‹ Histoire militaire de la Prusse avant 1756, ou, Introduction a la guerre de sept-ansChapitre 30 sur 38 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

SOHiiAiiUL — Le feld^maréchal comte de Neipperg prend le cou-* mandement de Tarmée autrichienne. — Escarmouche de Baamgarteu. — Le prince Léopold d'Anhali; s'empare de Glogau par surprise— Le roi, trouvant ses troupes trop éparpillées, les rassemble autour de Steinau. — Prise de Grolkau par les Autri^ chiens. — Frédéric marche sut cinq colonnes au secours d*01i]aii«

— Bataille de Mollwilz.— Observations relatives à cette bataille.

— L'armée prussienne se concentre et prend la place de Brieg.-- Frédéric fait alliance avec la France. — Se plaçant à égale dis* tance de Brieg et de Schweidnitz, il séjourne dans cette position pendant deux mois. — Il rompt la neutralité visrà-vis de Breslan et se rend maître de cette ville. — 11 menace la communication du maréchal de Neipperg avec la Moravie , puis vient occuper IxBwen et Michelan. — Ces progrès alarment la population de Vienne. - Trêve secrète conclue entre Frédéric et Marie*Thérèse.

— Le roi de Prusse assiège Neiss pour la forme.

Le renfort de 10 bataillons et de 25 escadi*onsqu6 nous avons vu Frédéric, de retour à Berlin, envoyer à son armée de Silésie, arrivèrent à Scbweidnitz au mois de février.

De leur côté, les Autrichiens se préparaient aussi à la guerre. Le commandement de leur armée venait d'être confié au comte de Neipperg (1), élève du

(1) Guillaume Reinhardt, comte de Neipperg, né en 168ik.

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périence et qu'il apprit principalement la guerre par ses fautes : n'est-ce pas en effet la meilleure école? mais que cette école est ouverte à peu d'hom* mes!

Tous les renseignements recueillis annonçaient que l'ennemi recevait des renforts et méditait de surprendre les quartiers prussiens en y pénétrant par Glatz ou par Zuckmantel : un parti ennemi^ composé de 100 dragons et 300 hussards, se jeta même bientôt dans la ville de Neiss, ce qui dévoila une partie des projets des Autrichiens. C'est pourquoi Frédéric ordonna de resserrer ses quartiers, qui se trouvaient trop disséminés.

Glogauet Brieg étaient toujours bloquées; la saison se montrait trop rigoureuse pour que l'on pût songer à convertir ces blocus en sièges. Mais, le 10 mars, le prince Léopold d'Anhalt réussit à s'emparer par surprise de Glogau, ce que l'on eût^pu faire tout aussi bien dans la campagne de 17/iO dès que Ton arriva pour la première fois devant cette place. €e coup de main heureux dura peu de temps : le mauvais rempart qui entourait la place fut escaladé en cinq points différents et la ville prise en moins d'une heure; la cavalerie elle-même put franchir en certains endroits les remparts, tant les fortifications étaient tombées en ruines. La sévérité de la discipline prussienne évita un pillage à la ville, dont un régi* ment prit possession. La garnison fut faite prisonnière de guerre : on travailla à l'amélioration des fortifications de la place, et le prince Léopold d'Anhalt

rejoignit, avec le corps qu*il commandait, le roi à Schweidnitz.

Le maréchal de Schwerin avait encore ses quartiers dans la haute Silésie; cette position éloignée donnait de rinquiélude au roi, qui trouvait ses troupes trop éparpillées et voulait que le maréchal se repliât sur la Neisse ; mais Schwerin désirait conserver ses quartiers jusqu*au printemps, et Frédéric se ran^gea, pour cette fois^ à Topinion de son maréchal : il est évident par cela seul, pour quiconque a étudié son caractère^ qu'il débutait dans la carrière militaire et qu'il n'était paà encore sûr de lui. Au reste, il est juste de dire qu'en cette circonstance il avait pleinement raison : Tarmée prussienne s'étendait et s'aventurait trop.

Néanmoins, après avoir ainsi cédé, Frédéric s'aventura lui-même à la tête de 8 escadrons et de 9 ba* taillons jusqu'à Jagerndorf, et rencontra le maréchal à Neustadt. Ce dernier ignorait où se trouvait réellement l'ennemi, car il le croyait dispersé le long des frontières, depuis la Hongrie jusqu'à Braunau en Bohême.

L'intention du roi était de se rendre devant Neiss, oii devait le joindre le duc de Holstein (alors à Franckenstein) avec 7 bataillons et k escadrons; le mare* chai Kaickstein se trouvait déjà avec 10 bataillons et 10 escadrons devant celte ville, où Frédéric projetait d'ouvrir la tranchée dès son arrivée.

Mais il fut obligé de renoncer à ce plan. Il allait quitter Jagerndorf, lorsque sept dragons autrichiens

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déserteurs furent pris et apprirent que la cavalerie ennemie campait déjà à un mille et demi de Jagerndorf, àFreudenlhal. Dès l'arrivée de son infanterie et de son artillerie, le générai autrichien voulait, sui^ vanl eux, traverser les quartiers prussiens et aller débloquer Neiss. Le bruit d'une escarmouche fit même croire que Tavant-garde autrichienne allait investir Jagerndorf; il n'en fut rien fort heureusement, car cette ville ne conlenait que 5 bataillons, 5 pièces de S livres et de la poudre pour faire envirpn quarante charges» L'ennemi escarmouchait uniquement pour reconnaître la position des Prussiens, et sa carvalerie légère avait mission de lui rapporter des nouvelles.

Néanmoins, Frédéric profita de l'avertissement, et, pour s'opposer aux desseins manifestes de l'ennemi, rassembla sans délai son armée. Les troupes de la basse Silésie passèrent la Netsse, et celles de la haute Silésie vinrent le joindre à Jagerndorf. Le 4 avril, il partit pour Neustad^ côtoyant l'armée ennemie qui ae rapprochait de Neiss par Zuckmantel et Ziegenhals, et le lendemain se porta sur Steinau. C'est là que le général Kleist, après avoir levé le blocus de Brieg^ et le duc de Holstein devaient venir joindre l'armée : mais ce dernier ne put être prévenu par lei estafettes du roi toujours interceptées , et il resta alors traiiquiHement à Frauckenstein, voyant passer l'ennemi à sa gauche et a sa droite sans s'en embarrasser.

A Steinau » l'on apprit que le géuéral Lentulua

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venait de joindre le maréchal INeipperg près de Neiss (5 avril): les quartiers prussiens se groupèrent alors autour de Steinau, de manière à pouvoir combattre avantageusement si cela devenait nécessaire. Le lendemain, 6 avril y le petit corps prussien (15 bataillons et 15 escadrons) arriva à Faickenberg pour passer la Neisse au poM de Sorge ; comme Lentulus gardait l'autre bord avec 50 escadrons, le passage se trouvait impossible. Le roi se dirigea alors sur Micbelau, autre pont sur la Neisse, où le général Marwitz avait déjà rassemblé les troupes venues des quartiers de Schweidnitz et du blocus de Brieg, et le 8 l'armée y passa la Neisse dans l'intention de marcher sur' Grotkau.

La neige tombait à gros flocons et, interceptant le jour et les communications, empêchait d'avoir des nouvelles. Lès Prussiens firent cependant prisonnier» quelques hussards qui leur apprirent que le maréchal Neipperg venait de s'emparer de Grotkau, malgré l'énergique défense d'un lieutenant et de soixante hommes qui avaient résisté pendant trois heures à toute l'armée autrichienne. Le nom de ce lieutenant mérite assurément bien de passer à la postérité et d'avoir place dans l'histoire : il se nommait Mitzschefahh On apprit également que le lendemain l'ennemi devait se diriger sur Ohlau pour s'emparer de la grosse artillerie que le roi y avait laissée. Frédéric rassembla aussitôt les colonnes de son armée et les groupa en quatre parties qui se cantonnèrent assez près les unes des autres pour pouvoir se ras-

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.U Hunern A deux millesenviron de MoIIwitz, l'armée prussienne conimença à se déployer pour se mettre en bataille sur deux lignes, sans que Tennemî parût pour l'en empêcher. La droite (voyez la planche II) devait s'appuyer au village de Hermsdorf ; le commandant de la cavalerie de cette aile , le général de Sehullenbourg, ne sut pas prendre ses mesures dé manière à y arriver : aussi il ne se trouva pas assez de place pour ranger l'infanterie de la première ligne, ce qui força à rejeter ;•> bataillons en arrière ; on s'en servit pour couvrir le flanc droit, et cette disposition purement accidentelle contribua comme nous le verrons au gain de la bataille. La gauche s'appuya sur le ruisseau de Lauchwilz, dont les bords sont marécageux et profonds. L'artillerie fut placée devant le front de la première ligne et les bagages parquèrent près du village de Pampitz, à mille pas environ derrière les lignes, couverts par le régiment de La Motte qui arrivait d'Oppeln.

Le comte de Rottembourg commandait Tavantgarde prussienne ; il s'approcha de MoIIwitz, et en vit déboucher les Autrichiens en désordre : c'était le moment de les attaquer ; mais il avait l'ordre formel de ne point engager l'action , et il ramena sa troupe k l'aile droite, dont elle faisait partie.

L'action commença par une vive canonnade, et l'armée autrichienne fut obligée de se former soub le feu de l'artillerie prussienne : le maréchal Neipperg s'était donc laissé surprendre , et cela paraît étonnant puisqu'il avait rexpérience des choses de la guerre»

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