BIStOIRB MILITAIRB
Ainsi 86 termina la campagne de t7&&, qui avait brillamment commencé, mais qui flnit d'une manière désastreuse pour les Prussiens. La reine de Hongrie conçut Tespoir de reprendre les deux Silésies, et ses troupes envahirent la haute Silésie ; repoussées dans cette invasion par le prince Léopold de Dessau, eWes furent obligées de rentrer en Bohême.
Frédéric ne dissimule point les fautes qu'il commit dans cette campagne, où l'on ne voit pas une bataille, mais rien que des marches et cotitre-marches , et nous pouvons présenter la critique de sa conduite au moyen de passages extraits de ses ouvrages : « Aucun général, dit il, ne commit plus de fautes que n'en fit le roi dans cette campagne : la première fut certainement de ne s'être pas pourvu de magasins assez considérables pour se soutenir au moins six mois en Bohême ; la seconde, d'adopter le plan du maréchal de Bellisie, qui le mejia à Tabor et à Budweis ; la troisième, de mettre son armée en cantonnements trop près du camp ennemi,. ••. Il faut, au reste, convenir qu'il est plus diiTicile de faire la guerre en Bohême que partout ailleurs. Ce royaume est environné d'une chaîne de montagnes qui en rendent l'entrée et la
sortie également dangereuses Tout l'avantage de
cette campagne fut pour les Autrichiens, M. de Traun y joua le rôle de Sertorius, et le roi celui ^e Pompée. Là conduite de M. de Traun est un modèle de perfection que tout militaire qui aime son métier doit étudier, pour l'imiter, s'il en a les talents. Le roi est Convenu lui-même qu'il regardait cette campagne
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comme son école dans l'art de la guerre^ et M. de Traun comme son précepteur (1). »
 ces paroles» remplies d'une admirable modestie, rhistorien n'a rien à ajouter.
Il se bornera à présenter une observation relative à Tune des fautes avouées par Frédéric, au reproche qu'il se fait d'avoir marché sur Tal)or et Budweis, Cette marche était une pointe as>c2 audacieuse ; or il est bon de savoir que, dès l'aimée 17/t6, Frédéric II condamnait posilivcmcjU T usage des pointes, comme cela résulte du passage suivant de la lettre qu'il adressa, le 3 novembre 1746, de Charlotlembourg, au maréchal de Saxe , vainqueur k Fontenoy :
<ï Dans les premières années (]ue j'ai pris le commandément de mes troupes, fêtais pour les poinies^ mais tant d'événements que j'ai vus arriver, et auxquels j'ai eu part, m'en ont désabusé. Ce sont tes pointes qui m'ont fait manquer ma campagne rfe 1744* »
(1) Hiitoire de Mon temps^ édition de 178S, Lll, p. UO îi 143*