‹ Histoire militaire de la Prusse avant 1756, ou, Introduction a la guerre de sept-ansChapitre 29 sur 38 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

CAMP40NB M IT40.

Somhairk: Répartition des troupes ioiipériiiles occupant i^ ^léai^»^ Les Prassiens bloquent Glogau. -^ Ils soùmeitent Breslau, prç^-

^ nent Namslâu, Oblau, Ottmachan, et échouent devant Neiss.— lies Autrichiens sont ot)Ugés de se retirer en Moravie.— Frédéric, après avoir mis ses troupes en quartiers d'hiver, reiovme à Berlin. —Caractère de la campagne de i7Z|0. — Ses conséqui^ace^ diplomatiques.

La Silésie ^tait peu gardée. •

Les troupes ennemies, aux ordres du général Braun, se trouvaient réparties ainsi quMI suit :

Dans. Glogau, sous \e général WenzeUWallis, 8 ba» taillons et 2 compagnies de grenadiers ;

Dans Neiss, sous le colonel de Roth, 4 bataillon? ;

Dans Brieg, sous le général Piccolomini, ft bataillons et 4 compagnies de grenadiers ;

Sous le commandement immédiat du général en chef, 1 bataillon^ 2 compagnies de grenadiers et 600 dragons.

Glogau, la première forteresse que Ton rencontre en remontant l'Oder, n'était entourée que d'un lïiauvaiB rempart à peine revêtu dans quelques portions ; la contrescarpe, en grande partie détruite, permettait de passer facilement le fossé en plusieurs endroits. Cependant les Prussiens n'osèrent en faire le siège en règle, à cause de la saison rigoureuse et du manque

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de grosse artillerie, et ajoutons aussi à cause de leur ignorance dans l'art des sièges, qui était alors incroyable. On se contenta donc de la bloquer, tandis qu'il eût fallu s'en emparer par surprise et de vive force. Mais on opérait encore avec méthode et lenteur : ni Frédéric II ni Napoléon n'avaient xréé leurs ma;iières expéditives de guerroyer. « La cour de Vienne avait donné des ordres précis à Wenzel- Wallis, gouverneur de la place, de ne point commettre les premières hostilîlés; il cinitque de le bloquer n'était pas Fassiéger, et il se laissa paisiblenaent enfermer dans ses remparts (1). »

Bientôt le prince Léopold d'Anhalt arriva devant Glogau avec un renfort de 6 bataillons et de 5 escadrons; il releva les troupes du blocus, et Frédéric II partit sur-le-champ avec les grenadiers de l'armée, 6 bataillons el 10 escadrons, pour se porter sur Breslau. Le général Braun avait en effet cherché à s^ emparer de cette dernière place, tant par la ruse que par la force; mais cette cité, jouissant de. privilèges analogues à ceux des villes impériales, se gouvernait par seS; magistrats et était exempte de garnison; elle avait donc résisté aux sollicitations du général autrichien. Cependant, comme ce dernier pouvait finir par l'enyporler, le roi de Prusse hâta sa marche, pendant que le. maréchal de Schwerin côtoyait le pied des montagnes par Liegnitz, Schweidnitz et Franc-

If) Histoire démon temps^ dans les OËuvres posthumes, 17SS, 1. 1, p. 137. ;

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kenstein, pour purger cette partie de la Silésiè de toutes les troupes ennemies qui ne se trouvaient point dans les forteresses.

Frédéric H se comporta avec modération vis-à-vis de la ville de Breslau : le l"" janvier 1741, il s'empara sans résistance des faubourgs, et envoya tes colonels de Borck et de Goltz sommer la vîlle de se rendre, en même temps qu'il faisait passer TOder à quelques troupes afin d'êlre maître des deux rives. La ville se trouvait ainsi réellement bloquée, inconvénient majeur pour elle, car elle ne contenait que peu d'approvisionnements; de plus, il y eut un mouvement populaire en faveur des Prussiens, occasionné par le fanatisme religieux : ces deux causes engagèrent les magistrats à ouvrir leurs portes et à signer un acte de neutralité. Dès qu'il fut dans la ville^ Frédéric II, en bon politique, suspepdit,de crainte démenées sourdes, tous les fonclionnaires^utrichiens.

Aussitôt aprèS; un détachement d'infanterie prussienne passa l'Oder pour chasser de Namslau une garnison autrichienne de 300 hommes, et le roi, |ie laissant dans les faubourgs de Breslau qu'un régiment d'infanterie, se dirigea sur Oblau, où se trouvaient 400 Autrichiens sous les ordres du colonel FormeAtini.

Ohlâu n'était, pour nous servir de l'expression de Frédéric II, qu'une véritable bicoque. Située sur le bord delà petite rivière dont elle prend le notp, elle pe présentait qu'un rempart à demi éboulé et entouré

d*iiîi fossé sec; mais son château valait un peu mieux et demandait, pour être pris, remploi du canon. Au moment où les Prussiens allaient donner l'assaut général, le colonel Formentini capitula et obtihtde se retirer sur Neiss ; mais sa petite troupe se débanda eu sortant, et il ne resta sous ses ordre» que 120 hommes.

1,200 hommes gardaient Brieg : le général Kleîst \à bloqua avec 5 bataillons et A escadrons.

Pendant que le roi de Pruisse prenait ainsi ou bloquait les places fortes distribuées le long de l'Oder, !s maréchal de Schwerin s'était rapproché de la Neisse, rivière qui sépare la basse et la haute Silésié, et était arrivé près de Franckensteîn ; il avait repoussé des dragons autrichiens jusqu'à Ottmachau, et ce fut ià qu'il éprouva la première résistance de quelque îrf>portance qti'on eût opposée aux Prussiensr depuis le début de la campagne. Ottmachau était un château épiscopal : le général Braun y avait jeté^ dâiis le but de faciliter et de couvrir sa retraite, S compagnies de grenadiers commandées par le tnajor Muss- Hng. Le maréchal de Schweriri fat coîiirtlhil de se contenter de mettre le blocus devant Oitmachau; tnais, mf eë» entrefaites, Ffédéric II survint avec quelques mortiers et quelques pièces de 12, et Fem put élever des batteries : dès qu'elle» furent e» état de jouer, là gàrtiàcW de ce petit château se fendît à discrétion.

Il restait encore à prendre la ville de Neiss; mais

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ioi kdPi'ussièDfi éprouvèrent ohe ré*»Î9tance ftéridyfiiëi et leurs tentatives éohàuèrerrtA

Cette ville, situéè^ au delà de laNeisee, était fortin» fiée au moyen d'un rempart de terre, précédé d'un fùMé ayant 7 {neds d'eau i en outre, elle 9ê trôUfAit giitourée d'un terrain bas et humide ob le colonel de Roth, qui y commandait pour lea Autrichiens, arait eu le bon esprit de tendre une tnondaiibn. Ce eolonel «utficbien avait aussi songé h rendre Taseaut imposa aible en profilant de la rigueur de la saison t TeaU des fedsés étant gelée, il prescrivait d'ouvrir la glace tdus les matins, pnis faisait arroset les f emporte avec Ûé YèBAk qui» en se congelant de sùile^ fendait leuns talus glissants et infrancbissablee^ De plus^ tous les moyens acces^ires qui peuvent favoriser et protéger Une défense avaient été intelligemment préparé»; aussi ce fut en vain que les Prussiehs bombardèrent lA ville et y jetèrent 1,300 bombes et èMO boulets rougee^ la fermeté du ooibnelde Botb rendit ce bombardement infructueux! et^ comme les Prussiens be voulaient point procéder à un blocus qui eût été lotog . 0t dangereux^ ils se virent obligés de fenoneer à leur entreprise et de prendre des quartiers cTbi Ver.

Get estemple d'une défense énergique et intelligente vient s'ajouter à tant d'autres dont fonrmilte l'histoire. pour prouver qu'une plate fort€^ n'est une masse inerte qu'autant qu'on la défend mal* Uué forlifiefttidn est un instrtlmeiit que vivifie celui qui sait s'en servir^ et o'est pourquoi elle eera défendue par W bomnM couriLgeux et habile que teoonderont des

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troupes aguerries et pleines de bonne volonté pendant un laps de temps double ou triple de celui pendant lequel un commandant faible ou inepte parviendra à s'y maintenir. Aussi, la plupart du temps, ce calcul théori()ue, nommé Vanalyse des forteresses^ en vertu duquel les ingénieurs supputent la durée probable d*uu siég«, donne-t-il un résultat inexact, parce, que l'on néglige dans ce calcul un élément qui échappe à Tanalyse et qui influe cependant beaucoup à la guerre, l'élément moral. Il faut aussi insister, à propos de cette défense de la ville de Neiss, sur le procédé qu'employa le colonel de Rotb pour rendre les remparts infranchissables en les recouvrant artificiellement d'une couche de glace : ce procédé pourrait encore être utilisé, lors d'un hiver rigoureux, pour mettre une place à l'abri des surprises tant que le dégel n'tarriverait pas.

Hais la tentative des Prussiens devant Neiss ne fut pas la seule qui échoua : l'expédition sur Glatz, mal dirigée par le colonel Camas, fut également frappée d'insuccès.

En revanche, le maréchal de Schwerin descendit» à la tête de 7 bataillons et de 10 escadrons, jusque dans la haute Silésie, réussit à déloger le général Braun de JaBgerndorf, de Troppau et du ch&teaude Graetz, et contraignit ainsi les Autrichiens à se retirer en Moravie.

Les Prussiens prirent alors leurs quartiers d'hiver ou cantonhements derrière l'Oppa, et les étendirent jusqu'à Jablunka sur l'EIse, dans le duché de Tescben,

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c*est-àrdire jusque sur les frontières de la Hongrie.

Dès que ses troupes furent ainsi cantonnées, Fré^ déric II abandonna le théâtre de la guerre et revint à Berlin faire les préparatifs nécessaires pour la campagne qui allait s*ouvrir. La canopagne de 1740 n*avait été en effet qu'une campagne préparatoire dont les opérations présentent un assez grand degré d'insignifiance ; mais, pour cela, elle ne fut pas sans utilité, en ce qu'elle prépara les succès des campagnes suivantes, porta les Prussiens sur les lieux mêmes et leur fit connaître à l'avance l'échiquier de leurs opérations ultérieures»

Revenu dans la capitale de ses États, Frédéric II fit partir pour l'armée un renfort de 10 bataillons et de 25 escadrons, et, inquiet des projets que les Saxons et les Hanovriens malintentionnés pouvaient être tentés de mettre à exécution, résolut de contenir ces peuples en rassemblant 30 bataillons et &0 escadrons auprès de la ville de Brandebourg {Ait-Brandeburg, suivant les cartes du temps) : le commandement de cette petite armée fut confié au prince d'Ânbalt, qui se cantonna à Genthin, ville située à l'entrée de l'espace triangulaire compris entre l'Elbe et la Sprée, non loin de la première de ces deux rivières, et offrant par conséquent un lieu de campement favorable pour tenir à la fois en échec lesSaxons et les Hanovriens.

L'invasion de la Siiésie par les Prussiens avait réveillé toutes les passions européennes, et les diplomates des principales nations s'efforçaient de lutter

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de finesse pour découvrir quelque chose et prévoir le dénoûment.

La France, que son intérêt constant, depuis la lutte de François 1" et de CharFes-Quint, portait vers rabaissement de la maison d'Autriche, était attentive 6t voyait d'un œil ami l'audace d'un roi allemand parlant sa langue et jouant son jeu. Le cardinal de Fleury, alors fort âgé (1), ne se souciait guère d'aventurer son repos et celui de la France ; cependant il répondit favorablement aux ouvertures d'union que lui fit l'adversaire de Marie-Thérèse, et le roi de Prusse continua une correspondance qui pouvait tôt ou tard lai valoir' tth puissant allié.

La Suède fit alliance avec la Prusse; les rois de Pologne et d'Angleterre reslèrerit ses ennemis, et entraînèrent dans leur parti la Russie en envoyant comme ambassadeur à Saint-Pétersbourg lé beau comte Lynar, qui ne tarda pas à devenir Tamant de la princesse de Mecklenbourg, mère du jeune empereur Ivan VI et régente de Tempire.

Quant aux Autrichiens, ils rejetaient dédaigneuse* ment toute offre pacifique, semblant ne craindre niillëment les attaques d'un petit État qui ne ^'appelait royaume que depuis quarante ans et qui paraissait im mii-midon à côté dû colosse impérial. Le fol de Prusse tie dema^idail cependant que la cession du duché de Glogau ; il s'en fût contenté, il l'avoué Itiîtoême à la fin du chapitre II de YHistoire de mon

' (t) Il étart Dé èo 1653.

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temps, et eût, moyennant cette cession, assisté la reine de Hongrie contre tous ses ennemis. Que de sang n'eût pas été répandu si Marie-Thérèse avait adopté ce sage parti, qu'elle fut forcée plus tard de prendre! Mais elle persista dans sa fière attitude, suivant en cela les inspirations de son ârAe altière et les conseils des meilleurs politiques qui l'entouraient.

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