CHAPITRE I
ces heureuses que les événements de la guerre pouvaient lui présenter. Pour suivre la politique la plus conforme à ses vrais intérêts, le cabinet de Vienne dut donc se résigner à conclure une ; alliance, qui, en mettant à la disposition de la , France un corps de 3o mille hommes avec 60 ca- ! nous , réservait du moins les forces de la monar- j chie pour être employées selon les circonstances. Le traité , qui établissait cette alliance , fut signé à Paris le 2 (i4)niars. •
Il ne restait plus à Napoléon qu'à s'assurer de la Suède ; mais toutes les tentatives qu'il fit pour V réussir n'eurent point de succès. Nous avons . . , , vu que la paix de Fridrikshamm avait réservé .«— «^
à la Suède l'importation du sel et des denrées coloniales. Napoléon avait refusé de reconnaître cette stipulation , et la Suède s'était vu obligée d'y renoncer par le traité de Paris , qui termina ses différends avec la France et lui restitua la Poméranie. Cependant, malgré ce traité, le commerce entre l'Angleterre et la Suède continua, à cause de la configuration des côtes Scandinaves très-favorables à la contrebande. Napoléon, irrité , accusa le ministère suédois de connivence avec ses ennemis, et vers la fin de Tannée i8îo il le somma péremptoirement de déclarer en forme la guerre k l'Angleterre. Le cabinet de
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Stockholm , que l'approche de l'hiver privait des secours de l'Angleterre, céda à la volonté du plus fort. A cette époque , les Suédois , ayant ;^ porté le maréchat Bernadotte à la succession au trône, on crut généralement que ce général français ne manquerait pas d'attacher irrévocablement cette puissance au système de la France. Mais le nouveau prince royal , s'identifiant aux intérêts de la nation qui l'avait choisi, n'eut plus \'\ r ■ ^^ vue que ses devoirs envers sa nouvelle patrie. D'un autre côté , l'Angleterre traitait amicalement les navires suédois, malgré la déclaration de guerre. Cette conduite ne fit qu'exaspérer da- '' vantage Napoléon. Dès l'année 1 8j i , ses corsaires reçurent la permission de courir sur les bâtiments suédois, et au mois de janvier 1812 les troupes françaises occupèrent la Poméranie suédoise et l'île de Ruggen.
Toutefois Bonaparte ne perdait pas encore l'es-
\ poir de ramener la Suède à son alliance. Il lui
: fit proposer de lui restituer la Poméranie , et de
■ lui faire rendre la Finlande, à condition qu'elle
ferait sérieusement la guerre à l'Angleterre et
: qu'elle lèverait une armée de 3o à 4o mille hom-
. mçs pour attaquer la Russie. Mais le cabinet de
; Stockholm savait trop bien qu'il ne pouvait ac-
' cepter cette alliance sans renoncer à son indé-