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proie des vainqueurs. Cette victoire (1), d'autant plus remarquabJe qu'elle fut remportée par des troupes inférieures en nombre, forme, suivant la juste exprès* sioû d'un écrivain allemand, la plus belle feuiUe de laurier de la couronne de Banner; aussi est-on tout étonné d'en chercher en vain la relation dans le DiVî- Honnaire historique des sièges ei batailles mémorables publié en 1809, ouvrage défectueux, mais utile, dont il est à désirer que l'on édite une réimpression entièrement refondue, continuée jusqu'à nos jours, et mise au courant des progrès faits depuis le commencement de ce siècle par la science historique.
Ce succès rendit aux Suédois la supériorité des armes. Les Impériaux et les Saxons battirent en re« traite jusqu'à Leipzig ; lés vainqueurs se répandirent encore dans la Marche; le général Wrangel entra dans Berlin, y mit cinq compagnies en garnison, et demanda à l'électeur George-Guillaume remise de ses forteresses. Ce prince, retiré à Peitz, lui fit répoudre qu'il abandonnait ses États à la discrétion des Suédois, mais qu'il ne pouvait disposer de ses places fortes dont les Impériaux étaient maîtres. Wrangel prit ses quartiers d'hiver dans la Nouvelle-Marche.
Au mois de février de l'année suivante (1637). mourut l'empereur d'Allemagne Ferdinand II , qui,
(1) Consultez, sur la bataille de Wittstock, VHUtoire dé Vart militaire (en allemaad), par U major Henri de Brandt, conti* nuateur de Giriagy, quatrième partie, Histoire des progrès de Vart militaire au dioc-septième siècle; Berlin, 1838, p. 312 et suivantes.
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Oialgré son caractère doux et humain, avait, parièl^ pûu^ sa croyance, allumé sur le sol allemafid una guerre colossale, qu'il avait soutenue pendant dix-huit années, vaincu par Gustave-Adolphe à Leipzig et k Ij.utzen, et vainqueur des Suédois i^ Nordlingea> guerre qui devait encore durer douze années sous son fils et successeur Ferdinand lll, déjà roi de RobéflM et de Hongrie à Tépoque de sa mort, et qui reçut dct lui, comme héritage, sa couronne impériale, ses principes et sa guerre.
Le dernier duc de PojDfiéranie, Bogislas Xiy,moa» rut aussi vers celte époque; mais George-Guill&ume nQ put faire valoir ses droits sur ce duché, que les Suédois occupaient en. même temps que les États du Brandebourg, et il fut oblige de se contenter de sigçii* fier par un trompette, singulier ambassadeur assurément, mais qui parvint à se glisser au travers des troupes ennemies, à. signifier, disons-nous, aux Etala de la Pomécanie de reconnaître son autorité, et ée traiter les Suédois en ennemis.
Les Impériaux réussirent à expulser Banner de k l^axe, tandis que les Saxons purgèrent la Mar(^ei les bords de la Havel de ]a présence des Suédoîa. Li^ guerre se transporta dans la Poméranie, qui futsusoessiyement prise et reprise, et toujours, pillée et riiiiiéa. Mais bientôt les Suédois reçurent d'importants renforts, et chassèrent les Impériaux ^vant eux jusque dans la Bohême ; puis ils reparurent pour la quatrième fois devant les portes de Berlin^ qu'un gr^^d nombre d'habitants effrayés évacua à leur appvâoba
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(46S9). Alors Téiecteur George-Gaillaume, poar pendre aux Suédois le mal qu'ils lui faisaient, envoya /iyOOO Brandebourgeois effectuer une diversion dans la Livenie ; ces troupes ravagèrent le pays, mais ne s'emparèrent point des villes , de sorte que leurs con«quèles ne purent être durables, et les Suédois répétèrent aa centuple sur la Marche héréditaire les dégâts faits en Livonie. George-Gûîllaume s'était retiré à Kustrin avec sa cour ; cette ville fut un instant bloquée par le général Axellille (1640). •
Lors de la réunion des États de Poméranie, George-Guillaume y fit paraître des députés ; les État$ reconnurent ses droits, au détriment des Suédois, et dorénavant les envoyés brandebourgeois tinrent dans les diètes de l'Empire la place des ducs de Wolgast et de Stettin.
En 1640, les États de Prusse devaient se réunir à RtBmgsberg ; George-Guillaume s'y rendit pour réclamer !e payement de subsides arriérés, mais'il moumtdans cette ville le 3 décembre, laissant à son fils Frédéric-Guillaume un pays ruiné et occupé par l'ennemi, des alliés équivoques et peu de ressources. La carrière de ce prince fut une série d'oscillations continuelles, tantôt vers les Suédois, tantôt vers TEmpereur ; et si l'époque funeste pendant laquelle îl gouverna peut le justifier en partie des malheurs qui accablèrent son pays, il faut pourtant reconnaître que la suite non interrompue de ces malheurs fut plutôt due S la faiblesse de sa capacité perwSonneHe qu'à Texigulté de ses possessions, puisque son fils
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Frédéric-Guillaume, comme nous allons le voir dans le chapitre suivant, sut, avec les mêmes ressources, élever l'Électorat à un haut degré de gloire*
George-Guillaume laissa en mourant à son fils une armée composée de 8,600 fantassins et de 2,500 cavaliers, dont nous reproduisons ici le tableau.
Tableau de Varmée brandebaurgeoise à la mort de George- . Guillaume [16^0).
INFAlITEiUB.
Noms des régiments.
Nombre
des fanUssins.
CATàLBBIB.
Noms des régiments.
Nooibre
des cuTaliers.
Burg;^dorff
Kracht
Volckmann
Trotte
GoWacker. .....
Total des fantassins.
Goldacker
Ludtcke
Rochow
«• Total des cayaliere..
II est probable que Tinfanterie brandebourgeoise se rangeait alors, comme celle des Impériaux, sur dix rangs de profondeur, et la cavalerie brandebourgeoise sur huit ou six rangs ; ce ne fut, en effet, que dans la seconde moitié du xvir ^iècte que les aiitres nations adoptèrent les ordonnances plus minces introduites par Gustave-Adolphe, qui fit sortir le premier l'art militaire de l'état d'anéantissement où il était tombé pendant le moyen âge.
Pour clore ice chapitre, à partir duquel notre sujet va s'agrandir, nous ne saurions mieux faire que de rapporter, en guise de résumé, les souhaits que Cer-
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nitiuê adresse, à la fin de ses Vies des électeurs de Brandebourg de 4a maison des bur graves de Nurenberg^ au prince électoral de Brandebourg, Frédéric-Guillaume, qui se trouvait alors âgé de six ans : dans ces souhaits, le panégyriste s'efforce de trouver une qualité à chacun des électeurs dont il vient d'écrire Thistoire, et il est intéressant de rapprocher ces qualités de leurs actions, ce que le lecteur pourra faire aisément s'il n'a pas oublié le tableau sommaire que nous venons de lui présenter des commencements de V Histoire militaire de la Prusse.
Voici ce que Cernitius souhaite à Frédéric-Guillaume :
La magnanimité et la probité de Frédéric I";
La modestie de Frédéric II ;
La valeur et le bonheur d'Albert;
L'éloquence de Jean;
La justice de Joachim I";
L'autorité de Joachim II ;
La sagesse de Jean-George ;
La piété de Joachim-Frédéric ;
La clémence de Jean-Sigismond ;
La gravité et la prudence de George-Guillaume.
Frédéric*Guillaume eut plus que les meilleures des qualités de ses prédécesseurs et ancêtres : il eut du génie, reçut le nom de Grand, et mérita même d'être comparé à Thomme le plus illustre du xvii« siècle, à Louis XI Y. Occupons-nous donc de lui, car son règne fera contraste avec celui de George-Guillaumie,