CHAPITRE DEUXrÈME
tôt»* b'IdElL RAMBElSUR L^KIStOlRS DIS La l»RVfi9« VB»Vm SÔH . ORHHNfi iVaQU^A 80N IIIGOKPORATION A L*ÉLBfiTOILAT »E
BRANBEBOURG.
lOMiiAfRte : Origine dês PruMiens. -^ Leur religloii. ^ Leiifs mcBur». ^ Leur organisation militaire. — Introduction du chris
. tianisme en Prusse. — Création de Tordre des chevaliers du Christ. — Extermination de ces chevaliers par les Prussiens à Isi bataille de Strassburg. — L^ordre Teutonique appelé eii Prusse. -^ Système de guerre qu'il adopte pour eomnettre oe pays. — Manière de combattre des Prussiens. — Réunion à Tordre Teutonique de Tordre des chevaliers du Christ et de l*ôrdre des chevaliers porte-glaives de Livonle. — La Prusse eftt flitisée en ttx)is évèehéis. ~ Révoltes successives des Prussiem. •— > Leur floUmfssîon complète. — Prospérité de Tordre Teutdnique en Prusse. — Sa longue lutte contre la Lithuanie. -^ — Guerre de Tordre avec la Pologne. — Mémorable bataille de tit'Utiewald (làiO).-^ Henri de Plauen teuve TOrdre du jôug des Polonais. ~ Traité de garantie entre TOrdre et TÉleeleur et Braadebottrg (1^43)* —Le grand maître enpge la Nouvelle Marche à TËIocteur pour 100,000 florins d'or. — Bataille de Choinitz (lû5/i). — Combat de Bauzig (lW2). — L'ordre teutoftkiUe se reconâàtt vassal de ta Pologne, et lui cède la Pvàme
: rtyalf I -^ Alliert de Brandebourg, grand maître il Tordue obtient le titre de duc de Prusse. — II embrasse la religion protestante. — Son fils Albert-Frédéric lui succède, --r Réunion du dilciié de Prusse au Bratideboorg.
Lorsqu'au ctordde T Alleoiagnô la race ger^oanique 4iBparut 6U(M:essivei»eDt devant rinvasion des tribus iriaveS) il S6 forma entre les embouchure» de la Yî^r tuk et du Niémeu (1) uu peuple slave mélangé de
(1) Ànjeurti'httl ta Metnel.
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Germains et de Lettes, qui reçut le nom de Pruczes ouPrussiens. Suivant les uns, le nom de BanMtaoa Pwussia^ dont on a fait Prusse, vient de Po, auprès, et de Rusiia^ la Russe, rivière qui est une branche du Niémen ; d*après eux la Prusse devrait donc son nom au voisinage des Russes, qui dominaient alors sur la Courlande et la Lithuanie. Suivant les autres^ au contraire, le nom de Pruczi vient d*un ancien mot wende, de même origine que celui de pruszinka^ qui signifie terre glaiseuse, parce que telle est la nature des terres de Tintérieur de la Prusse orientale.
Les Prussiens avaient la taille élevée ; leurs yeux bleus et leur chevelure blonde décelaient une origine germanique; ils pouvaient, comme les Slaves, supporter les intempéries des saisons, les fatigues et les privations. Les Prussiens modernes ont encore ces dernières qualités, qui sont précieuses pour un peuple militaire.
I^s prêtres exerçaient un pouvoir sans bornes; ils étaient à la fois juges et législateurs. Ils admettaient un Dieu blanCy nommé Belhog^ qui gouvernait le ciel, et un Dieu noir, nommé Czernibog^ auteur du mal : Belbog confiait le gouvernement de la terre à des divinilés de second ordre. Perkunos, le dieu du tonnerre, et Pikullos^ le dieu de la mort, étaient adorés sous des chênes sacrés placés à Romowa et à Heiligenbeil. On trouvait aussi au nombre de leurs divinités des lacs, des rivières, des serpents, des élans et d'autres animaux. Pour entreprendre une guerre, comme pour conclure la paix, les.prêtres consultaient
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la volouté des dieux : d'après leurs croyances, les braves seuls allaient en paradis, tandis que les lâches descendaient aux enfers.
Ce peuple grossier mangeait de la viande crue, buvait du sang de cheval et ravageait les pays voisins : joignant la cruauté à la superstition, il sacri* fiait à ses faux dieux les ennemis qu*il faisait prisonniers. Tout Prussien, capable de porter les armes, devait combattre. Leurs troupes consistaient surtout en infanterie et se sut)divisaient par groupes de dix, cent et mille hommes; les saints étendards, sur lesquels figuraient les images de leurs idoles, les précédaient dans leurs excursions.
Ainsi l'organisation militaire des Prussiens, en ces temps reculés, tenait de celle de plusieurs peuples : ils récompensaient le courage comme les Mahométans, par Fespoir du paradis; ils rangeaient leurs troupes par fractions décimales, comme les Égyptiens et les Juifs (1); ils égorgeaient leurs prison- Ci) Voici ce que je disais, en 18/|9, du fractionnement décimal des troupes chez les peuples anciens : « Il faut remarquer que plusieurs des anciens peuples avaient adopté, pour leurs troupes, une organisation décimale, c*est-à-dire basée sur des multiples du nombre 10 : tels furent les Égyptiens, les Juifs, les Chinois, les Grecs devant Troie, les Romains. Les organisations des deux premiers de ces peuples se basaient même sur les puissances de 10; les Égyptiens formaient, en effet, des bataillons carrés de 100 hommes de front sur 100 hommes de profondeur, qui sesub* divisaient en sections de 1,000, 100 et 10 hommes, et les Juifs se groupaient par troupes de 100 et 1,000 hommes. Quoique le sys" tème décimal soit le meilleur, on gagnerait peu à l'introduire rigoureusement dans les. armées modernes : l'organisation mili*
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tiiers de gUefre comme les Gaulois (l). En ouWe, leufs Torts étàlfeill cônslr*Uits en bttis comme ceux des anciens Germains.
Oh tenta pllisiëtlrs fois de convertir léS Pfussiens. Saiht Adalbert, évêque de Pfàguë, flit lô pfèmlèf missionnaire chrétien qui pôMa dalls leur pays lès préfeeptes de la religion du Chriét : il y reçut la ciôUrbhné dû Itiariyt^ en 997» ce qui lui fil donner le nom û'âpôfre des Prussiens ; pour f achetef sort coi*ps, lé prince pôlbrtàis Boleslas dôîinâ, dit-on, Une quahtité d^ôi- d*ùn poids égal. Trois rôiâ de Pologne, loUs t?ôlfe du liom de Boleslas (2), cômbattiréHt ensuite les Prussiens pour leâ cofi^^fertii* ; mais ils furertt fépôUséés, ^ï lès idolâtres ravagèrent là Cujavîe et la MàÉèVlé.
Il y avait alors Un é%)i^ixe de Ptusse, institué pâf iè pàpê ilinôeent III ; il se nommait Christian, appàflchalt à rt)rtre des Bernardins, et âvàtt, gfâCé à bA douceut-, à la pureté de ses rhœurs et à sa cortnaissance des langues prussienne et polonaise, réussi à convertir une partie des Prussiens (ISOS). Mai» il y w\ bientôt une réactioii) Tidolâtrie reprit te desMi)
tSlri éê l« phalaûfté) MU dei^ ttiitiUx èniétidtt^ de l'at)ti<]Uitê, ft^sftlt d*fttiteilr6 mt 168 puissances âû tiombre 9. » {ConUâêfdîmè eHf Vnrî militéilre dnetgtic, p. B.)
(!) Oti cite même de^ combats après X^tfèth leâ Caulôits atfâ^ ciKient H^rê pM^ontiler^, gâf mtté» à des àrbfes, et tti^iebt âèsâtt& eommë sfiir ttii« elble: (Amêdée TkttSRRlr, ttîs^bîH âês OctUteâf, «•édition, t. lip. 12d.)
(S) Boleslas rinerépttf«(i05d-108i), doleslas imch^-fS'am^ (im-ilW), IWéslâs le Frisé (Il46-ii73).
DE LA PReSSB. &3
et la dévastation des contrées voisines rëoommençâi Voyant que Conrad ^ doc de Mazovie, se trouvait dans rimpuissance de résister aux Prussiens^ Christian de» manda au Saint- diége Tautorlsalion de prêcher une croisade contre eux ; le Pape accorda sa demande et promit des indulgences à ceux qui se croisëraientj Alors il se Rassembla Une armée chrétienne, mais elle ne put dbteiiir d'autre avantage que le rétablis^ sèment du château fobt de Kulm; à Son départ leë Prussiens envahirent de nouveau la MaBdviej prirent Plotz et la saccagèrent^ Christian vôulUl s'opposer M torrent de ce peuple, toujours refoulé et toujours fe= naissant; mais, craignant que lés croisés sansdisbipiine âe ruinassent le pays au lieu de le soUniettre, It stttigea à fonder un ordi^e militaire et religieux pou!* lui confier le soih de défendre en Prusse la causé du ChHsI. Fort dé ^approbation du dtic Conrad^ it recruta bon Hombre de chevaliers et les réurtit éâ OtdtB soù§ la dénomination dé ehevaliêts du ChHàt (1226). Comme le siège* de l'ordre était Dobrfft , o\\ les appelait vulgairement chevaliers de EhbrM, Les taembres de cet Ordre portaient sur leur manteau blanc deux signes distinctifs, une étoile rougé ^i utie épéè. Ce^ ttouveaux chevaliers ne tardèrent paé à etitî^ei* en fbnctîons. Exaspérés de leurs dévastations, les Prussiens mârchèreilt sur Dobrin et livrèrent att duc Côtttàd, qUi S'était avancé k leur ï'ehcontre, dans les plâinéë dé Strassbur^, une dàhglaHtë bataillé. Le« (îhêVàliers firent merveille pendant léë deux joufs qW dufa l'action ; mais le duc s'étant l&chemënt enfui, leé
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idolâtres furent vainqueurs et hachèrent tous les chevaliers, à l'exception de cinq. Le nouvel ordre fut ainsi étouffé dans son berceau.
Cette victoire permit aux Prussiens de renouveler leurs courses; ils ravagèrent le pays de Kulm, oùPévêque Christian avait son siège épiscopal, et s'emparèrent de Dantzig. Le duc Conrad était hors d*étatde se défendre et de protéger Tévéque, car sur les frontières orientales il se trouvait vivement inquiété par deux autres peuples, les Polexains et. les Lithuaniens. Il fallait cependant trouver le moyen de sortir de cette situation désespérée.
Christian conçut le projet de confier le sort du christianisme en Prusse à une association puissante, qui s'était développée depuis quelque temps avec une grande rapidité, sous la double protection de F Empereur et du Pape. Il s'agissait de Vordre TeuUmique^ dont le grand maître, Hermann de Salza, avait été récemment élevé au rang de prince de l'Empire* Le duc Conrad adopta cette idée avec empressement, et une assemblée des seigneurs du pays donna son approbation. On ne songeait alors qu'à se mettre à l'abri des coups d'ennemis remuants, sans réserver l'avenir ; on croyait que les chevaliers de l'ordre Teutonique dompteraient les Prussiens, leur imposeraient le culte de la Croix, procureraient ainsi à la Pologne un repos qu'elle désirait, puis, aussi désintéressés que braves, quitteraient, après avoir terminé leur mission, le théâtre de. leurs exploits, se contentant d'une modeste rémunération qui devait consister dans
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la concession du pays de Kulm et de ses districts. C'était calculer faussement ; Tépée qui a la force de protéger et de conquérir pour autrui est toujours à même de garder ses conquêtes et de se maintenir à la tête des vaincus contre la volonté de ceux qui Pont appelée.
Une députation se rendit donc, au commencement de Tannée 1226, auprès du grand maître, Hermann de Salza ; la proposition de soumettre et de convertir les Prussiens sourit d'autant plus à ce chef, qu'il y entrevit la haute destination de son ordre, qui ne pouvait ise maintenir longtemps encore en Asie ; il l'accepta donc sous réserve de l'approbation de l'Empereur et du Pape. Honorius III aurait préféré voir l'ordre Teutofiique concentrer tous ses efforts sur la Tèrre-Saii>te; mais il ne pouvait, sans s'engager dans des querelles dangereuses pour son autorité morale, s'opposer à l'œuvre méritoire de la conversion d'un peuple idolâtre et à l'extension de la religion chrétienne; il donna donc h Hermann de Salza l'autorisation d'accepter la mission qu'on lui offrait, lui envoya sa bénédiction apostolique et promit des encouragements.
Hermann soumît l'affaire à Frédéric II, sous un jour favorable,, mais qui s'écartait assurément des intentions de l'évêque Christian et du duc Conrad, ce II sollicita la permission d'acquérir tout le pays des Prussiens pour la chrétienté et d'y maintenir son ordre. La proposition plut à l'Empereur. Pourquoi y aurait-il été contraire? Hermann était son ami; ta
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chevalerie lui était chèrp. Il ne se seDlait DuUem'ent attiré p^F la Tarre-Sainte, et par conséquent ne ypyait j^uçune gravité dans l^ changement de direction dps ^fferl^ de Tordre Teutonique ; pe changement poa- Vftit plutôt lui offrir h lui-même une nouvelle raisoB pour retarder sa croisade (Ij. Il ne prenait ^uciin intérêt au sort des Prussiens idolâtres, ^t les Polonais lui étaient, sinon odieux, du moins indifférents. 1\ devait en outre se féliciter de trouver une occ^sjpn de fép^dre un nouvel éclat sur l'Empire, qui p$LFa)ssait décliner aux yeu* du monde, et de faire dP nouveau
(1) Ce fut la sixième croisade enfin accomplie, sous ]p pQQtiical de Grégoire IX, de 1228 à 1229. Cette croisade, entreprise par* l'empereur Frédéric II, offre le curieux spectacle d*un puissant souverain excommunié une première fois {iJ27) parle Saint-Pèr« pour n'avoir pas entrepris l^ croisade comm^ il Favait prpiois, puis excommunié une seconde fois (1229) en la personne de Xous ceux qui auraient commerce avec lui, lors de son retour de cette croisade, técerament terminée sans effusion de sang par la prise de possession de Jérusalem. Cette double excommunication, sans Tbabllisté ^lîtique de l'Empereur, qu| sut parvenir à son but rjen que par des négociations, eût infailliblement occasionné la ruine de Tarmée impériale, et probablement empêché par suite les croisades subséquentes, déplorable résultat pour la religion. U faut enoidficlure que c'est une terrible chose, surtout aux époques où um foi yive anime les populations, que les passions humaines, ch^e^ un homme qui, parlant et décidant au nom de Dieu, se considère nécessairement comme infaillible, et est tenté de n'admettre aucune jiéastaQce , aucun retard, comme si, dans les affaires.de ce bsis jaonde, les jrésistances ne formaient pas i^ouv^nt iin utije signal d'avertissement. Les difficultés sont, en effet, à la politique et à l'administration ce que les douleurs sont au corps; elles prévieniaeni l'iaiéressé de veiller à ce que la maehiae ne se détraque jmis ^avant^ge.
valoir tft vieille prétention à la domination sur bou? Is^ P<^y§ (I9 l<^ t^re* Ainsi, par un ^cte rédigé aH inpi# (le rna^s, à Jlin)ini, il çonpéda aq m^trp Ber* o^finn, .^ ^ çuQpes^eurs ut à I4 m^gn ?'^m^^Û9 d« TQi'drQ, poof-seulçment la perrpission d Vpeptçr If pays que Ip dujc Conrad avait donné Qu donnerait enqpre ; *Pai^ il leur conféra encore l'autorisatiop 4d faire valoir Tancien droit di^ l'Empire snr le pay# dâa Prugsieng, dç l'acquérir çt de te posséder en propriété lij)re de tout service et dç trjbnt, avec plein poiivpir seigneurial. Néanmoins la Pruss3 devait appartenir k l'BjppirÇ/ la suzeraineté de H^mpire, dont Frédéric abandonnait^ les droits, devait encore planer vi^gi^^^r mnli aftn qge certaine^ éventua|jté§ possibles pi|s^(3n( être expjpilées, s'il y avs^i^ lipq, daps l'ay^nir (1), 1^ Cet app^l dp Tprdrp TeiUoniqpe en Prfis^e par |§ d49 Ûfi Ma^^pvie, Conrad, frèrp dq roi de Pologne Leszko le Blanc, est un fait capital aussi bien dans Tbistoire dQ la Prusse qm dans celle de la Pologne. Voici comment M. de Salvandy dépeint Taceeptatiofl des offres de Conrad par les chevaliers de cet ordre ; o Guerriers, dit-i)| qui préféraient les païens ^ Joijs i^ «utr«s fiiinemis; infumiers qui pansaient les mar tedes ta cuirasse au dos; prêtres qui disaient la m^sse le glaive au flanc; sujets de l'Empire qui ne demandaient gi^'A travaillçr ^ s» grandeDr,i|8 acçieptèrpnt» I/£mpereiir el le Saint^iége leur conférèrent toutes les terres qu'ils pourraient conquérir: en attendant,
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ils reçurent de Conrad le palatinat de Kulm pour baptiser les Prussiens dans le sang et défendre la Pologne contre ces colonies sauvages. La Pologne devait avoir bientôt ses défenseurs & combattre; ce furent d'autres guerres acharnées; et le jour allait arriver où, souverains des Prussiens convertis par le fer et le feu, et sujets des niargraves de Brandebourg, ces chevaliers constitueraient au profit des margraves, avec les lambeaux de la Pologne, une puissante monarchie, et, chose bizarre, la première dés souverainetés protestantes du continent (1). »
Dès que le duc Conrad eut garanti sa concession par un acte authentique et solennel, le grand maître Hermann de Salza(2), qui se préparait à exécuter avec Tempereur Frédéric 11 une croisade en Pales* tine, envoya en Prusse (1228) une partie dès chevaliers de r Ordre accompagnés d*un grand nombre
(i> Histoire du roi Jean Sobieskiet de la Pologne^ livre I**, édition in-18, 18/14, p. A8.
(2) Ce grand maître contribua puissamment à la grandeur de rOrdre ; un auteur prussien l'ait ainsi son éloge : « Depuis lui le grand maître de POrdre porta sur son écusson Talgle noire impériale, indice de la faveur et de Testime de TËmpereur. Aussi longtemps que rOrdre exista, il fut.iui-jnême, dans sa grandeur et sâ puissance, le plus beau monument de Uermaun ; mais lorsque rOrdre fut abattu et succomba, les descendants reconnaissants de sa race s'empressèrent de transmettre k la postérité, au moyeu de Tart, rimage de leur grand aïeul. Mais son plus beau portrait, le plus impérissable, ce sont les annales de Thistoire. » Histoire de Prusse depuis Us temps les plus reaUés jusqu'à la (in de la domi' nation de l'ordre teutonique (en allemand) , par Jean Voigt. Kœnigsberg, 1827-1832, in-8% t. Il, p. 868.
DB LA PnUSSiB* ftO
d'hommes d*armes à cheval. Cette Iroupe, dont on ignore la force, se trouvait sous le commandement de Hermann BuUc, nommé procureur de la maison de Tordre Teu tonique en Prusse. Un fort en bois avait été construit, deux ans auparavant, contre les idolâtres par quelques chevaliers du Christ, sous la pro* tection du duc Conrad et de Tévéque Christian, sur la rive gauche de la Yistule, en face du point où s'éleva bientôt la ville de Thorn. Les chevaliers de Tordre Teutonique relevèrent ce fort, qui devint le château de Thorn, et enlevèrent aui Prussiens plusieurs autres forts. Dès lors conrimença (12S0) la lutte du christianisme et de la chevalerie contre un petit peuple qui défendait son indépendance et la religion de ses ancêtres, lutte qui devait durer plus d*un demi-siècle.
Les Prussiens ne combattaient guère qu'en corps isolés ; ce fut un avantage pour les chevaliers de Tordre Teutonique, que favorisait encore la supériorité de leurs armures. Ces guerriers opéraient, d'ailleurs, avec prudence ; à chaque nouveau progrès dans leur conquête, ils s'assuraient la possession du pays en construisant des châteaux forts et en établissant des colonies. Ils imitaient en cela Charlemagne qui, pour conserver ses conquêtes en Allemagne, avait couvert ce pays d'un réseau de tours isolées, dites quelquefois Jtalayaf contenant chacune deux hommes de garnison, et assez solides pour résister, avec ce peu de défenseurs, à une attaque jusqu'à l'arrivée des troupes de secours (1).
(i) Consultez, sur ces tours, Touvrage intitulé ; Esquisse hisUh-
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Les chefs des Prussiens, s'apercevant que leur cavalerie ne pouvait soutenir le choc des chevaliers Teutoniques, qui étaient armés (}e toutes prèoes et montés sur de puissants chevaux bardés de fer, imaginèrent de couvrir leur front d'abatis, et de poster derrière ees tronçons d'arbres des corps de cavaliers ayant mis pied à terre et attendant les chevaliers aîlemands pour percer, à leur passage, les flancs de leurs chevaux avec leurs lances. Cette manière de eombattre leur réassit quelquefois, surtout quand Tattaque des chevalier» s'efifectuait lentement.
Les chevaliers de Tordre Teutonique rebâtirent le o))&teaude Kulm, détruit par les Prussiens, fondèrent et entourèrent de murs les villes de Thorn, de Kulm et de Marienwerder. Au mois de décembre de Tannée iSSâ ils remportèrent, sur les bords de laSvigna, une grande victoire. En 1237 le Pape réunit à Tordre Teutonique, pour le rendre plus puissant, Tordre des chevaliers du Christ et celui des chevaliers porÈêglaives (1) de Livonie. Ces derniers avaient rendu en Livofiie le môme service que les chevaliers de Tqrdre Teutonique rendaient actuellement en Prusse $ ils avaient conquis les pays habités par les parena. 11 fut stipulé, dans les conditions de leur réunion- à Torr
rique de Vart de la fortification permanerite, par le major prussien Louis Blesson, p. 38, 39 et UO de ma traduction. Les bloekhatis •B boit, ooB^troits sur le sol espagnol, I6l6tig4les routes éeilM ^ 19 13» pour protéf^r nos oonyoi» (^otrç les guérillas, è( WVt^H chacun un petit canon, correspondent aux Atalaya. Lisezi à ce sujet, Le Miere de Correy, Des partisans^ p. 99, 100. \i) En allemand Sckw^^bHkpd^Ty frères de Fépée«
PK LA PAOSSB. &I
dfe Teotenique, que la poptioa de la Livonie ieup appartenant formerait une maîtrise de Tordre Teu* toniqae, gouvernée par un maître provincial. Les Russes voulurent a^opposer & la réalisation de cette eofidition ; mais Hermann Bulk^ secondé par le roi dé Danemark fFaldêmêr lll^ lea vainquit et s'em*n para de Pleskow.
Le4 Prusaiensy impatients du joug de Pétranger, se «pulevèrent souvent ; tous leurs &oulèvefl»enta furent oompHmés. A la mort de Tévêque Christian, la Prusse fut divisée en trois éyêchés, oelui de Kulm, edui de Poméranie et celui d'Ërmland. Ses habitants •ommenqèrent alors à b^\\Y des églises et & prêter assistance^ ep temps de guerre, aux chevaliers viiinqueurs qui eurefit le t>on esprit d'admettre dans leur ordre les chefs nobles des vaincus.
La province de la Prusse nommée le Samlatki fut la plu^ difficile à réduire, et il fallut pour en venir ^ bo^ut, le oôncQurs du roi de Bohême^ Otkkat le Vio tm$\m^ qui construisit, en 125&, un château fort sur remplaoement actuel de Kcenigsberg. On créa uo quatrième évèché pour le Samlaiid. Depuis les vain*- Gus ae révoltèreut plusieurs fois^ mais leurs mouvoe* fuents firent toujours, étouffés dans le sang.
Les chevaliers subirent cependant plusieurs foii 0es revers^ Le jour de la Sainte-Marguerite, de Tap ' i%h% il§ fufent battus sur lesl)ords de la rivière dç Purben, en Courlande; après cette bataillot huit de$ leurs fuir^ul brûlés vifs, en Thonueur des faux dieux, f^t MX jiutre^ furept éc^rtelés après avoir eu les bras «I lil >»mb«l «pupées. L'iuinée s«}iv«knte la révolte fut
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ouverte ; le 20 septembre les Prussiens massacrèrent les chrétiens qui ne purent se sauver dans les forte* resses, mirent le feu aux églises, égorgèrent les prêtres^ profanèrent les vases sacrés. Ce mouvement coïncida avec l'apostasie et Tattaque contre la Mazovie du roi de Lithuanie Mendog, de sorte que la situation des chevaliers Teutoniques devint très critique. Heu* reusement plusieurs princes allemands leur envoyèrent des secours^ à Taide desquels ils attaquèrent la province nommée Nattangié; la moitié de leurs forces engagea bientôt une action av6c Tennemi aux environs de Pocarwis (1261), et malgré des exploits extraordinaires, fut battue par les Nattangiens, dont les forces se trouvaient bien supérieures.» Après cette défaite, rapporte l'auteur de V Histoire de VordreTeur tonique^ les apostats Prussiens voulurent, selon lan-^^ cien usaige, rendre grâce aux idole? de lews succès en leur immolant un des principaux chevaliers Teutoniques; ils firent tirer leurs prisonniers au sort, qui tomba sur un frère chevalier nommé Hirtzhals, gentilhomme d'une des premières maisons de la ville de Magdebourg ; ce chevalier s'adressa à Henri Befg, général des ennemis, et lui rappela qu'ayant été élevé à Magdebourg, il avait été comblé de bienfaits par sa famille. Perg ne fut point ingrat, et, délivrant Hirtzhals, il ordonna de jeter le sort de nouveau ; mais il retomba sur le même, qu'il délivra une se* condé fois; cntin, au troisième coup, le sort ayant encore désigné la même victime, ce généreux cheva- Ker déclara qu'il ne voulait plus de grâce, et offrit volontairement sa vie à Dieu pour sauver celle de
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ses frères. Les Natlangiens Tayant lié tout armé sur son cheval de bataille, qu'ils attachèrent à des poteaux, Tenvironnèreni de matières combustibles aux* quelles ils mirent le feu, en offrant leur victime en holocauste à leurs faux dieux (i). — En 1273 les chevaliers Teutoniques furent plus heureux ; ils battirent les Prussiens dans trois batailles, et prirent Henri Berg, qu'ils pendirent à un arbre.
Enfin, en 1283, après cinquante-trois années de lutte, la domination de Tordre Teutonique fut corn* plétement établie sur la Prusse ; bientôt une ordonnance contraignit les Prussiens à apprendre la langue allemande et à se conformer aux coutumes des vainqueurs; ce fut le dernier coup porté à la nationalité des. vaincus, dont l'origine était slave, comme nous Tavons dit au commencement de ce chapitre.
T.e commerce et l'industrie ne tardèrent pas à enrichir les pays que Tordre Teutonique possédait, et cet Ordre atteignit, au milieu du xiv* siècle, une période de son existence digne du nom d'âge d'or. Maître de la Liyonie, de la Gourlande, de la Prusse et de la Poméranie, il dominait le long 9e la mer Baltique une étendue de côtes d'environ trois cents lieues. Mais la richesse et le repos introduisirent au milieu des chevaliers de^ passions qui minèrent sourdement leur association, et des symptômes de décadence se firent promptement sentir. On se plaignit de la dissolution de leurs mœurs ; leur grand maître,
(il Histoire de l'ordre Teutonique, par un chevalier de l^Ordre. Paris, in-12, 178Zi, t. II, p. 5ù, 55.
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Gottfried de Hohenlohê, vint Bn 18Ô2 dans la Prusse, pour examiner par lui-mênie si ces plaintes étaient fondées. Il voulut faire acte d'autorité; aussitôt il fat déposé , et les chevaliers élurent un nouveau grand maître, Siegfried de Feuchtwangen, qui adopta Ma»rîenbourg comme capitale et s'y fixa. Son successeur, Charles Beffart de Trêves, trouvé trop sévère, fat contraint d'abdiquer. Le successeur de ce dertiief, ff^erner d*Orseîen, fut assassiné par un, chevalier qu'il avait puni pour mauvaises mœurs.
L'ordre Teutonîque engagea ensuite une lutte cofttt^ les Lithuaniens pour les convertir : cette lutte ftit sanglante, dura pendant quatre-vingt-cinq art^, *t coûta plus de 250,000 hommes à chacun des déte partis. La Lithuanie ne devînt pourtant paâ thrètienne par force, comme la Prusse, mais par peféua- Isîon, sous Tinfluence heureuse de la reine de Pologne Hedwige (1), qui épousa le grand-duc de Lîthuâflfe Jagelitïïi, lequel est connu, dans l^histoire de k Pologne, sous le nom de Wladislas IL La réunion dé Ta Pologne et de îa Lithuanie sous le mênie scèptfe compromit l'existence de Tordre Teutonique t é^ motifs de rupture se montrèrent bientôt entre lésdêto puissances; mais la modération du grand maître Conrad de Jungigen écarta le danger; il vendit, moyennant 50,000 florins d'or, le territoire d% Oà-
(1) D'UDe beauté incom{>arable, bonne, pieuse, spirituelle, hissez courageuse pour combattre à la tête d'une armée, la reine Hedwige, digne descendante de saint Louis, e^t ta figure là p!us pèëtiqiie de l'histoire de la nation polonais.
M, LA PftUSil. 5Ô
brin au roi de Pologne , et reçut en compensation ledrdit de conquérir la Samogitie {iliOk).
iOlrio de Jungigen auoeéda à son frère ; son éle^ tinn iiàX un signal de guerre^ ear II était réputé Tennemi du roi de Pdogne^ et aimait les coo^ats. Des dMC Qdtés ^n eraïa.
lie 16 juillet I&IO^ Tacmée polonaise se mit en mamhe au travers des bois et des broussailles, etvlûl se poster à rentrée de là plaine qui sépare les yil'lagesdeTanneberg et de Grunewald. Les chevaliers teutoniques avaient négligé de garder les boîs dont il vient d'être question, eii sorte que les Polonais en débouchèrent sans être inquiétés^ Une fois dans la plaine, oo dressa use tente sous laquelle Jagellon %iit6B<yA la messeé Le roi revêtit ensuite sa plus belk anmulre, et donna à quelques seigneurs polonais Tordre de chevalerie ; puis, monté sur son cheval de bataille, il alla, environné d'une troupe de gardetoi me placer à l'endroit où se trouvaient les bagages, pKiiion qu'il conserva pebdant toute la bataille^ peur •e bonfoniier à l'avis de son conseîL
L'armée royale montait à plus de 160,000 oo»^ tyattanto, dont 60^000 Polonais environ : ces derniers Isrmènsnt la gauohe de l'ordre de bataille, qui eom- |R*ensit un grand nombre de lignes» L'armée teuUit. nique, frarte de 6S,000 hommes, et rangée sur ttoés lignes, Y cempris la réserve, occupait la penie d'ime «^ine ^»u seimmet de laquelle le grand maître Utrîc 4k inr^ige» avait plaKïé une batterie; etcomme^ naal*- ^ finfiirieritft nuiïiérique des çhevi^iers, M otoi*
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battit, dans cette journée, à front égal, il en faut conclure que le grand matlre avait eu Thabileté de choisir son emplacenoent de manière à pouvoir appuyer ses ailes à des obstacles naturels, qui empêchassent Tennemi de le déborder et de le tourner.
Avant Taction, 800 cavaliers bohèmes, commandés, dit-on, par le fameux chef des Hussites, Jean Zisca^ désertèrent Tarmée royale, et vinrent offrir leurs services à Ulric de Jungigen ; ce dernier ne voulut pas les admettre dans les rangs de ses troupes, craignant, avec raison, quelque ruse perfide.
Après plusieurs décharges de son artillerie, le grand mattre fit sonner ta charge et descendre rapi^ dément son armée de la position dominante qu'elle occupait pour attaquer Tennemi : les traits lancés par les archers ne tardèrent pas à obscurcir Tair. L'ordre de bataille des Prussiens était vraisemblablement oblique par rapport à celui des Polonais, car la gauche des premiers attaqua immédiatement la droite des seconds, et cela sans que le combat fût engagé sur toute la ligne, comme c'était assez ordinairement la coutume à cette époque.
Bientôt le carnage devint affreux, et Ton combattit sur toute l'étendue de la ligne ; mais l'action était toujours plus avancée à la droite des Polonais, où elle avait commencé. J^e grand maître, pour en finir de ce côté, dégarnit sa droite; avec les escadrons qu'il en tira, il vint retiforcer sa gauche, et poussa dès lors si vigoureusement l'aile droite ennemie que, malgré les efforts du prince Vitolde, frère de Jagel*-
OB LA PRUSSB, 57
Ion, et grand-duc de Lithuanie, qai chercha plusieurs fois à la rallier, elle finit par prendre la fuite, à Texception d'un corps de cavalerie russe, assez heureux pour pouvoir rejoindre Taile gauche.
La déroute de Taile droite n'ébranla point le reste de Farmée polonaise, qui résista avec courage aux attaques incessantes des chevaliers; ces derniers réussirent pourtant à s'emparer du grand étendard de la couronne , mais ils ne le gardèrent pas longtemps; indignés de cette perte, les Polonais redou* bièrent leurs efforts, reprirent Tétendard et commencèrent à^ ressaisir la supériorité : ainsi un événement susceptible de déterminer la déroute de ceux auxquels il arrivait, par la prostration morale qu'il produit ordinairement, fut, au contraire, ici le signai d'un revirement de fortune en leur faveur.
Les chevaliers teutoniques avaient d^ailleurs commis une faute ; ils s'étaient trop vivement laissés aller à la poursuite de Taile droite ennemie, au lieu de profiter de sa retraite pour prendre le reste de l'armée polonaise en flanc ou à dos. A leur retour de cette poursuite, les chevaliers de l'aile gauche se portèrent bien, il est vrai, vers la droite pour augmenter sur ce point lés efforts contre les ennemis, mais ils le firent sans ordre, leurs rangs se rompirent, et leur infériorité numérique devint funeste : car, attaqués en flanc et à dos par les troupes légères envoyées par Yitolde, ainsi que par les 800 cavaliers bohèmes de i&isca, tandis qu'ils avaient en front le reste de l'armée polonaise, ils éprouvèrent les plus grandes pertes.
58 HISTOiaS MILITAIHB
IHric de Jutigigen, qui eticourbgeait seè tihoupes par seft paroied et eon exemple, résolut de tenter tlH dermerefiforti il se mit à 4a tète de sa ré^r^e, composée de seize cornettes de cdYalerie, et» gêné pat 4«e raVinît, fit un grand détour poul- véttîf prendre r^fineoii en flanc, espérant par ce mouvement tèf mi^ fier la bataille à son avantage. Malgré le retard que lui occasionna^ dans ea marche détoufiiée, la hatutè ^xnipée du terrain, il arriva assez à temps pour tortbèr «or Tennemi et se jeter comn^e un lion au plus fbft é^ la ifiélée; mais cet homme intrépide, frappé aU frdnt Btà ta poitrine, ne tarda pa» à tomber au milieu dèè mm* Sa mort fut te signal de là défaite des ttstéi tic Tannée teutoniqueç la nUtt obligea Hs vain^âeuf^ à âister leur poursuite.
D'après les cateute \m plus m(>dé^és, 1èr perte dèl^ Prussiens (1), dans cette mémorable bataillé de Orui«WaW(cRle aussi de Tan neberg), futdeûO,000 mort*, «t œlle des Polonais et de leurs alliée de 60,000 r leà vainqueurs perdirent doftô pluï^ de tnonde que lèfc va«cii«> wnmie cela arrive quelquefois (2). Ort feê»intâl «ntore, i la fin du xtîf siècle, rànnîversaii* de
(i) Oa tuÉuve parmi les cbetaliei^ tués % eôté des PruêftlIM » k bataiUe de Grucewald deux seigneurg Avançais» Tim Dornast, Jean de P'errièrêy l'autre picard, du Bos d'Ancquin. On volt -que jadis, comme aujourd'hui, il y avait toujours quelque nom fran-çifl iMié «uk grandes actions de guerre qui ^e passaient ^r h surface 4u f lobe» Déjà précédeniinent, en 13M, les dea« iift du maréchal de Boucicaut étaieni. venus combartire en Prusse avec his chevaliers teutoniques.
{i) k là bàtailfè ae Malplàquet (1709), par exemple, après la
DE LA PRUfttH!. 5Ô
«ette journée dans une chapelle bâtîe au nnilieu de ht plaine où se dbnna la bataille ; cette chapelle portait finscHption suivante : Centum mille t)ccisù JagelloA envoya cinquante et uft étendardd^ pris ftur teç Chèfèr* iiers tetitohiqUes, décorer les piliei*s de la cathédrale iie Gracovie. Il soumît ensuite tout le ^ays e<i ûh îttoiè, et se Bt prêter le serment de fkiélîté par t(m8 te membres de l'Ordre.
Cepéndant.un chevalier tenait encore : t'était Heiifi tle Plàueft, tplî, renfermé dans Marienboorg, eut ré^ sister ttssea longtemps pour qbe Tinvasion déft ïfott»grois. en Pologne contraignît Wladislas II à lever )e *lége et à regagner ses État* envahis. Otte retraite |)ermeltâît aux chevaliers de reprendre tout le pftyè, à l'e^tception 'de quelques (brteresse!!^. Élu grawi ïnaîtlre, Hertri dé Plauen «ignli le 20 janvier l&ll, 4i Thorn, un traité de paiîc par lequel il cédait taSamogitie à la Lithuanié, et payait là. Vançott des pri«w- Dïefs.On ne pouvait teflnihet plus avantageusemehl, et sous des conditions plus doutées, une guerre qni avait failli iaméner la Vuine t5otnplète do Tordre Teulonîcjufe.
Henri de Plhuen fut mal récompensé d'avoir^auré tordre Teutdnîque du joug dee Polonais 5 il fat 4êî^ioéé, puis jeté ett prison (lôlS), pour av^tr adnris dans son cbfiseH quelques notables habitants, hfidkwe }ust€ pourtant tM de calmer lels populations méeon-
|)erte de laquelle Villars écrivait à Louis XIV : « Si Dieu nous fait la grâce de perdre encore une pareille bataillé, Vôtre Majesté ^ùt tty^iptë^ qUe së^ ettnemrs seront détruit «
60 HISTOIRB MILITAIAB
tentes des nombreux impôts qu*il lui avait fallu frapper, dans le but de cicatriser les plaies faites à la prospérité publique pendant les guerres désastreuses soutenues par son prédécesseur.
En 1&2S, effrayé d'une invasion de Wladislas II, qui venait de traverser le pays de Kulm à la tête de 100,000 combattants, et de pousser jusqu*à Marienbourg, le grand maître Patd de Rwsdorf, sans attendre les secours des princes allemands, céda par le traité de Meino, à la Pologne, la Samogitie et le pays situé en face de Thorn, sur la rive gauche de la Vistule.
Le grand maître Conrad d'Erlichshausen fit, en lù/iâ, avec l'électeur de Brandebourg Frédéric II, surnommé Dent-deFer, un traité ayant pour but la sûreté et la tranquillité mutuelles des deux pay^, et dans lequel il était stipulé que TOrdre défendrait à ses sujets de commettre des désordres dans les États de TEIecteur, et ne donnerait point passage à ceux qui voudraient lui nuire.
Sous le grand maître Louis d'Erliçhshausen, en 145/i, le pays se révolta contré l'Ordre, et plusieurs villes se donnèrent à Kasimir, roi de Pologne. Les chevaliers et les Polonais combattirent pendant douze ans pour la possession de la Prusse,, qui resta, en définitive, à ces derniers. Pressé par les rebelles, ne pouvant secourir la Nouvelle Marche de Brandebourg, ni coivtre eux, ni contre une invasion des Polonais, ayant de plus besoin d'argent, afin de pouvoir enrôler des troupes, le grand maître se décida à engager
DK Lk PRUSSE. 61
(là5&) cette province à Télecteur de Brandebourg pour 100,000 florins d*or (1), lorsqu'elle avait coûté à rOrdre OS^SOO florins de Hongrie, cinquante-deux ans auparavant (li02). On voit qu'à cette époque les provinces s'achetaient comme on acquiert aujourd'hui une ferme, car un semblable engagement était certes beaucoup plus qu'un contrat hypothécaire, puisque l'on garantissait le prêt en livrant immédiatement la province en échange.
La lutte de douze ans de l'Ordre contre les Polonais , sous le grand maître Louis d'Erlichshausen (lA5i-l&66), présente plusieurs faits de guerre re* marquables. Le premier est la bataille de Choinitz, qui se livra le 18 septembre 1454, après que les Polonais eurent levé le siège de Choinitz. L'armée teutonique comprenait environ 10,000 hommes, tandis que l'armée polonaise montait à 40,000 combattants. La bataille eut lieu sous les murs de la place. Pour suppléer à leur infériorité numérique, les chevaliers teutoniques se postèrent entre deux marais, de sorte que les Polonais ne purent combattre que sur un front minime, ce qui les gêna beaucoup, vu leur nombreuse cavalerie : aussi ces derniers se rangèrent-ils en bataille sur deux lignes. Les premières charges des Polonais furent lerribles, et mirent le désordre dans les rangs des chevaliers^ mais ranimés par l'énergie
(1) Ce chiffre de 100,000 florins est indiqué par Frédéric II dans les Mémoires de Brandebourg; Fauteur de VHistoire de Vordre Teutonique, publiée en 1786, donne, au contraire, le biffre de 60,000 flerius du Rh^p.
os HISTOIBB HILITAIEB
(^ l'un de leurs chefs, qui jura de tuer les fuyni^, e^t qui s'élança, fort de son seripent, au pli|s épais d^ U môlée, les troupes teutoniques reiprireirt caur^ga, ett li cocnbat devint bienlôt général { il était indécia lorsque, à la tête de 1,0Q0 cbevau]^^ I9 cooite Henri de Plauen fit le tour des marais, et vint prendre ep fli^nc la secande ligne de l'armée royale. Cette attaque QUt le résultat de presque toutes les attaques inopinées sur le flanc d'une troupe qui, loin de s'y attendre, sa trouyei, au contraire, tr^s occupée du c&té d^^ son front; elle jeta la confusion dans les ranga polonai», e\ détero^ina la fuite d\\ roi Kasipir et de «on arcp^ Qn évalue la perte des vaincus ^, 6,000 homnae^ taé$, à 16 {Nèces d'artillerie pri^ç^^ ainsi qu'à toutes Ig^^ omnitioas et toutes les richesses du camp, qui di)v|nfent la proie des vainqueurs ; la perte dfis cbevalierfi fut minime. Cette défaite fit rentrer entre lei^maintfi de rOrdre un grand nombre de places fortea» ^Q»\ tel Polonais s'étaient précédemment emparés,
En 1455, Plauen, apprenant que le gouveruei^rd^ Sarten^tein venait d'en sortir, avec mu npwbre iwr gofianti de troupes, pour ^ller attaquer Preu^çhi gylau (1), marcha en toute hâte à sa rencontre, ]/% tiattit à plate couture, et tua tous ceux de ^es sold^t^ qui ne>e dérobèrent pas à ce sort par la fuite,
U^\ù septembre U55, le graud maître côd« bé»
(i> ^ confeDd^ pas Preussioh'EyUii^ avec De^$m^^E\lif^u^ ce Uerntor «Unt en Poméraoie, et (e premier très prè$ de KœaiKstp|. fre^mih'jfyl(m est d'ailleurs cél^re par 1^ vici^re ^UQ le^ Fr^o^ çaisy remportèrent en 1807 sur \m Pruiisieo^. -
fédltairem^Dtà rétectaur de Brandebourg Frédéric II ^li adg «UQçOBSQUrs U Nouvelle Marche, mais tout lacanflition que rOrdre pourrait retirer eette previoee d«i mains de lea bériliera, isoyannaAt ub payemeat de 100,000 floriua du Bbin.
En 1459, le jour de la Sainte- Marguerite, à i*ezpi^ ration d'une trêve conclue entre les chevaliers et les Polonaii» on 1&^, pour un an, le maréchal de Plauea aaaiégea Morungen, où il avait des intelligences; mais il fut vepoosaé aveo perte, et courut risque d'être fait prisonnier.
U i& Mût 1&60, Marienbourg capitula, effrayée de la conetruction d'upe galerie de mines qui allait infin, aprte quatre nooie de «iége, donner accès aui aiaiégeanfa» dans la place; lea Polonaia firent écartdfi lar la bourgme^re Blumen^ pour avoir favorisé lea ebevaliers lorsqu'ils s'étaient précédeoiment emparée de cette place.
Kn i&6i, le maréchal de l'Ordre réussit à prendre MoruDgen, mais la petite ville de Lessea tomba peB<> dant œ temps au pouvoir des Polonais.
Lq 17 septembre de l'année 1&69, les ohevaUifs furent battus au combat de Bauzig^ qui fut très l^bfurné i leurs armsfi étaient eii môme temps malbetir reuses ^ JAa^Qvie et dans les environs de SchvtetSf La défait«i de B«usig porta un coup funeste à l'Ordre, qui se trouvait, pour l'instant, dans l'impossibilité do réparer i^s partes T depuis lors il lutta sans sucq^. ^q 1464, Bï^u^ig ot Sold^w SQ rendirent à l'ennemii
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et le !•• février 1465 Neubourg fut obligée de faire de même. Les chevaliers avaient déjà, depuis quelque temps^ entamé des démarches pour la paix, voyant bien qu'ils étaient hors d*état de faire plus longtemps la guerre. Le traité qui mit fin aux hostilités fut solennellement scellé à Thorn le dimanche 19 octobre 1466; le grand-maître Louis d'Erlichshausen céda au Roi les pays de Culm, de Michalow, et leurs dépendances, ainsi que la Poméranie, avec toutes ses villes et forteresses; en d'autres termes, il céda toute la Prusse en deçà de la Yistule, qui fut annexée au royaume de Pologne, et prit le nom dé Prusse royale; et pour conserver le reste des possessions de l'Ordre, il fut contraint de se reconnaître, tant pour lui que pour ses successeurs, vassal de la Pologne i i\ prêta en cette qualité le serment de fidélité, mais en retour il fut reconnu pour prince et conseiller perpétuel de la couronne de Pologne, et eut le droit d'être assis à la première place, à la gauche du Roi, dans toutes les assemblées.
« En 1510, Albert de Rrandebourg fut élu grandmattre par l'Ordre : c'était le petit-fils d'Albert l'Achille, troisième électeur de la maison des burgraves de Nurenberg. Le nouveau grand-maître, pour venger l'honneur de l'Ordre, entreprit une nouvelle guerre contre les Polonais, qui finit très heureusement pour lui, puisqu'il fut créé duc de Prusse par Sigismond I*', roi de Pologne, qui rendit cette dignité héréditaire pour ce prince et ses descendants. Albert
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ne s'engagea qu'à prêter Thommage accoutumé à la Pologne^(l).
«Le duc Albert, maître de la Prusse ultérieure, quitta ialors Tbabit, la croix et les armes de l'ordre Teutonique* Les chevaliers se conduisirent comme font les plus faibles ; ils se contentèrent de protester contre ce qu'ils ne pouvaient empêcher (2). Le nouveau duc eut une guerre à soutenir en 1563 contre Éric/ duc de Brunswiclc, et commandeur de Hémel. Éric entra en Prusseàla tête de 12,000 hommes; mais Albert l'arrêta aux bords, de la Vistule. Comme il ne s*y passa rien de remarquable, et que les deux bords de la rivière étaient couverts de soldats qui cueillaient des noix , on appela cette expédition la guerre des notœ (3). »
Le premier duc de Prusse embrassa la religion pro* testante en 1519, et fut remplacé en 4568 par son fils Albert-Frédéric. Ce dernier reçut l'investiture du roi de Pologne Sigismond- Auguste, et l'envoyé de l'électeur de Brandebourg Joachim II reçut en même
(i) L'acte d*investituré eut lieu en 1525 à Cracovie. Les armes que SigismoDd donna au nouveau duc de Prusse furent unêaifflê esphyée de synople, brisée en VeHomac Sum lettre S d^or^ cou» ronnée, lampassée et armée de gueuies. Consultez, sur la cérémo* nie d'investiture, Fouvr^ge intitulé : Lé Théâtre d'honneur et de chevalerie, ou V Histoire des ordres militaires^ par André Favyn, parisien, avocat en la cour du parlement. Paris, in-4, chez Robert Fouet, 1620, 1. 11, p. 1397.
(2) Ils traitèrent d*apostasi« et de trahison la conduite d*Albert de Brandebourg, et se donnèrent pour chef FToller de Cronberg.
Id) Frédéric II, Mémoires de Brandebourg*