CHAPITRE I
de succès. Le roi de Prusse ne se détermina paâ à renoncer au système de neutralité, auquel il attachait la conservation du crédit dont son cabinet jouissait en Europe.
La coalition allait éclater. Cependant l'empereur Alexandre ne voulait s'engager dans la guerre qu'après avoir épuisé tous les moyens de conciliation compatibles avec sa dignité.
Il fit une dernière tentative pour obtenir de Buonaparte une satisfaction raisonnable sur les griefs de la Russie. A cet effet , M. de Nowosiltzof reçut ordre de se rendre à Paris ; mais ce négociateur se vit obligé de s'arrêter à Berlin , car de nouveaux changements siu'venus en Italie avaient fait évanouir tout espoir d'accommodement avec la France. Buonaparte, loin de conjurer l'orage qui se formait contre lui , semblait prendre à tâche d'en précipiter l'explosion. Il avait déjà ajouté au titre d'empereur des Français celui de roi d'Italie ; et , s'étant rendu dans son nouveau royaume , il ordonna encore la réunion de la Ligurie et des états de Parme à la France , et donna la principauté de Lucques à son beaufrère Baciocchi. Ces nouvelles usurpations, consommées pendant que l'Europe contestait encore la légitimité des précédentes réunions , en devenaient d'autant plus choquantes. Les puissances coalisées coururent aux armes.
TO CAMPAGNE DE l8l2. ^
L'Autriche mit sur pied trois armées , qui s'avancèrent, l'une en Italie, l'autre dans le Tirol, et la troisième en Bavière. Cette dernière devait être renforcée par les Russes , qui se trouvaient déjà en Gallicie. Un autre corps russe débarqua en Poméranie , et dut pénétrer dans le Hanovre , conjointement avec les Suédois et les Anglais. D'un autre côté , des troupes russes et anglaises furent transportées dans le royaume de Naples , que les Français venaient d'évacuer , pour concentrer leurs forces sur les frontières de l'Autriche.
Plusieurs causes rendirent l'issue de la campagne désastreuse pour les coalisés. L'ascendant qu'exerçait Buonaparte agit d'abord sur la Bavière. L'armée bavaroise se réunit à l'armée française. Baden et Wurtemberg suivirent cet exemple.
La Prusse n'avait pas encore pris de parti définitif Il en résulta que l'armée autrichienne d'Allemagne demeura exposée isolément aux forces supérieures que Buonaparte conduisit contre elle. Cette armée, dirigée par l'impéritie et la pusillanimité , fut détruite comme d'un coup de
baguette. Enfin les Russes , réunis aux débris des Autrichiens, furent défaits à Austerlitz.
Néanmoins les affaires de la coalition n'étaient pas encore désespérées. Une nouvelle armée