CHAPITRE I
le colonel Czernicheff avait été le porteur. Il pa- , ) j raît qu'en touchant au dénouement que lui-même * avait amené , il ne fut pas exempt de quelque inquiétude. La grandeur de l'entreprise dans la- !./
quelle il allait s'engager et dont il ne se dissimulait pas les difficultés , semblait l'effrayer. Il eut un moment la pensée que l'empereur de Russie , | à la vue des forces prodigieuses qu'il conduisait contre lui , chercherait à éviter la guerre en souscrivant à toutes ses volontés : il s'attacha avec complaisance à cette idée qui flattait son orgueil, dflni laissait entrevoir la réalisation de ses pro- >jets sans lui faire courir âes chances que luimême estimait être hasardeuses.
La mission de M. de Narbonne devait servir ' à provoquer la manifestation des dispositions que Napoléon supposait si gratuitement à l'empereur Alexandre. Il fut complètement frustré dans son attente. Le comte de Narbonne avoua lui-même qu'il trouva l'empereur Alexandre dans '\ la meilleure attitude, sans abattement et sans! jactance. La réponse qu'il rapporta à Dresde, fiit \ que l'empereur de Russie s'en référait absolu- . ment aux communications que son ambassadeur ; avait faites à Paris , et que ce n'était qu'en obtenant ces bases préliminaires qu'il pouvait consentir à traiter.
76 CAMPAGNE DE l8l2.
Napoléon avait encore envoyé l'ordre au gé- : \ ,. néral Lauriston , son ambassadeur à Pétersbourg, i "^ : de solliciter la permission de se rendre à Wilna, ; poiu? représenter au chancelier de Russie , qui j y avait accompagné l'empereur Alexandre, que ' la demande impérieuse de l'évacuation des états prussiens était offensante pour la France et attentatoire à l'indépendance de la Prusse ; puisque c'était exiger d'elle la destruction des engagements politiques qu'elle avait contractés , en usant du droit qui appartient à tous les souverains. Ce raisonnement sophistique et dérisoire n'annonçait pas des vues conciliantes de la part du ministère français ; d'ailleurs l'empereur Alexandre ne jugea pas à propos de recevoir l'ambassadeur français au milieu de ses troupes, et le fit engager à adresser, par écrit, au chancelier, les communications qu'il avait à faire. Les événements qui se précipitèrent ne permirent pas de donner suite à cette affaire.
Le séjour de Napoléon à Dresde fut marqué par son entrevue avec l'empereur d'Autriche et le roi de Prusse, qui se rendirent dans cette ville. L'empereur d'Autriche y fut aussi accompagné par l'impératrice son épouse. Les fêtes magnifiques qui furent données à cette occasion , continuèrent jusqu'au retour de M. de Nar-