HIST0IR8 MILITAIRE
Le duc de Neubourg s'étant mis à exeix^er une per* sécution contre les habitants du duché de Juliers et de Berg professaot la religion protestante^ Frédéric* Guillaume se déclara le protecteur des persécutés, et envoya son général baron de Sparr avec des troupes pour leur venir en aide ; malgré la présence du duc de Lorraine Charles lY, accouru dans le Neubourg avec une petite armée, seul reste de sa puissance souveraine, un accommodement ^e tarda pas à éteindre ce feu, prêt & rallumer Tincendie en Allemagne.
L'abdication de la reine Christine mit la oouroniit de Suède sur le front d'un monarque guerrier, Chârtee- Gustave, qui ne voulut plus souffrir que les Wasa de Pologne prissent le titre de roi de Suède : pour les y faire renoncer, et pour un avantage plus réel^ la ce»sion de la Livonie, qu'il convoitait, il arma, et fit 4 Frédéric-Guillaume la demande de ses ports de Piliau et de MemeL C*était renouveler la conduite de Guft* tave-Âdolj^e vis-à-vis de George-Guillaume à pvo* pos des places de Spandau et de Custrîn, conduite dfiui nous avons parlé dans le chapitre préoédeiU» Le nouvel Électeur de Brandebourg était plus ferme que son père : il ne se laissa pas tromper par le bruSt répandu k dessein que les armements de la Suède regardaient la Russie, répondit qu'il fournirait 8,000 hommes contre cette dernière puîesance ù Charles-Gustave l'attaquait réellement^ et refusa ses ports. Les exigences politiques firent néanmoii» faien* tôt plier sa fierté, et l'engagèrent à changer et fMtrtt.i
m Lk PEI38». 9i
L* Empereur et la HoUwée lui refusaieiit tout seooun { le protecteur Crerawell ne voulait pas l'aider à tirer l'épée pour le roi de Pologne Jeao-Kasimir Waea, doBt le manteau royal cachait à peine la pourpre de cardinaii et couvrait, à eei yeux^ un cœur hostile à la caœe des protestants; les Suédois faisaient de grands et rapides progrès, enlevaient plusieurs pala^ tinatfi d§ la Grande-Pologne, s'emparaient de la Prusse , et y prenaient quartiers proche de Kôoiga* berg. Réfléchissant alors que ks Polonais, aia faabî» tudesanarcbiqueset volages, payeraient probal>(eaient d*ingratitttde ses services, il résolut de se rapprocher de la Suède, afin d'éviter à ses États héréditaires lue malheurs qui les avaient affligés sous son père : lui traita d'alliance offensive avec cette puissasee Im g»» rantîfc 6,000 hommes pour protéger la Prusse ^ et il assura, en revanche, la coopération d'un corps ée 4(000 hommes ; dans cette alliance* il était déjà quss* tien du partage de la Pologne, et TÉiecteur devait obtenir les w<Hewodies(paiatinats) de Posen, Kaliach^ Sieradie» Lenczicz, avcfc le district de Wielunen* Vm traité défensif avec la France garantit en caéme teaipa k Frédéric-Guillaume celles de ses provinces écho* lonnées le long du Rhin et du Weser.
Tranquille de ce côté, le prince brandebourgeois pu^agir activement; traversant la Maaovie, il joignit les troupes suédoises près du confluent du Bug et de la Vistuie. Les alliés passèrent le Bug, et niarchèrent sur Praga ; les Polonais franchirent la Yistule à Varsovie, et atteignirent la rive droite de et flrav»« CJm
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bataille décisive^ une de tes batailtes qui durent trois jours, s'engagea (28, 29, 30 juillet 1656).
L'armée polonaise comptait 8,000 quarteniers (1), 16,000 nobles russes et polonais, 5,000 Lithuaniens, 6,000 Tartares (2), et &,000 fantassins armés de sabres et de faux : au total 39,000 hommes. Elle occupait une forte position sur la rive droite de la Yistule; son aile gauche appuyée à ce fleuve, et renforcée sur son front par dés ouvrages en terre armés de grosse artillerie ; son aile droite cintrée en arrière, et ayant les mêmes eaux en flanc et à dos, couverte de plus par la plus grande partie de la cavalerie, qui pouvait, sur ce terrain, manœuvrer en toute liberté; à 2,000 pas en avant de Taile gauche, un bois marécageux contenant plusieurs^ villages ; à Test de ce bois, une plaine parsemée de bouquets de bois et de petits marais, où s'élevait une légère hauteur ayant des vues jusque sur Praga; à un demi-mille du bord oriental du même bois, deux villages, le plus grand, Yiallolelca, le plus petit et le plus proche de Praga, Brudno. Non loin, vers le nord et Test, s'étendait un marais passablement important, auquel se rattachait, du côté du sud, un nouveau bois occupé par un corps mixte. Il se trouvait aussi un petit bois à 700 pas à Test de Praga.
L'armée suédo-brandebourgeoise passa au travers
(i) Soldats desUnés à la défense des frontières.
(2) Jean Sobieski, plus tard roi glorieux de la Pologne, était Vun des chefs de ces Tartares.
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du bois mentionné en premier. 60 escadrons, & ré* giments de dragons et 10 brigades d'infanterie la composaient (1). Elle formait deux corps. Le corps de Taile droite, aux ordres du roi, avait une avantgarde; la cavalerie sur deux lignes, trois brigades d'infanterie, puis Tartillerie : tel était son ordre de marche. Le corps de Taile gauche cheminait de la même manière; il obéissait à TÉlecteur. Entre les deux aijes s'avançaient cinq brigades d'infanterie brandebourgeoise et deux brigades d'infanterie^ suédoise ; toutes ces brigades se trouvaient sous le commandement immédiat de Frédéric -Guillaume, secondé par son brave général d'artillerie de Sparr.
Averti par des patrouilles de reconnaissance de la position approximative des ennemis, le roi de Suède envoya le général Wrangel, avec 600 chevaux et une compagnie de dragons, pour s'emparer d'un défilé
(1) Je n'ai pu rencontref écrit le chiffre total des combattants de cette armée. On peut cependant le supputer, au minimum^ à 22,o6o, parce que Frédéric-Guillaume amena sur le champ de bataille 16,000 hommes et 30 bouches à feu (il était cependant entré en campagne avec 15 régiments de cavalerie, 7 de dragons, 10 d'infanterie), et que le contingent suédois promis par TalUance était de 6,000 hommes. D'ailleurs, en supposant le nombre des présents déjà réduit par la marche, 76 escadrons à 120 hommes (ils étaient à 150 réglementairement), donnent 0,120 cavaliers, et 10 brigades de 2 régiments à 900 hommes chaque, fournissent 1S,O0O fantassins : soit, au total, 27,120 combattants. Dans tous les cas, les Suédo-Brandebourgeois avaient en combattants plus de la moitié de Teffectif de Farmée polonaise.
fiitué peu avant Tissue dû défilé de la forêt : Wrangel laissa les dragons à la garde du défilé, et se répandit avec sa cavalerie en rase campagne. Le roi le suivît, emmenant tous les cavaliers de son corps, abandonna la forêt, et se posta face à l'adversaire, sa droite à lâ Vistule, sa gauche à la iorêt. Malheureusement le terrain se trouvait en cet endroit tellement étroit, (fue les Suédois ne purent se déployer et entassèrent leurs régiments en colonnes d*un escadron de front. 'Pendant ce mouvement, Wrangel avait repoussé Tavantgarde polonaise, et, enhardi par le succès, s'aventurait trop, quand un groupe de quatre escadrons accourut au secours de son flanc gauche menacé, le dégagea, et refoula jusqu'aux ouvrages en terre îe détachement qull avait en tête. Le roi de Suède entreprit alors une vive canonnade contre ces ouvrages, mais sans réussir à les endommager; PÉlecteur effectua également u» mouvement en avant, et se posta près du roi. Pendant la nuit, les Suédo-Brandebourgeok se retirèrent hors dQ portée diA canott eGU[i9W, %% s'établirent teur aile gaiiebe (l'ÉLecteur) à la fbrêt, leur aile droite (le Roi) à la Vistule ; mais le terrain restait toujours fort étranglé^ et riufaùterie. diiceatçQ m pouvait Qit>tei;iijr un es^ce. &iipiéfîeur au firookd'aii réginaent
Le lendemain matin, à la (aveur (J*uu yen.t çôrd,est qui 30uleysk un gros n,u^^ <$q. pQjyiâ^îèj^Q,. I»^ ^m INrinc^ alliés exéeutèrent, m compagnie de plusieurs généraux, une reconnaissance qui les convainquît quç la gaucbe et le front des Polonais exigeaient, pour
M LA PHVSSB. 9Ô
être vaificiis, tes p)us grands sacrifices, surtout k cause du bon établissen^enl des ouvrages en terre, et ils résotarent d'attaquer la droite ennemie, c'est-àrfîre le plus faible côté. L'Électeur tint pour nécessaire d*oecDper réminence légère dont nous avons parlé, if y porta avec son corps de cavalerie et deux brig^ de^d^nfanterie, Toccupa, y plaça plusieurs pièces âe gros ^Mbre : la nature marécageuse du sol réclama pour ce placement de péîiiMes efforts. L'infanterie cte Frédério-Guillauroe se mit devant la forêt, ses dragons à gauche derrière Téminence. Les Polonais, à la voè de ce mouvenrent, cherchèrent à se jeter sw le flanc gauche de l'Électeur, et à s'opposer aux progrè» da Roi par une manoeuvre tournante ; mais ce ftifc ew tain de part et d'autre. Une vive eanonnade i^gagea;^ dans cette lutte d'artillerie, la batterie postée par Frédéric-Guillaume sur la hauteur obtint mue teHe supériorité, qu'elle força les pièces polonaises m si4ence. L'tâstoire rapporte ici que, pendant l'ae* tîwi, 1» reihe de Pologne^ Louise de Nevers, se plot, tiveb se» courage de Française, à pointer elle-mémre plusieQPsdes canons: de la redoute qu'elle occupait (te fdfOkre^ côté dé* la Vistule (1) ; il est possible qu'à ces boulets royaux aient répondu des projectiles éiecto^ ranx , puisque l'un des plus récents historiens de Frédéric-Guillaume (2) présume que ce prince, ha-
fk) EHI? fbimH au8Bl ses propres dhevain pour aider au transport (to-I^Millerie sur le champ de bataille.
^ M; iéopoid: é^OrHch, da»s son excellent livre intitulé: Friedrich Wilhelm der Grosse Kurfilrsty Berlin, 1836, auquel
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bile artilleur, donna lui-même la direction des pièces de sa batterie.
A la faveur de la lutte d'artillerie précitée, le roi de Suède, secondé d'ailleurs par les courageux efforts de rinfanterie brandebourgeoise, accomplit son projet de modifier son ordre de bataille ; recourant à la mitraille quand l'ennemi le harcelait de trop près, il rétrograda, puis se posta sur la gauche de l'Électeur, formant ainsi l'aile gauche des alliés.
En cet instant , l'armée polonaise quittait ses retranchements, et adoptait un ordre de bataille étendu, sa cavalerie sur la droite , couverte par le village de Vialloleka, forten>ent occupé. Charles-Gustave attaque le flanc droit de ses adversaires, qui, pour masquer une manœuvre débordante, mettent le feu aux maisons de Vialloleka. l.e général suédois Horn marche sur la gauche du village, et déjoue de la sorte les intentions des Polonais. Alors ces derniers se retirent sur un second village sis au midi du premier. Le roi de Suède les poursuit, gagne encore leur flanc droit; ils incendient le second village, et continuent à rétrograder à la faveur d'un effort général , mais infructueux, de toute leur cavalerie, ta nuit dérobe cette fois la victoire aux Suédois.
Le troisième jour, les alliés résolvent d'emporter
nous avons fait plusieurs emprunts pour la description de la ba« taille de Varsovie et pour divers autres passages du présent chapitre. M, d'Orlich communique, dans ses pièces justificatives, une relation de la bataille de Varsovie, écrite pa<* le Grand Ëlecleur.
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définitivement le défilé en avant de la forêt. Cinq escadrons de cavalerie suédoise s'élancent, appuyés par de Finfanterie et de rartillerié; ils chassent les cavaliers ennemis. Dès que Tinfanterie brandebourgeoise approche de la forêt, Tartillerie qui Facconhpagne ouvre un feu nourri contre cet obstacle ; plu* sieurs salves ébranlent Tennemi : aussitôt infanterie , cavalerie, tous se précipitent à la fois sur le périmètre boisé. Les Polonais ne peuvent résister & cette attaque, à cet ensemble; ils abandonnent rapidement la position, et fuient en désordre vers le marais : un général saisit Tinstant favorable, jette plusieurs escadrons sur leur flanc débandé , les précipite dans le marais, où la plupart trouvent la mort. Pendant cette lutte, presque toute la cavalerie polonaise veut paralyser Tattaque de la forêt en assaillant l'aile des alliés; mais repoussée de tous côtés, et rapidement, elle perd beaucoup de monde , et doit se retirer sur Varsovie.
Frédéric- Guillaume vient de se distinguer par la direction imprimée à son infanterie : c'est à lui que se rend Tartillerie (1). L'infanterie polonaise, abandonnée par sa cavalerie, fait semblant de traiter, gagne du temps, et réussit à opérer sa retraite , l'épuisement des alliés, après ce triple combat, les mettant hors d'état d'entreprendre une poursuite (2;. Les
(1) 12 pièces et i mortier.
(2) Suivant Pœllnitz (Mémoires, t. 1, p. 51}, l'Électeur mit à dessein de Tinertie dans son aUitude après la bataille, et ne consentit que le troisième jour à suivre les traces de Farméè battue,
^08 HISTOIRE MILIÏAIRB
vaincus ont perdu, au total, litOOO homnoes; leByaînqufiurs, liOO seulement.
L'incursion d'un corps de Tartares rappelle l'Él^Qr teur dans ses États de Prusse ; mais ce prince l^sse des troupes au roi de Suède. Cet allié ayant grand besoin de son assistance, il lui arrache, en payemeq); de sa coopération, l'entière souveraineté de la Prusse, duché dont Charles-Gustave se considère déjh corpo^ç possesseur par droit de conquête : cette donation a jieupar le traité de Labiau. Elle n'empêche pas Fré' déric-Guillaume d'abandonner bientôt la Suède, et dç tendre aux Polonais une main amie : il est vrai qiie ces derniers ont alors pour eux l'Empereur et le Danemark, et qu'ils lui cèdent, par le traité de Wehlaiî, qui intervient (16 septembre 1657), la possession eqtière du duché de Prusse, s'en réservant seulep^ept la succession éventuelle.
I/Électeur conclut en même temps un traité d'alliance avec l'Empereur et le roi de Danemark, promettant un contingent de 3,500 soldats à celui de ces deux monarques qui serait attaqué. Aussitôt ^ guerre éclate entre les Danois et les Suédois. Il l^^ le prince d'Anhalt à Berlin, en qualité de gQUV^neur de ses États, et accourt dans le Holstein à la tête de sa cavalerie et de 3,000 cuirassiers impériaijm; ; chasser Tennemi au dQlà de l'Eyder, mettre garnisoQ dans Gottorp, faire évacuer l'île d'Aland, voilà son
« ne voulant pas voir les couronnes de Polo^ne^idç Suèd« rénj^ sur la même têle. »
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rôle dans cette première campagne ; il prend ensuite ses quartiers d*hiver dans le Jutland.
Dès Touverture de la campagne de 1658» Friederichsode et Tile de Fennoë tombent en son pouvoir; il est moins heureux dans sa tentative sur Tlle de Fionie, la flotte suédoise ayant réussi à disperser les barques avec lesquelles il voulait aborder. Pendant ce tempS| un corps de troupes alliées envahit la Poznéranie citérieure et assiège Stettin : les Suédois s'y défendent à merveille, reçoivent un secours, exécutent une grosse sortie, détruisent les travaux, forcent h lever le ^ége. Le secours, arrivé si à propos, avait été Jeté dans la place par le général suédois Wrangel, fraîchement débarqué à Straisund. Ce général menace le Brandebourg; Frédéric- Guillaume le suit, s*empare de Warnemunde et de Triebsees, bat, près de SlfTalsund, un parti de 300 chevaux, prend encore la ville de Demnin^ Un de ses lieutenants continue ces succès (1659) par Tinyasion de la Gourlande , où il réduit plusieurs places*
Charles-Gustave meprt, Jean-Kasimir abdique; cette double vacance des trônes de Suède et de Pologne» cette disparition de deux Wasa, hostiles l'un à l'autre, pacifient T Allemagne septentrionale, et amènent le traité d'Oliva (1) (8 mai 1660), par lequel les puissances naguère belligérantes reconnaissent la souveraineté du Brandebourg sur la Prusse. Après une certaine résistance de la part des états de
<1) Abbaye, pnès de Danlzig,
iOhr BISTOIRE UILITAIRB
ce duché, après un commencement de révolte facilement apaisée, TÉIecteur reçoit en personne à Kœnigsberg l*hommage des Prussiens : Tacquisition de cette province importante, dont elle tirera plus tard son titre royal, se trouve achevée pour la maison de Brandebourg.
Dix années de paix succèdent à la guerre ; Frédé-» rie-Guillaume, qui a toutes les nobles ambitions, les emploie à cicatriser les dévastations, à augmenter la portion de bien-être de ses sujets. Par ses soins, les villes se relèvent de leurs ruines; des colonies se créent, des villages se construisent, des forêts se défrichent; Tagriculture encouragée renaît; le commerce étend ses relations^ et obtient, par un canal joignant la Sprée à TOder, un plus prompt écoulement de ses marchandises vers la Baltique et TOcéan.
En !666, Magdebourg devient, de sa part, Tobjet d'une démonstration militaire. Une clause du traité de Westphalie lui accordait la possession de cette ville à la mort de son administrateur actuel, le duc Auguste de Saxe : celte mort n'eut lieu que le li (i/i) juin 1680, à Halle; mais les habitants devaient auparavant lui prêter serment de fidélité. Or, Magdebourg travaillait à obtenir le titre de ville libre de l'Empire, ou à se séparer entièrement de l'archevêché portant son nom. Alors Frédéric-Guillaume prévint l'administrateur qu'il allait envoyer le feldmaréchal de Sparr avec 15,000 hommes vers Magdebourg, pour atteindre par la force le but qu'il poursuivait en vain pacifiquement. Les troupes une fois
DE LA PRUSSB. 1(À
en marche, les Magdebourgeois, après de courtes négociations y consentirent aux conditions qui leur étaient imposées, prêtèrent serment à TÉlecteur, et reçurent garnison.
Vers le même temps, Frédéric-Guillaume joignit à ses États une dépendance de la principauté de Halberstadt, la seigneurie de Regenstein. Il secourut à la fois, contre les infidèles, TEmpereur et le roi de Pologne, le premier au moyen d'un contingent de 2,000 soldats dirigés par le duc de Holstein.
L'année suivante, il conclut une alliance quadruple avec le Danemark, avec la Hollande, avec le duc de Brunswick, avec l'Empereur. L'alliance avec la Hollande prit un caractère plus sérieux après la paix d'Aix-la-Chapelle, parce que la France menaça bientôt cette puissance républicaine. L'Électeur entra dans la ligue destinée à la soutenir, promettant, dans ce but, une aide plus efficace qu'une simple signature, à savoir un corps de troupes de 20,000 hommes, pourvu que les Hollandais en prissent la moitié à leur solde. En effet, le 25 août 1672, il partit de Potsdam, et vint commander ses troupes campées entre Lipstadt et Halberstadt. L'armée impériale, composée de 6,000 cavaliers et 12,000 fantassins, le joignit, vers la mi-septembre, dans l'évêché d'Hildesheim. Réunis, les alliés se portèrent sur Jiluhlhausen, dans la Thuringe, oir Turenne les contint; alors l'Électeur proposa de combattre le maréchal français, pour lui passer sur le dos, et courir au secours de la Hollande. Le chef des Impériaux, >lontecuccoli, s'oppose à ce
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pTBileii en v^tUi dm)ny d'ordres secrets, Qt m mois 4'MiaoUon ai'm suit» Ënfin^ to 19 octobre, Us «lUés^ . npproobent de Fr^uiçfort, el {es Brandebourgd^îs occupent Giessen, tandis que Turenne repafise 1^ S^bin à Aiiddrniich» l^es laipériau^ refusent eucore de mardMf sur les traces françaises, ^ la caippagpe s^pa^ infrwiueuse, au gr^nd regret d^ Frédéric^GuîlUuoapi^ qui iikit hiverner ses troupes ddns la W^^tptiali^, sw l6s terre» de deux alliés de la France, l'évêque 4e Munster #t TÉlQcteur de Cologne. Ou attribuai w {Mrtie« le choix de cette contrée, pour quartier» d'hiyer^ aux plaintes traosmiseiei à. Vienne par rÉtecieur |Ml{^ti(i) et. le$ Électeurs de Mayence et d^ Tr^w, ârat les Éti^ts venaient d'être ravies,
jpwdratque Turenne ^'ftvançait jusqu'en Weiei^ Frédérie^uillaumç chargei^ le géoéral-major Spi^en (ëpabo?) défaire» avec 6,000 hommes^ le ^éjfi d^ W^te (ô jj^nvier 1673) ; mm U ville résistif bravo*jQimL il vio^ ^vec /|«000 soldats renforcer les »eM: là «Mir^pui» de Renuel, général de rÉlecteur d# Go- Idgoe et d^ réyéque de Munster, réussit h lui fm^ taveir |6 9i^< Alers il gagna Bielefeld^ et le géa^ral 3pa«»y ï^ipêtadt ; l^eanel le$ suivit. Ua corpftbrandf»bourge^s^ ayant pour Biiwon de surprendre 09 dei^ fitor,: toiBba lui-no^me dfti^s ane embuâcadei elî péât preiqu'ei) tftalité^
Jtf «B^ecoopeli^ nialade, quijtt% sou c^mm^eiœnit. ius^tôt rÉleeteur de BracM^bourg se oût ea délibé- («lian 9?eo l«s 4i^KSi» de l/>rraii)e et de Bo^uraoavill^; U. QP ré^ulM^ui) mouvernent ve^s Siae$t< Tureua^yq^î
Pli u pauMWt i07
Y&midQ œ joindre à Rennel» ^ de prendre Unoi^i £*Avança ég^l^tnent sur ^oest, et offrit braille» Fré«jléric-Guillaojne, poussé par le prince d'Anhaltt opi-f pait pour ^cepter l'^ctiop ; les Impériaux déclinèreot çncore une fois cet honneur» et se retirèrent d«rn^ I9 Lippe, tandis q^^e les Brapdebouiigeois se caatçf^ paient ^ans }e comté de Qfivensberg.
 ce moment, un Français, nommé Yilleneiivei w préli^nt^ ((l^v^nt le grand Électeur, et lui propoç» de le débarrasser de Tui^nne par un a^sas^nat» Indigné d'une proposition et d'un projet aus§i borriblesi ç^ prince fi( invertir le maréchal de Louis XIV| l'invitAQt h se teair sur ses gardes vis-à-vis dM traître, «t If priant ep même tetpps de croire à son estiii)e«
La ^aisQn était rigoureuse; Turenne poursuivit néanmoins ses succès : il soumit les places westpha* jiennes appartenant à rÉleçteyr de Brandeb(Hirg^ çt le contraignit, ainsi quç Içs Impériaux;, à. repasser précipitamment le Weser. Par suite de ce mouvement^ les alliés artivèrept h la basse Saxe ; mai^^ un priaçe neutrci le duc de Brunswiclc en fermait Tçptrée, et ils durpnt s§ séparer dans les derniers jours dç ïW^ les Impériaux pour gagner la Franconie, les Srande** bourgeois pour atteindre la principauté d*E[albersta4t> Franchissant l'Elbe à Magdebourg, Frédéric-Guil-r laume 9ç ren^m à Berlin. Ses provinces de l^ Westpbali^ étaient envahies, perdues . puisqu'il se trouvait horsd'ét^^d® les secourir; il négocia dpnc avec I9 France. La paix de Wossen, en date du 6 juin 1673, ratifiée par le roi Louis XIY en son caqxp de M9.es^
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tricht, sous promesse formelle qu'il ne prêterait plus assistance aux Hollandais , lui restitua toutes ses possessions, à l'exception de deux villes (i), conservées par les Français jusqu'à leur accommodement avec la Hollande : outre quelques indemnités pécuniaires, qu'il obtenait, l'Électeur se réservait le droit de défendre l'Empereur si ce chef de l'Allemagne venait à être attaqué.
Cette réserve était prudente et d'une bonne politique, car l'année suivante (1674) la guerre survint entre la France et l'Empire. Frédéric conduisit en aide à l'Empire 16,000 soldats, dont la Hollande et l'Espagne prirent une partie à leur charge. Il atteignit sous Strasbourg le camp des Impériaux, démoralisés par les succès de Turenne et la désunion de leurs généraux. Après cette jonction, les alliés comptaient 50,000 hommes : ce chiffre justifiait les intentions audacieuses de TÉlecteur, qui voulait marcher en avant, et de l'Alsace envahir la France. Bournonville contrecarra ce projet, et l'ambition brandebourgeoise se contenta de la prise du petit château de Woselsheim. Turenne, par une feinte, se rejeta sur la Sarre, la traversa, se réfugia dans la Lorraine. Les alliés bloquèrent Brissac, mais la campagne restait perdue pour eux.
Turenne tomba bientôt au centre des quartiers dispersés de ses adversaires , surprit Bournon ville aux environs de Muhlhausen (29 décembre 1674), fit pri-
(1) Rees et Vfeseh
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sonnier un régiment brandebourgeois(l]. Les Impériaux, contraints de reculer, gagnèrent les alentours de Colmar, où se trouvait TÉlecteur. Une bataille se livre à Turkheim (5 janvier 1675); les Français sont vainqueurs, et pressent vivement les alliés, qui effectuent leur retraite par Schelestadt, Benfeld, Strasbourg. L'Alsace demeure aux mains de Louis XIY.
En prenant ses quartiers d*hiver en Franconie, Frédéric-Guillaume put réfléchir au peu d'habileté des généraux de TF^mpereur, qui, en rejetant toutes les observations, avaient fini, malgré plusieurs campagnes laborieuses, par aboutir à un résultat déplorable. L'historien doit ajouter qu'il ne faut pas l'apprécier comme chef militaire uniquement d'après ces campagnes, car, sans vouloir le mettre au rang de Turenne, il est juste de penser que, s'il avait exercé le commandement suprême et sans contrôle, les affaires des alliés eussent mieux tourné.
Une invasion de la Marche Électorale par les Sué- . dois, invasion provoquée par le cabinet de Versailles pour faire diversion, par rapport aux frontières françaises, rappelle brusquement FÉlecleur de Brandebourg dans ses États. Il part, arrive devant Magdebourg le H juin, traverse l'Elbe pendant la nuit, atteint et enlève par surprise la place de Rathenow(l). Il court ensuite à Nauen avec sa cavalerie, mais ses
(1) Le régiment de dragons de Spœn (Spahn?),
(2) Dans le tome V des Études sur la Prusse (étude deuxième), j'ai avancé qu'un conseiller de FËlecteur (le baron de Brist) facilita la surprise en enivrant, dans un grand rep^s» les officiers de
110 HISTOIHK miITAIRB
adversaires gc replient et se eoncentrent *ur Fehr- Mïm. Matgré ta faiblesse du corps qu'il commandé, faiblesse que ta rapidité de son mouvement exige , il sent qu'un grand coup devient nécessaire, et, pour le frapper, n*feésite pas à joindre Pennemi. En vingt- 1M)9 jours il a franchi la distance qui sépare Schweînfurt (sur le Mein) de FehrbelKn (sur la petite rivière dtt Rhin).
C» êombat s'engage sof ce demief point le 18 |mn t6f?5 (vayex ta jdanèhe P^.
I.e général suédofe Wrange*, vivement powsuîvi par FÉlecteur, cherche à hii feifraer Tadcès? de Pirfrrknsili» : il place son aiie gauche un peu en avant d^Hftckeaiberg, et soi> aile droite sur b divectiMh de Dectow; des batteries couvrent soi? centi^e^ rt sa gamhe.
A. If ÎQspeetio» de cette disposition, ÏVédéric^6u3<-
W gamisoa. Le tradHctenr allemand de ce travail ( Leipzig, ïSbà, 1^ S7K ^ d^ Reinhard, s'inscrit eu> faux contre cette assertMii'; je le- veux bien. Toutefois je dois dire que ce fait est iodiqu^iiar Frédéric le Grand lui-même, dans ses Mémoires de Brandebourg. fir est vrai que le monarque historien parle d*un seul régiment «Mspottte d?CBivrement, mais la ganiison n^en comportait pas éRt* ^i^nlagQf puisque Les vainqueurs firent prisonni»^ k aelûM Wapgelin, 5 autres officiers, 186 dragons, en tout 192 hommes» et s^emparèrent de 600 chevaux, de 6 drapeaux, de 2 timbales. En t^t eai», il y eut toujours ruse dans l'enlèvement de RathenoW : le feld-maréchal DerfQinger, récemment au service du Brandebourg, s'offrit à la garde avancée comme un officier suédois poursuivi, a^ppartemnt à ki garnison de Bramdebourg. Les déftfnseurs^ de ftsthoBOUP, sui^pt%, se ba^Sfeni d*aiHeurs bravement, et- ftarent