement avec la. France. Mais \ les propositions qu'il adressa à ce sujet au cabinet des Tuileries, et qu'il renouvela à plusieurs ■ reprises dans le courant de l'année i8i i, furent toujours reçues avec froideur.
Napoléon dévoilait ainsi la secrète pensée de commencer les hostilités contre la Russie par l'anéantissement de la monarchie prussienne , /
afin de ne pas laisser derrière soi un allié peu sûr, qui, au moindre revers, pouvait se transformer en ennemi déclaré. Cependant, au commencement de i8ia, de nouvelles instances, de la part du ministère prussien, réussirent à donner un autre cours à la politique de la France. En poussant à bout Frédéric-Guillaume , Napoléon craignit de le voir se jeter dans les bras de la Russie , au lieu qu'en adhérant aux propositions de la Prusse , il devait acquérir la faculté de disposer des troupes de cette puissance. Il jugea donc qu'il serait impolitique de persévérer dans un système dont le résultat serait de priver son armée d'un secours qui n'était pas sans utilité, pour renforcer celle de l'ennemi qu'il se prépa- I. 5
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I , l rait à combattre. Toutefois, en permettant à la Prusse de s'allier avec lui, l'empereur desFran* çais ne négligea pas de l'affaiblir encore par de nouvelles charges. En vertu des conventions qui accompagnaient le traité d'alliance signé par le ministre de Prusse à Paris le lîi (24) février, Frédéric-Guillaume s'engagea à mettre, à la disposition de la France pour être employé contre la Russie , un corps de 20 mille hommes avec 60 ' pièces de canon , et à fournir à l'armée française \ les objets nécessaires à sa subsistance pendant • son passage à travers les états prussiens.
C'était surtout la détermination de l'Autriche \ qu'il importait à Napoléon de fixer en sa faveur. \ Quoique son mariage avec l'archiduchesse Marie- ? Louise lui donnât une influence marquée dans le \ conseil de l'empereur François ; toutefois ce prince ; ne pouvait se dissimuler que la cause de la Russie \ était celle de toute l'Europe, et montrait une grande répugnance à Coopérer à la ruine d'une puissance dont la chute devait faire évanouir les \ dernières lueurs d'espérance pour l'affranchissement du continent. Mais rester neutre n'était pas chose facile avec Napoléon , qui refusait de reconnaître d'autre neutralité qu'un désarme-^ ment complet, et l'Autriche, en s'y soumettant, se fut privée de tout moyen de profiter des chan-