CHAPITRE I
lie serait pas uniquement pour les Anglais , mais également réparti entre les deux puissances commerçantes : enfin , quant au quatrième point , Napoléon proposait de conclure un traité de commerce qui, en maintenant le fond du tarif de 1810, l'établît de manière à ménager les intérêts de la Russie, sans blesser ceux du com-r merce français.
11 était évident que cette nouvelle ouverture n'avait été mise en avant qu'en vue de faire prendre le change . au cabinet de Pétersbourg sur les véritables intentions de la France , et de lui inspirer assez de sécurité pour l'engager à
suspendre ses préparatifs de défense. L'empCT reur Alexandre sentait trop bien que les griefs avoués ne portaient que sur des accessoires ; mais que le fond de la querelle qui divisait les deux empires, consistait dans la domination arbitraire que la France s'arrogeait sur toute l'Europe, D'après cela, on n'eût pas avancé grand'chose en observant le redressement des griefs susmentionnés, c^r la question principale , celle du pouvoir dictatorial de la France sur toutes les autres puissances, n'était susceptible d'être résolue que par la voie des armes. En effet, d'un cote , Napoléon n'aurait jamais voulu renoncer à ses prétentions, et, de l'autre, l'empereur Alexandre n'au-
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rait pu s'y soumettre sans manquer à la dignité de la nation qu'il représentait : toutefois l'empereur de Russie, jaloux d'enlever à l'ennemi le moindre prétexte d'agression , ne se serait point j refusé à entreren négociation sur les bases pro- } posées par la France , si l'irruption des troupes de ) Davoust en Prusse n'était venue ajouter un nou-< \ veau grief à la masse des démêlés subsistants. Peu de temps après la conclusion du traité avec la Prusse, l'armée française d'Allemagne pénétra effectivement dans ce pays, et s'avança par sa gauche et par le centre jusqu'à l'Oder, et par sa droite jusqu'à l'Elbe. C'était passer le Rubicon> et mettre la Russie dans le cas d'avoir recours à des mesures décisives. L'empereur Alexandre quitta aussitôt Pétershourg et se rendit à Wilna^ ' où le quartier-général de sa grande armée se ' trouvait établi; en même temps il envoya l'ordre au prince Kourakin , ambassadeur de Russie , à Paris , de faire connaître au gouvernement fran* / çais que la conservation de la Prusse et son in- / dépendance de tout lien politique dirigé contre la Russie , était d'autant plus indispensable pour '; les intérêts de l'empereur Alexandre, que des ' rapports solides et stables ne pouvaient être rétablis avec la France, qu'autant qu'il y aurait entre elle et la Russie un pays neutre qui ne se-