‹ Histoire militaire de la Prusse avant 1756, ou, Introduction a la guerre de sept-ansChapitre 35 sur 38 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

ClAIPâGNE DE 1745.

SonHAiRE ; Les Anglais arrêtent le maréchal de Bellisle contrairL^nieiit aux [xrinL'ipes du droit des gens. — Mort de TEmpereur Charles VIL — Cûnclusmn de la paix entre la Bavière et FAtiti idie, — Frédéric resserre ses t'antonnements près des gorges des muntagnes par où ['ennemi doit déboucher. ^liépartition de Turméc prussienne- ^ Cette armée s'étend vers la fin d'^avril dans de nouveaux çanloitnements, en ire Patskau et Frankenslein. — Frédérie preod ses mesures pour évaeuer la haute Silèaie, — Belle résista nc-e du général Winterfeld dans la position de Landshut. — Combat de Nenstadt. — l.e roi de Prusse échoue dans sa demande de secours adressée ^ la France- — 11 occupe le camp de Reichenbacb, pnisia plaine qui sépare Jauernick de Sclmeidnilz. — Son ordre de combat. —Balaille de Hûhenfriedlïerg;. — Réflexions sur celle oetion» — L'armée prussienne se porïé sur Landshut. — Position des deux partis auprès de Ku^nigsgnetz, — Frédéric projette d'affamer la Bohême pour enipéiher Tennemi d'y prendre se^ i|uartiers d'hiver. — Escarmouches. —Convention de Hanovre par laquelle FAngletcrre garantit la Silésie à la Prusse, - Prise de Kosel parles Prussiens. — Frédéric se place derrière rEll^e dans une posîlion inaitaquable. — Les Autnchieusehieanent se^ convois. — Levée du siège de Netistadt, — Le roi de Prusse transporte son camp h SLaudenlz, — Défense heureuse d'un convoi de fibrine par son aidc-de-camp MœîlendorL — Incendie de Trautenau. — Frédéric s'afîaiblit par trop de détachements. — A peine veut-il décamper qu'il rencontre Fennemu ^ Habileté de ses manœuvres. - Il remporte à Soor une brillante victoire. — Observalions sur cette bataille* — Le roi de Prusse ne poursuit pas Tennemi et ramène son armée ^ Traiilenau* —11 se retire e» Silésie par le chemin de Sehalzlar et adopte des cantonnements entre îlonstœk et SchweidnitZp — Son départ pour BarUa. —

280 HISTOIRB mUTAIRB

11 oppose aaxBaxoiis 2û,000 hommes commandés par le prioce d'Anhalt. — Mesures préservatives pour couvrir Berlin. — Frédéric songe à tomber sur la Saxe de deux côtés à la fois. — Il reprend le commandement de ses troupes à la mi-novembre. ~ 11 installe son quartier général k un mille de Naumbui^. — 11 campe à Hennersdorf et force ses adversaires k rentrer en Bohème. — Ses lieutenants font évacuer la Silésie aux Autrichiens. ^ Il répartit ses quartiers aux alentours de Gœrlitz. — Le prince de Lorraine revient de Bohême en Saxe^. — Après quelques lenteurs, le prince d^Ânhall atteint Meissen, ville près de laquelle Frédéric groupe une partie de ses forces — Victoire de Kesseldorf remportée par le prince d*AnhaJt^r U\s Saxons.

— Légers dissentiments entre le vainqueur et Frédéric le Grand.

— Jonction devant Dresde des troupes de Frédéric et du prince d*Anhalt. ^ Cette capitale ouvre ses portes aux Prussiens. — Paix de Dresde qui confirme le traité de Breslau.

Une singulière violation du droit des gens eut lieu à la fin de l'année 17â/i. Le maréchal deBellisIc, se rendant de Munich^ où il venait de conférer avec l'empereur Charles Vil, à Berlin, oui;! aHait se cancerter avec Frédéric sur les opérations prochaines, fut arrêté le 20 décembre, avec son frère et toute sa suite, à Elbingerode, bourg voisin de la frontière du Hanovre, par un bailli jet des dragons hanovriens. 11 avait le double caractère de prince de l'Empire et d'ambassadeur de France; il était muni des pleins pouvoirs de Louis XV et de l'Empereur; mais, comme il manquait de passe-port, il fut arrêté, mené ^n triomphe à Hanovre et de là conduit en Angleterre, puis gardé dan^ le château de^ Windsor.

Charles Vil dévora cet affrQnt en silence : il était impuissant à se venger. Le ministère français ré-

DB LA PADSSË. 281

clama, et, après avoir invoqué Tinviolabilité d'un ambassadeur français pour le Hanovre, avec lequel la France n'était point alors en guerre, offrit de payer la rançon de 50,000 livres fixée pour un maréchal de France par le cartel signé le 18 juin 1743 à Francfort entre l'Angleterre et la France (1). Le ministère anglais éluda la réponse en déclarant qu'il considérait le maréchal de Bellisie et son frère comme prisonniers d'État. La gloire de Fontenoy vint bientôt punir le roi d'Angleterre de cette injustice, et, après cette mémorable victoire, M. de Bellisie fut échangé. M* Charles de Martens (2) rapporte que la suite nombreuse du maréchal et le chemin détourné qu'il prit pour se rendre à Berlin firent croire qu'il avait avec |ui des ingénieurs ou officiers déguisés chargés de reconnaître la route et d'examiner si elle offrait un passage commode à l'armée, et que c'est là l'unique cause de son arrestation, parce qu'alors l'Angleterre et la France se trouvaient en guerre. IJ nous semble que, pour faire la reconnaissance du pays, M. de Bellisie n'avait pas besoin d'ingénieurs et d'officiers, et qu'il était fort apte à voir lui-même si des troupes pourraient y passer. C'est pourquoi nous trouvons plus naturelle la raison donnée par Frédéric 11 sur l'arrestation dont il s'agit : c'était une vengeance particulière du roi d'Angleterre, qui voyait en M, de Bellisie l'auteur de la guerre d'Aï-

(1) Voltaire, Siècle de Louis XV, chap. XIV.

(2) Cai^et célèbres du droit des gens.

2§2 UISTOIRB MIMT^ftB

{emagne, Thooiroequi Taviiit f(^cé à donner ^ voix à l'empereur Charles VU 6( qui Pavait contraint, en \lk\ d'accepter la neutralité lorsque le maréchal de Maillebois menaçait Télectorat d'Hanovre. En outre, i'enlèvepnent du maréchal délivrait Marie-Tt^érèse et Georges, son allié, d'un ennemi actif et puissant, ré* sultat précioMX devant lequel disparaissait l'iniquité di) procédé. Jusqu'à nos jours, il semble que peu importe le droit au gouvernement anglais, peu lui importe la justice, pourvu qu'il y ait avantage, profit, lucrp; sa qfi^imq constante, c'est le positivisme de la politique ; l'histoire du début de ce siècle le prouve f^nssi ^ien que l'histoire du xviii' siècle. Et remar* f{Wi rh^^ileté de la nation anglaise : lorsque le fiar Oiqe^ de Londres commet un acte machiavélique, elle Jette les hai^ts criSt elle fulmine pour avoir l'air de ne p^8p$u:ticiperà la conduite injuste du gouvernempnt, tandis qu'au fond du cœur, in petto, elle approuve tput pe qui rapporte, tout ce qui est utile, car, avai^t tout, c'^st une nation marchande, pe qui veut diia Intéressée. Haj^ile rpnerie qui laisse bien loin derr* rièr^ elle l'anpieno^ pandeur française et le don^qui* çbotismp alors si cpûtepx de notre politique l

Un autre éii^énppaeç^ vint encore aggraver la siimn tion, pe fut la rnorj de l'pmperenr Charles YII, qut eut lieu k I^iinjcfa le 20 janvier i7&3. Ce prince avait a}ors quarante*9ept an$ et demi ; il portait la couronne impériale depuis trois ans. Il succombait accablé par les souffrances du corps et les peines de l'&mef Depuis qu'il était empereur, il n'avait cessé d'être nniU

avenir le» j^ml)Ui§H¥ 4a d^-pg^r 4^ grit^d^uç^. qpi i^ânt un f^^efMD qu'il f«Mt avair 1» farfig ^i» wpp^rMtrt Cette flaort j^M^qjvAit liii Ijg!^ (}ef prinsM »)l$rq»9(l9 (son^ce l'AtitFipbe, e( gr^paraU l'^if^tifin ^l'enopira 4^ l'épojii 4^ )» rgjpe de BongrÎQ.

^QP§()d»n^ je p^])ipetçl^ YersaiUe^ gh^lçU pgUF SPB csn4Jidaj;^renapirpi'^)pçKui^<|e^a^S» A^SHSlS |Ui XÇt\ de Pplogn^, et, coD^noie ce prpjpt devait (M^n^i^ qp^ rHBtpr« pptrfl ad^rje-Thérè^e pU«g»i^. (i<èBi î| ay^t ^ «^ plaJR4pev |Fré(Jéric l>4opt^ Ij ^é¥W«fc n^nrnpln^ gpe cç serait le gr^q^-duQ, épgi» .^e |a» «ïipe.dfiPRligjâ^» flHi obtjpndr^ l» ggJIfppBfi iWBIjr Fij^lej il préyey*|t égftlpipeot fm§ l'arn^é» dss *lljè 8Pi:jùt iq^llipuFpse, en B^yi^rq et gue 1^ F^MOM^ ^'j^girîHent é|}§rg|iiuei»en^ Qu'PB Flapjlr». pfr f^'^ PftHfqpoi, yqi}]fir}t 6p roénagpr m ?PPuft il «Pt*»! dgâ BégQQi?t!op§ 4'allif nfi^ ayeç l'^flg^t*?»^^' pHJfi» IB»n»fiJ 4^ front 1» politiqpe §1 (es affeitp^ ini!iNF«i. eçtmm Pfi fMJt ^oujQjir» ^gp l)%l}it»4« /cQo^tftnte. il fQEffiA »n Silé^iç 4^ iPftga8jp9P»ii»idéi{^,9^4'ftppcft:

Vi^PPOimpOt; il ppnH>iét» et rgipqpt» jwe (roppM, <t»(QUt Ift c«yj|}erie, f( dépeP9a 4 se^ pr^iuwatifs d» gusr^e ?,§PP,Aaaéçu», dont i,gpû,9i)() «ïAQ^é&pM les États à titre d'emprunt. Puis il partit de Berlin le 1^ i»»i-i popp 8p r«pâf6 0q ^ilisie.

Bn chemia il apprit que le nouvel éleeteup de Bavière venait de signer (22 avril) avec ta reipe de |lppg;rie le Trqité de fuss&^, p^r }eq|i^l il r6nQi)£<|i^t pour lui et sa. pMtMt^» à toutes prétentieiw sur les

9SS msTOiu niiTAmB

États de la maison d'Autriche (1). Frédéric et la France forent indignés de ce traité : le premier accosa le maréchal bayarois de Seckendorf de trahison, et dit toQt haut qoMI était depuis longtemps vendu à r Autriche, parce qu'il engagea son maître à conclure la paix ; le cabinet de Versailles appela ce traité une hanleuse défeeiian (2}. Malgré ces hauts cris jetés par les puissances intéressées, il Taut reconnaître que le traité de Fussen Tut un acte de sagesse de la part du jeune électeur Uaiimilien 111 Joseph, qui n'avait pas encore l'âge voulu pour aspirer à l'empire, car la Bavière, accablée par les maux que la guerre entraine après elle et pliant sous les contributions que lui imposait l'Autriche qui l'avait envahie et soumise, aspirait grandement au repos. Avouons le, du reste, franchement et en dépouillant tout sentiment exagéré d'amour-propre national mal entendu, l'empereur Charles ¥11 n'avait-il pas été un ressort, une marionnette que la France faisait jouer à volonté, et son fils n'était-il pas destiné au même rôle? Rien d'étonnant donc à ce qu'il ait voulu se soustraire à cette destination en faisant la paix avec l'Autriche. « L'exemple seul de son père, à défaut d'autres, n'était-il pas une ; terrible leçon pour lui, qui sentait que le repos

(1) En 1778 rempereur Joseph 11 alla plus loin encore et se fi céder la moitié de rélectorat de Bavière; mais Frédéric, par ses armes et ses négociations, annula cette cession et obtint le traité deTeschen (13 mai 17/9}, dont Thistoire a été publiée en 1783,. k Neufchàtel et à Genève, saos nom d'auteur (in-8 de 148 pages).

(3) Flasian, UiêL de la diplomatie française.

DB LA 1»RUSSR« 285

de toute une vie paierait trop cher quelques lambeaux du manteau impérial? Que le ministère français ait vu avec humeur lui échapper l'instrument sur la docilité duquel il avait compté, on le conçoit; mais l'histoire devrait être moins prodigue de ce grand mot de défection qui finit par ne plus exprimer que le désappointement d'un calcul (1). »

Le roi de Prusse eût pu prévenir les Autrichiens en fondant sur leurs quartiers en Bohême ; mais, se rappelant qu'une pointe hasardée avait amené les mauvais résultats de la campagne précédente, il renonça à ce parti, qui. pouvait devenir funeste, et résolut de resserrer ses cantonnements au centre de la Silésie, près des gorges des montagnes pareil l'ennemi devait déboucher. Son intention était d'attendre dans cette position l'apparition du duc de Lorraine, de le poursuivre en Bohême, de fourrager le pays sur une largeur d'environ 12 milles le long des frontières de la Silésie, puis de ramener à la fin de l'arrièresaison seô troupes dans cette province pour les établir dans des quartiers tranquilles. Ce plan semble sage ; mais nous ne voyons pas, dans la position choisie par Frédéric, une analogie bien frappante avec la position occupée par Ânnibal à la bataille de la Trébie (218 ans av. J.-C), dont le gain fut dû à une embuscade habilement préparée, quoique M. le général de Lossau fasse à ce sujet, dans son ouvrage intitulé Idéale der Kriegfuhrung (2)» une comparai-»

(1) Paganel, Hist. de Frédéric le Grand, 2* éd„ 1. 1, p. 318, note. (3) T. m» i'* partie, p. M. ^ Garrion-Nisas, dans son ffi>(oire

S86 HI8T0IAB MILITAIRE

son spéciale entre les Carthaginois et tes PrUffiiënâ.

Yôiei qcrelle était la répartition des corps prassicns :

10 balailtons» 10 eâcadrond 6t 500 hiissdrds; piafeéa souâ les ord^e8 du lieutenant-général TmchséSj forinaient, de là fjusacé au cohité de Glatis^ ûfoè chaîne dont les patrouilles visitaient le lèri^èin ju^ae vers Schatziar, BraunauetBœbmisch-Friédiand;

iiè général de Lehwald, avee 10 bàtàillani et &00 hussards, gardait le pays de Olats; il y avait en outre 3 bataillons en garnison dans la forlêre^de de oelté ville i^ous le commandement de M. de Fouqueti

Avec 16 bataillons et 20 eseàdron»^ le margrave Charles « petit-fiis du Grand-Électeur, couvrait \es frohtières de la haute Silésie.

A la tStd dé 5 bataillons et de 16 edcàdrons^ M^ de Ilabtdfiat-mby dëferidait la partie de la haute Silésiê située au delà de TOder.

Le gf'os de Târhiéé se trouvait cantonné entre Breslau, Brie^;, Schweidnitz^ Glatz et Neiss.

Le quartier-général et lé roi étaient à Nëiss même. Une maladie ooittagleuse décimait alors Tarméë pttài^eDife.

Les ennemis avaient eu^ èomme nous Tavdns vtl danf le 6hapitr6 pfréîclédent^ la supériorité nnf les Prussiens daifs les reneontreè, les esearnnfddbbM^ lés surprises, lesrdévastAtionsi en un mol dan^r Kfttt ce que Ton appelle la p^ite guêtre j et celagrAce à Imrs

dé Part militaire ({. 1, p. 2/16 et ^div.), compare plus heureusemeot )a bautf Ite de ta Trébie à ceUé de Làzârà» fs^M stif le prince Ëtt«èae^ en iie^i par les Franfaîs.

tÉ La pùiJssE. §87

excellentes troupes légères. Ils se le rappelèrent et voulurent recommencer, dans l^intentioii d*user les trUssîeris par la multitude des affaires de postes et pariin harcèlement iricesSànt.Ùn corpsdè l2,00CîHon- ^rôis fut chargé de cette tiiîssîon et dut faire des incursions dans là haute Silésîe. Le roi fut obligé d'en- Vôî^erdesdétachehients contre eux; M. de Winterfeld se distingua dans les petits engagements qui eurent lieu et qui prêludèreiit à des actions plus sérieuses.

Vers la fin d*àvril, Frédéric lî sentit la nécessité de rassembler son armée, car, le printemps s^avan- Çànt, il fallait se {rôiiver en ^tat de pouvoir pousser îfUètiïèïti les ot)ératioiis ; il le fallait d'autant plus ^Uë le conseil donn^ par (ord CÎiesterlield au ministre prussien k Là Haye, df appuyer par des actes éhergiquis les négociation^ de là Prusse avec V Angleterre^ était d'une parfaite justesse : aussi fit-îl entrer son armée dans des cantonnements entré t^atskau et Ffàfikenstèirl. Il fit aussi préparer des chemins pour quat?e colonnes et dès càHiôniiements à «tœgerndorf, Glalîs et Schweidnilz, parce qù^il à*àtlën({aii à voir rënrtëtaî débôdchét par là des montagnes, comprèriant que les Hôrigrôîà ëdvôyés en haute Sitésie avaient p6ur déétirtatiorî de lui dôtiher le changé, pendslnt qtie \é érd§ deà forées àatinchienhès cfeefchëi-aii à pénétrer en Silésie par Landshut. Aussi persévérat-il à Vouloir tenir èeS fôfcés doricérilrées, et prit-il la résolution de terminer (a crise par une affaire générale avant de voir seff forces fendre dans vm foùlë de petits engagements •

288 HISTOlhB MlUTÀIBË

Il adopta les mesures nécessaires pour évacuer, avant la fin du mois de mai, la haute Silésie, à Texception toutefois de la forteresse de CoseL Les magasins de Jaegerndorf et de Troppau furent transportés à Neiss, et le convoi qui effectua ce transport fut couvert pendant sa marche par un bataillon et i ,200 chevaux , de sorte que les Hongrois tentèrent vainement de Patlaquer.

Le général Winterfeld fut chargé de défendre la position de Landshut : attaqué par le général Nadasli à la tète de 7,000 hommes, il résista bravement, malgré son infériorité numérique, car il n'avait que 2,&00 hommes avec lui, et repoussa les Hongrois jusqu'aux frontières de la Bohême, après leur avoir fait perdre 600 hommes dans celte affaire. Sa belle et intelligente conduite depuis le commencement de la campagne valut à M. de Winterfeld le grade de général- major (1).

Le margrave Charles fut alors rappelé de la haute Silésie ; 6,000 hussards hongrois battaient la campagne de Jaegerndorf à Neustadt pour l'empêcher de rejoindre l'armée ; mais l'ordre du roi, qui lui fut apporté par les hussards de Ziethen, était positif; il se mit donc en marche (22 mai) avec toutes ses troupes, formant environ 12^000 hommes. Il ren-

(i) Histoire de mon temps, t. II, p. i9/i-195 ; Frédéric dit le caractère de major-^énéral. — Consultez, sur le style du conquérant de la Silésie, Tlntroduction du recueil que j'ai publié en 1S57, sous ce titre : Oftinions et maocimes de Frédéric le Grand^ grand in-i8«

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conlra 20,000 ennemis qui voulaient lui barrer le passage à Neustadt, et les repoussa dans un combat oii la cavalerie se distingua d'une manière brillante sous la direction du général de Schwerin. Ce com-* bat de Neusladt est une date remarquable pour la cavalerie prussienne, c'est l'aurore de sa réputation»

a Sous ces heureux auspices, toute l'armée prus* sienne fut rassemblée, \e 28 de mai. dans le camp dé Frankenstein, à l'exception des troupes qui gardaient les places et d'un corps de 6 bataillons et de 20 escadrons f avec lesquels M. de Hautcbarmoy faisait face au général autrichien Ëslerhazy, pouvant se re* tirer dans les forteresses de Kosel, de Brieg et de Neiss, au cas que la supériorité de l'ennemi l'y for* çât (1). »

Frédéric avait réglé èi l'avance son plan d'opéra* lions pour la campagne qui venait de s'ouvrir ; mais> sentant tout ce qu'il y avait de critique dans sa posi-» tion, il voulut ne rien négliger, et s'adressa à ses alliés. Comme la France seule pouvait le secourir, il la pressa de lui donner assistance. On lui répondit que la victoire de Fontenoy, remportée par les Français le il mai 17/^5 sur les Anglais^ les Autrichiens et les Hollandais combinés, ainsi que la prise de Tournay et d'autres places flamandes, à la suite de cette victoire, formaient une divemon en sa faveur. Il écrivit alors directement à Louis XV, lui disant qu'en 17&&, lors de sa maladie à Metz, il avait en«

(1) BisMre de mon ^emjw, t. H, p. 198*

MO H1ST0IE8 AULITÂiai^

Tbhi la Bobétnè pour rappeler les Àulriehieos d'Ah Sftoe, et^ en mémoire de ee service , lui demandant ut) secours plus efficace qu'une diversion en Flandre, qui ne lui était pas plus utile que le serait la prise de Pékin ou une bataille gagnée sur les bords du Sea^ mandre. Cette comparaison déplut au roi de Frabce : sa lettre au roi de Prusse fut froide et hautaine» et Frédéric s* en piqua. Évidemment Talliance des deux peuples ne pouvait durer longtemps.

Pendant cette négociation ^ Tarmée auâtroHsaxonné s'approchait des frontières de la Silésie. Les Autri^ chiens vinrent par Kœnigsgrsetz et Jaronûrta, M Saxons par Buntziau et Kœnigshoff : ils se joignirent à TrautenaU) et de là s'avancèrent sur Sohateilar.

Le général prussien Winterfeld, qui se trouvait à Landshut) comme nous Tavons vu, reçut Pordre de se replier k l'approche de l'ennemi, et de rejoindre lé corps de Du Moulin, afin de gagner avec lui jusqu'à Schweidnitz. Après avoir fait répandre adroitement le faux bruit qu'il abandonnait le pied des montagnes pour se mettre sous la protection du espion de Breslau^ le roi de Prusse quitta Frankenstein avec toute son armée, et occupa le 29 mai le camp de Reichenbach« à*une marche de Schweidnitt. Le 1** juin, l'armée prussienne, continuant sa marche, dépassa cette place forte ; les corps de Winterfeld et de Du Moulin, for* mant son ataht-garde^ occupèrent la hauteur de Strîegau, en deçàdu ruL^eau nommé le Sttiegau* Wasser; le corps de M, de Nassau garnit le Nonnen- Busch, et l'armée se campa dans la plaine qui s'étend

ftt LÉi rnimm . 39t

antre Jâuerniok et Sehw^idnitii Cette poétiiou était fnvorabie^ car te Nomlen^Busch et des ravhis dfesimtilaidht la présence de la {iartie la plaë conadët^abtl des trûupefi prussienaès^

L*ataii{4gat'de minetniei eômmàndéb iDar les géiiémux Nadaàtî et Wallis, parut la première aixv loi tmd« tediis de Freyfoyrg. Lé prince de Loh^aine pénétra m Silétfie pat* Landshut^ puis marèha sur Reiobenao et Heheni-Henneradorf : il pourait delà descendre dans U ^ftine par Freyburg^ Hohefifriedberg, Sohwina^ ba«s el Cander. Le ^oi reconnut auséitôt lui^noéme eeti environsi iet fit réparer les chemins, afin de faci"" lit«f les moutemënts tiltérieui^ dd ses troupèsé

Le 2 jnin, les généraux autriehiens et saxons tin^ r^lit cùi^t^i près de Hohenfriedberg. D'âprto les résnlutions pHses dans ce conseil, le prince de bor<^ raine dut camper le lendemain à Langenoiâle ; Wallis eût t)rdre de s'emparer du magasin que renfermait Sthweidhitî, et de poursuivre les Prussiens à Bt^eslau i le duc dé Weisiensftelô, avèc ses Saxons, recul l:à mission de prendre StKegau, et de se porter eUsuite sur la place de Glogau poUM'asstégef . Ce pï'qjeteûl gttf fort bon si tO^OOO Prussiens ne se fussent pas tt*OûYés.la pMt en entraver rèxécutionj mais leé ^ttsti-D- Saxons Ignoraient la présence de Tarrhéti prdssietlilei dt)nt ils n' avaient pu apercevoir que de petite corps^ gràcé à r^xe^Uente positiuri ehoi«e paf Ffêdériô.

Le S jUiU, en VisitaM ëeS afAntrposles^ le roi dé Pt'Ulse irit rtirmée d«d «nn^mis 4^ir .4^ miWt«sntÉ

292 HI8IOI1B miJTAIU

sur huit colonnes : leur droite s'appuyait au ruisseau de Striegau, et leur ligne s'étendut ensuite vers Hausdorf et Ronstock; leur gauche « formée des Saxons, aboutissait à Pilgrimshayn (voir la pi. lY).

Le général Du Moulin reçut aussitôt Tordre de décamper à huit heures du soir, de passer le ruisseau de Slriegau , et de prendre position devant la ville^ sur le mont Topaze* Le soir, Tarmée se mit en mouvement par la droite, sur deux lignes, dans le plus grand ordre et le plus grand silence ; il était même, remarque Frédéric, défendu de fumer^ ce qui est une interdiction rare et une véritable privation pour des Allemands. A minuit, les têtes de colonnes arrivèrent à proximité des ponts de Striegau, et là on attendit que tous les corps fussent bien serrés ensemble^ Cette marche nocturne d'une armée entière forme un mouvement extraordinaire digne de tous les éloges.

Le k juin, à deux heures du matin, Frédéric II réunit les principaux officiers de son armée pour leur expliquer les dispositions qu'il venait d'adopter pour la bataille. Voici son ordre du jour, qui développe Tordre de bataille prescrit :

« L'armée se mettra incessamment en marche pàt la droite, sur deux lignes ; elle passera le ruisseau de Striegau ; la cavalerie se mettra en bataille vis-à-vis de la gauche de l'ennemi, du côté de Pilgrimshayn; le corps de Du Moulin couvrira sa droite ; la drmte de l'infanterie se formera à la gauche de la cavalerie, vis-à-vis des bosquets de Ronstock ; la cavalerie de la gauche s'a^puyerit au ruieseau de Striegau , gtf«

Hùsùiire mHàairt» de liz 2*ruM0par ^ d. de la Barre Jhs^ arcq .

DR LA PRUSSB. 293

dant au loin à dos la ville de ce nom; 10 escadrons de dragons et 20 de housards, qui composent la ré* serve, se posLeronl derrière le centre de la seconde ligne, pour être employés où il sera besoin ; derrière chaque aile de cavalerie un régiment de housards se formera en troisième ligne ^ pour garantir le dos et le flanc (1) de la cavalerie^ 9\ le terrain va en s'élargissant, ou pour servir à la poursuite ; la cavalerie chargera impétueusement l'ennemi Tépéc k la mainj elle ne fera point de prisonniers dans la chaleur de l'action ; elle portera se^ coups au visage (â) j après avoir renversé et dispersé la cavalerie contre laquelle elle aura choqué^ elle retournera sur rînfanlerie ennemie, et la prendra en flanc ou â dos, selon que l'occasion s'en présentera; Tinfanterie prussienne marchera à grands pas à Tennemi; pour peu que les circonstances le permettent, elle fondra sur lui avec la baïonnette; s'il faut charger, elle ne tirera qu'k 150 pas; si les généraux trouvent quelque village sur les ailes ou devant le front de Tennemi qu'il n'ait pas garni, ils l'occuperont, et le borderont extérieuremeut d'infanterie, pour s'en servir, si les circonstances le permettent, à prendre Tennemi en flanc; mais ils ne placeront de troupes ni dans les maisons, ni dans des jardins, pour que rien ne les gêne et ne

(1) Frédéric, on Je voit, renforce ses ailes par uue disposition €n arrièrie» mais plus éloignée qu^à KIoLlwltz et à Czâsîau, et consîslant ici en cav:i1erie.

(2) A PharsatOf Ct^sar rrcomnian liait aussi k srs soldats de frapper rennemi au visage, -

99A BISVOiW «ItlT^klRB

le» ^mpAfihe do pourrai vn« oei» quMU auront vainous. » Uemarquonsi o» passant, qa*il résulta de oat ordre que Frédéric iqlerdil les feiu à sa cavalerie, et prM* prit k bof^ infaoterte de ebarger reonemi à la b»ion- »ette, en lui recommandant de faire feu aeulempnt à petite distaoce« Ce aont 1^ dee pi*Qgris réela en lait d'art militaire, i^lativement à ee qui se pratiepiatt avant lui.

A peine Tarmée prussienne commençarirseUe |i passer le ruisseau, suivant les instructio»» doDnées par Frédéric, et rapportées ci-dessus, que Du Moulin Alt obligé de changer sa position : ayant aperçu de riufanterie ennemie placée vis^à-^vis de lui sur une hauteur, il sq posta sur une hauteur opposée, de manière à déborder la gauche de Pennemi. Cette infan*teria était sa:(Qnne; elle avait Tordre de s'eqopamr de 8triegau, et fut, étonnée de trouver des Prussiens devant #Ue, L«e roi fit établir sur le mont Topaae uae batterie de six pièces de 2/i, qui jeta la cenfuaiep dans les rangs ennemis : Taile droite de la eavaierie pni»> sienne se forma aous oette batterie, les gavdeadii corps joignant! la division Du Moulin, et la gandie fl'appuyant aux bouquets ^e bois de Ron^tock.

Le corps entbr du duc de Weissenfels a^ava&ça pour soutenir son avant^garde, qui étai( obafgée de s*emparer de Striegau : il fut canonné par la batterie du ment Topaae. Deux charges do la cavalerie prussienne suffirent pour mettre en déroute ia cavalerie saxonne, et les gardes du corps taillèrent en pièces les deux bataillons d'infanterie qui s'étraient présAçtée,

dès le début de racUon, devant hi troupes du général Du Moulin.

Alors le régitmnt d'Anbalt et léa grenadiers pruastens marchèrent sur Tinfanterie saxonne, qui se formait dans les bouquets do bois, l'cbranlèrent, la délogèrent d'une digue où elle voulait se reformer» puis traversèrent un étang pour attaquer la seconde ligne sur un terrain marécageux. Les fantassins saxons lâchèrent pied promptement, plusieurs de leurs bataillons se rallièrent sur une hauteur pour couvrir leur retraite, et se formèrent suivant un angle saillant présentant la pointe à l'attaque; mais, pris en flanc par la cavalerie prussienne de la droite, déjà victorieuse, assaillis par Tinfanterie prus^nne d^é^ bouchant du bois, et menacés par des troupes dâ la seconde ligne, amenées par M. de Kaleikstein, ils s'enfuirent de nouveau. I>es Saxons se trouvèrent ainsi entièrement dispersés avant que la gauche de l'armée prussienne fut foi*mée. Cette gauche ne s'engagea même pas immédiatement avee les Autrichiens : il se passa plus d'un quart d'heure avant que l'on en vînt aux mains de ce côté.

Malgré les avis qu'il recevait, le prince de Lorraine, établi à Hausdorf, ne voulait pas croire que le bruii de la canonnade et de ta fusillade entendues f^t celui de l'engagement de ses Saxons avec l'armée prussienne, pensant que c'était le bruit de letir attaque sur Strîegau ; enfin on vint lui dire que le corps du duc de Weissenfels était en fuite. Alors il donna ses ordres k la hàtOt et l'armée autri(^ienne slaYança

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lentement dans la plaine qui s*étend entre le roisseau de Stri^au et les bosquets de Bonstock , et qui est entrecoupée d*uii grand nombre de petits fossés servant de délimitations entre les propriétés des paysans. Aussitôt que le margrave Charles et le prince de Prusse se trouvèrent à portée des ennemis, ils les chargèrent si vivement qu'ils plièrent. Les grenadiers autrichiens utilisèrent habilement les pelits fossés dont nous venons de parler pour couvrir leur retraite ; mais, chargés deux Tois à la baïonnette par le régiment des gardes , ils ne purent se retirer avec ordre.

L'aile droite de Tarmée prussienne n*avait plus d*ennemis devant elle depuis que le duc de Weissenfels avait été obligé de rétrograder avec les Saxons : aussi Frédéric lui Tit-il exécuter un changement de front (1 ) pour la porter sur le flanc gauche et sur les derrières des Autrichiens. Ce mouvement fut un peu long, parce que les troupes de la droite de Tarroée prussienne éprouvèrent des difficultés (2) à traverser les t>ois et les marais de Bonstock,» de sorte qu'à leur sortie de ces t>ois et marais pour attaquer l'ennemi^ la gauche des Prussiens avait déjà gagné un espace considérable de terrain. Cependant la cavalerie de cette gauche avait été retardée par un accident : le

(f ) Par un qoart de coùversion (ancieD style). L*armée prussienne exécute ici un changement de front sur sa gauche, Taile droite en avant.

(2) Suivant Frédéric, cette droite brossa dans les bois et dans les marais de Ronstock. Hi$t de mon temps, t. Il, p. 8tk

BB LA PftUSSË. 2d7

pont du ruisseau de Striegau s'étant rompu (i) dès que les dix escadrons de la brigade Riau Tavaieut passé. Le général Kiau prit alors te seul parti convenable : il attaqua la cavalerie ennemie avec la sienne; la réserve, commandée par le général Ziethen , le soutint, et tout ce qui se trouvait devant lui ayant été culbuté, M. de Nassau, qui commandait la gauche de Tarmée, eut le lemps de faire passer à ses troupes le ruisseau à gué. Dès que cette aile gauche fut formée, elle acheva la déroute de la cavalerie ennemie^ déjà culbutée par les généraux Kiau et Naâsau. Kn se glissant avec son infanterie dans le village de Fregebeutèl , d'où il tirait d'enfilade sur la cavalerie autrichienne, le général prussien de Pblentz côntri-^ bua à ce succès.

M. de Gésier commandait là seconde ligne de l'aile gauche de l'armée prussienne. Il n'y avait plus pour lui aucune gloire à acquérir dans ce poste ; il revint vers l'infanterie prussienne, viç-à*vis de laquelle les Autrichiens étaient en désordre, fit ouvrir l'infanterie pour obtenir passage, et, se lançant par cette ouverture sur trois colonnes, il attaqua l'ennemi avec furie et en sabra un nombre considérable; il fit prisonniers 21 bataillons autrichiens et s'empara de 66 drapeaux. Cette diarge glorieuse mérite^ suivant l'expression de Vvéûérk^ d^étre inscrite en lettres d*ùr dans les fastes jmissims.

(i) C'est le pool et non la brigade, comme la dit par erieur jfminù qui se rompit. Le passage de Frédéric à cet é^ard est

Pendant celte brilUnlQ i^ciion, la, drcHt^ dm^ Prua- ^m%^ ae pqptant eyr le flâne du prince (to Lorraînç, aç)a.evait de jeter )e désordre parmi ses troupes, qui s'enfoireiit à ia débandade vers les montagnes, Les SaxQos se sauvèrent par SeyffersdorXt les Autrichiens se retirèrent par Kauder et Hobenfdedbepg; sur ee dernier point se trouvait leur arrière-garde, aux ordres de Wallis et Nad^sti, qui n'avaient point coidbattu et couvrirent leur retraite. Les Prussiens tes poursuivirent jusque sur les hauteurs de Kauder; noajist Gomnfte les kaiiteurs de HQhenfrtedberg occupées par les vs^inous donoinaieni sa gauche^ le roi de Prusse contrit qu'il fallait laisser échapper les fuyards» et il arrêta sea trQU|>e6 pour leur donner quelque repos.

Im Augtro-Saxcaia laissaieni comme trophâes à Frédérie k généraux, 2,000 officiers et 7,000 honv mes, tous prisouBief s ; fô drapeaux, 60 canons. Lear perte en nK>rts montait k &,00Q hommes. Les Pfiifteiôus eurent environ 1,800 hommes hors des raaga, tant morts que blessés.

T^Ue fut la bataille de Hobeniriedberg, ia tmsiàme qui se fivra pour décider à qui resterait la Silé' «e; ukw ce m fut pas la deirnière, elbien d'aàitres eooort ph» ianglantesiç&dc»nerointpQiir la pnssesr «îûfi de cfittft Qontfée. Qwmd les sùuvemim j^m^t dei provinces, remarque à cette ooemask Frédé»ia U^ks hommes sont lesjeUyixs qui les paient. Le jeu de la Silésie, qui eut lieu entre la Prusse et TAutriche et qui fut gagné par la première, coûta à ce compte» peur

ôCiiitQUf^r Ia âtmi^raliaR do mouasifiie éèrivaifl, pirèB 4-UQ million âe^atoné, comme ledémcmtsd T^irtâire.

ce Lot combinaisao» de Frédéric paur iar bataille de gQhënfmdbérg , dH le g^éral Jomini dans eon Trètié ti(cs( grmides Bpéraiifms (1), eoni iwinB eàiitl>edit des plus savantea On doit les plus grande élogee It rbabiieté avec laquelle il sut efaoisir sa pesitjon, aQn d'attendre l'armée ennemie au d^bouobé des govgeB. Qn yait par la rela^n que l^aile gauche eniienûq, formée de Saxons, était déjà accablée avanl qâ*cn €k&t rîen diepesi peur la soutenir. Mrsqii^eUe eut "été mise hors ^ combat, le centre fat alors i^a4|iié de fvQul #1 sur 8^11 extr^e gauche par une masse de Ibrcei; impMMte ; il était donc diffloile .qii*)l m. M p^$ b^H e| culbuté avant méoie qiie F attaque bien combinée de la cavalerie commandée par Gedcr v|a( meHn m term« h 6»a réuatanoe. Jamais Uem^loi dil$ tremper »e présenta une applioatioa ptaïai exMfe 4?s priRfiipes. ^ te système dee grandea opératiaiis 4« Frédérii} avait été. au piveau dee son systèoie ^ bat^llis^» iVmée ftutmbie^ne auratt éMt détriûle, ear Cflle dprpi i^t^it une dee pina belles qp41 ^t jamais spe^i mai$^ k cf^tte épaque, ou ignorait Karl de pra- ÔtQf ^ Ift vioti^re, et i^p méconnaissait riBMneaae »¥a)>^Ag^ d^ j^fmm vi^^ment une armée battue. «^

Uéloge est complet, et, décerné par l'écrivain célèbre auquel aous rempruntons, il rï'm eel que plus

(1) ÉdUioa de 481S»J. h p- 37, ^. --Ëâltion â» iS&i; I. I,

p. i'^ ; U^ deralèfs pbra^ 4e i» cîtatioa man^us dans celte i

SOO mSTOIlB HILITAIIS

méritoire. Au reste, Frédéric II loi-même se montre très satisfait de celte bataille; le ton entier de sa relation rindique, et ce n^estplasce style de mauvaise humeur qui perce dans sa relation de la bataille de Mollwitz et que nous avons eu soin de signaler dans notre neuvième chapitre. Suivant lui, ce fut la ruse qui prépara cette action et la valeur qui Texécuta : il n*y eut aucun corps de l'armée prussienne de repoussé; de 6& bataillons, 37 seulement prirent part à la bataille et remportèrent la victoire. Et il ajoate ; Le monde ne repose pas plus sûrem$rU sur les épaules d^ Atlas que la Prusse sur une telle armée.

C'est après cette victoire qUe Frédéric écrivit à Louis XY ce billet d'un esprit tout français : « Je viens d'acquitter en Silésie la lettre de changé que Votre Majesté a tirée sur moi à Fontenoy. »

Cependant, la bataille elle-même de Hohenfriedberg, qui tourna entièrement à l'avantage dés Prussiens, donne lieu d'observer combien, malgré les précautions inventées et prises par la prudence humaine, le hasard conserve toujours ses droits. Cette réflexion s'applique à toutes les choses dece monde (1); mais elle se trouve particulièrement vraie pour les affaires militaires. Un singuliei* quiproquo manqua de nuire aux Prussiens. Au commencement de la ba-

(i) Gomme inSuence du hasard sur la destinée des hommes, Napoléon citait à Sainte-Hélène le fait suivant :

• Serrurier et Hédouville cadet marchent de compagnie pour émigrer en Espagne; une patrouille les rencontre : Hédouville, plus Jeune, plus leste, franchit la frontière, se croit 1res heureui

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