‹ Histoire militaire de la Prusse avant 1756, ou, Introduction a la guerre de sept-ansChapitre 36 sur 38 · DE LA PRV8M» SOI · texte numérisé non relu

DE LA PRV8M» SOI

taille, Frédéric envoya 10 bataiHons de sa seconde ligne, commandés par le lieutenanUgénéral de Ka- Ickstein, renCorcer le corps du général du Moulin» et il adressa aussitôt par un de ses aides-de-camp Tordre au margrave Charles d'aller remplacer le général de Kalekstein dans le commandement de la seconde ligne d'infanterie ; mais Taide-de camp comprit mal et dit au nmrgrave de renforcer la seconde ligne de sa brigade qui se trouvait à l'extrémité de la gauche. 11 y eut donc un faux mouvement^ et, si le prince de Lorraine avait su voir cette occasion et en profiter, il pouvait prendre en flanc la gauche de Tarmée prussienne» qui n'était paa encore appuyée au ruisseau de Striegau. Fort heureusement, le roi s'aperçut à temps de la bévue commise par son aide-de^camp, et il put la redresser avant qu^elle eût occasionné quelque événement funeste. Ce fait prouve toute l'importance de la bomie transmission des ordres : il faut donc que les officiers qui remplissent les fonctions d'aides-de-camp soient intelligents et surtout bien habitués à la manière d'être et de dire du chef de l'armée. En outre, lorsqu'ils n'ont pas suffisamment entendu ou compris un ordre, il vaut mieux qu'ils se le fassent répéter que de s^exposer à le raj^porter

et va végéter misérablemeat en Espagne; Serrurier» obligé de rebrousser dans l'intérieur et s'en désolant, devient maréchal. Voilà pourtant ce qui en est des hommes, de leurs calculs et de leur sagesse l »

M. Damas-itlnardf Opinions HjugtmenUde Napoléon^ 1838, au

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d*taiie mantèrt faurae» Jet)féfère mille foiét à là mâlfii* di^eésede i'àide<-de-camp de Frédéric à Hohetifrmd^ borg, raûdaoe de cet aide^de-^amp de Gustave- Adblphe, qui prit sur 4ui de changer un ordre; maid ii esl donné à peu de miiilaifes d*être dèd Torstensdti et de sauver Tarmée dont ilfi font partie par une dée^ ébéisèance sublime.

I^e iehdemnin de la bataille, lesgénértiux eu Moillin et de Winleribld furent envoyée à la pduttditë dee Autrichiens. Ils led joignirent pi'ès de Landëhut; mais, au moment où ils arri?èrent en <;e point, ië prince de J.orraine venait de déeamperi chargeant Nadasti de protéger sa retniite. Alors du MouliM oe^^ éupa le eamp abandonné piir Tennemi, Wintéffeld attaqua Nadstôti; le mit en fuite après lui avoir tué SOO hommes et loi avoir pris lâO prisonniers, et te poursuivit jusque feur les frontières de la Bohême^

Lé 6, rar^mée prussienne se porta sur Landshut, suivant ainsi le norps du général du Moulin qui Tàvait deVànoé. L'avant^^garde poussa jilsqti*à StârckBtAdt, el là elle ttt)pf»it que lefe ehlîemîs,qui avaient tfaveiilé Tfauienau, se U-ouvaîent èi/Jaromilx t d'apt*èst fceà nouvelles; elle ^ril position à Scalil*. Quant à l'af^ ihéè t>ruàsienrte, elle ftiarchd pal- Friedland et Nft^ chod, déboucha des montagnes et se déploya le long aelsMéiau. iMÈ AûtHchièris campâiefit alort derrière TElbe, eiîlre Smîrgîlz et Jaromilz. Nadasli, à la tète de 6»000 hommes, voulut disputer à Tavant* g&rde prussienne le pftssagë de la MéttftU} maiftil fut culbuté. Le lendemain, cette avant-garde, ïéhrorcéé,

se porta à Caravalhota^ puis ie roi te mit à èh téte^ et^ poussant jusqu'à KœriigsgralE, Moupa te terrait! entre Ruseck et Diiretz^ s'ilppuyant doiic> d'une parti à l'Ëibe et, d'autre part^ à l'Adler. L'armée pirud^ eienba campa^ bous les ordn» du prinœ Léopoid» & \àk quart de milla environ plus en àrridre^ dat)8 une position où il était impo&sibie de l'entamer. Le princft de Lorraine livait aufi»i pris, en se rapprochant dtt Knsnigsgrsetx, une position inattaquable vis-.à-vis dei Prussiens, sur une hauteur au confluent de l'Àdler et de rBlbe4 II avait appuyé sa droite à dn marais,^ sa gauebe se recourbait vers Pardubite^ et un bols pro** tégfeait ses derrièroi^; trois ponts jetés sur l'Adier aè« suraifent sa communication avec Koenigsgrsetz, où il aVait placé 800 hommes, et une petite redoute défen^^ dait les approcfae$ de 1^ ville du côté desl^russiens.

Ne pouvant attaquer les Autrichiens, le roi de Prusae se borna à noettre de l'infanterie dans Jaré^ mitz et Smirgit2^, et à lancer des détachements de cavalerie te long de l'Ëlbe pour protéger la rentrée de ses vivres et do ses fourrages» Cette précaution était d'autant plus uéoessaire que les Prussiens avaient perdu dans Ià campagne précédente leurs caissons dé vivres et que^. n'ayant pu les faire reitiplacer, i\i, re*œv&ient leurs subsistances sur des chariots de pây^ sans qui venaient de ïk Silésie par ëchweidnite touè les cinq jbuns; c^est pourquoi Frédéric ne voulait pas e'éoarter de cette ville de plus de 10 ou 16 mrliea^ D'ailliiurs, depuis qiie le margrave Charles aVail quitté ktfaattte âilésiei les Hongniis^ avaient Hurprie

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lu forteresse de Kosel, et ils faisaient des courses jusqu'à proximité de Bresiau et de Sehweidnitz; on pouvait donc craindre qu'ils ne se portassent sur les derrières de Tarmée prussienne pour lui couper les vivres : aussi le roi per8Îsta4-tl dans son projet de ne pas transporter la guerre en Saxe, ce qui eut été Téquivaient de l'abandon de la Silésie aux Autrichiens, mais bien d'alfamer les frontières^de la Bohême pour rendre impossible k l'ennemi d'y prendre ses quartiers d'hiver.

Frédéric II ne voulait rien donner au hasard; il avait l'intention de se tenir sur la défensive, tout en affectant cependant des allures offensives, et de choisir les meilleurs camps pour se maintenir en Bohême le plus longtemps possible. Le 25 juin^ il fit partir le général de Nassau avec 12,000 hommes pour reprendre KoseU Ce détachement passa par Glatz et Beichenstein, rejeta les Hongrois sur Neustadt et vint mettre le siège devant Kosel.

Pendant les quatre semaines qui suivirent, le roi entretint les Autrichiens dans une inquiétude continuelle par de fausses démonstrations, dans le but de faire subsister ses troupes avec sécurité. Quant aux magasins de l'ennemi, ils se trouvaient «itué^ en échelons en arrière de sa position, l'un-^à Pardùbitx^ le jsecond à Ghrudim» le plus éloigné à DeutschbrodU he mouvement le plus avantageux pour les Prussiens était, par conséquent, de se porter sur Beichenau et Hohemaut, car ils forçaient ainsi le prince de Lor* rm^ à prendre (tea mesures pour oouvrir e» majfii*

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sins, et ils se rapprochaient de Glatz, d'où ils pouvaient tirer leurs vivres plus facilement que dç Schweidnitz, puisqu'il n'y a que 5 milles de Reiche-> nau à Glatz, tandis qu'il y en a 10 de Chium à Schweidnitz. Mais. le roi de Prusse commit la faute de ne pas exécuter ce mouvement, et il lui préféra le suivant : agir vers sa droite, passer l'Elbe près de Srairgitz et prendre la position de Chlumetz. Ce second npouvement n'était pas sans avantages : il inquiétait les Autrichiens relativement à leur magasin de Pardubitz et coupait la communication des Saxons avec la Lusace ; mais il ne valait pas le premier.

Pour ma^uer ^exécution de ce mouvement, le général de Winterfeld fut détaché avec 3,000 hommes au camp de Beichenau; l'arnf^e prussienne passa l'Elbe non loin de Jaromirtz et se plaça sur des hauteurs; sa droite, s'appuya contre un bois, où l'on pratiqua un abatis; sa gauche s'appuya à l'Elbe, auprès du village de Nechanitz. Le général du Moulin repassa alors la Métau avec &0 escadrons et 6 bataillons, et se posta à Scalitz-pour assurer la communication entre Neustadt, où se trouvait 1 bataillon et Jaromirtz, Dans cette nouvelle position, tout se passa entre les deux armées en escarmouches pour exécuter et pour empêcher les fourrages.

Vers cette époque, le prince de Lorraine reçut un renfort de 8 régiments ; mais le duc de Weissenfels le quitta bientôt, ne lui laissant que 6,000 Saxons sur les 24,000 qu'il lui avait amenés. Cette retraite partielle des Saxons fut occasionnée par les craintes que

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le corps prussien du prince d'Anhalt, renforcé par h régîffîents d*infanterie et 5 régiments de cavalerie envoyés par Frédéric, sous les ordres de M. de Ges^ 1er, donna au roi de Pologne relativement à son électorat de Saxe, en se rassemblant auprès de Halle. Ce corps était assez fort pour soumettre la Saxe, avec laquelle Frédéric, comme il Pavait déclaré après la victoire d'Hohenfriedberg, en rappelant son ministre de Dresde, se considérait en rupture ouverte. Les Saxons n'avaient-ils pas, en effet, envahi la Sîlésie, et cette invasion n'équîvalait-elle pas à une véritable déclaration de guerre?

Mais le coup qui menaçait la Saxe fut détourné par la signature de la convention deHanovre (22 septembre) ,

Cette convention fut un traité secret conclu entre le roi de Prusse et lé roi d'Angleterre, sur les bases de la paix de Breslau : Georges garantissait lâC Silésie à la Prusse, et. s'engageait à procurer, â la paix ^générale, cette garantie de la part de toutes les puissances européennes ; Frédéric promettait de recon naître comme empereur le grand-duc de Toscane, époux de Marie-Thérèse. Ce qui avait porté le roi de Prusse à négocier ce traité, c'est que sa position, malgré sa victoire récente, devenait critique : les Français l'abandonnaient à ses propres forces, et ses finances se trouvaient totalement épuisées. Au reste, avant de signer la convention de Hanovre, Frédéric fit à la reine de Hongrie, par l'entremise du roi d'Angleterre, des propositions de paix qui furent repoussées avec fierté. •

La nouvelle de la conclusion de Talliance dont nous venons de parler entre Frédéric et Georges contraria vivement Marie-Thérèse; mais son dépit disparut sous la joie de voir enfin son époux revêtu delà dignité impériale : le grand-duc de Toscane fut, en effet, élu empereur d'Allemagne le 13 septembre. Frédéric ajourna sa reconnaissance de cette élection; comptant bien s'en faire un mérite h la paix générale. /

Le roi de jPologne refusa également d accéder à la convention de Hanovre. Frédéric voulut alors frapper un grand coup sur la Saxe ; mais Georges II Ten détourna, lui répétant sans cesse qu'il parviendrait à modifier les dispositions d'Auguste III, et Texpédition fut suspendue. Quant à l'impératrice -reine , son implacable adversaire, le roi de Prusse résolut de la forcer une deuxième fois, par ses triomphes, à renoncer à la possession de la Siïésie, et à conclure la paix sur les bases de celle de Breslau : quand on a les armes à la main, on ne fléchit jamais son ennemi par des ménagements; pour l'amener à composition, il faut le vaincre. Quelsouveraîn, dans sa carrière, eut plus souvent occasion (jue Frédéric d'apprécier la justesse de cette réflexion?

Le général de Nassau reçut, en conséquence , Tordre de presser ses opérations. Kosel ne lui opposa qu'une faible résistance; le 6 septembre, le commandant se rendit. La place fut ravitaillée, et M. de Nassau, après y avoir laissé une garjiîsôn de 1,200 hommes, marcha sur Troppau, d*où il mit à contribution

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plusieurs cercles de la Moravie, et escarmoucha avec les Hongrois.

L'armée des Prussiens se trouvait toujours dans son camp de Glum» et celle des Autrichiens près de Kœnigsgraetz. La petite ville de Neustadt , entourée d'une mauvaise muraille, était pour Frédéric un poste importâ.nt, comnie assurant ses communications avec la Silésie ; il y avait placé le major Tauenzien , qui, attaqué deux fois de suite par Tennemi, parvint à le repousser.

Enhardi par les renforts qu'il venait de recevoir, le prince de Lorraine vint s'établir entre Caravalhota et Koçnigsgraetz. Aussitôt les Prussiens changèrent de position ; ils se placèrent derrière l'Elbe, qui couvrit leur front, et appuyèrent leur droite à Smirgilz, et leur gauche à Jaromirtz. Le général du Moulin resta dans son poste de Skalitz, tandis que le général de Lehwald vint occuper une hauteur au confluent de la Métau et de l'Elbe, de manière à commander ces deux rivières. La nouvelle position de l'armée prussienne était inattaquable, car si l'ennemi voulait tourner la Métau au moyen de plusieurs ponts construits sur l'Elbe, le roi pouvait se porter derrière lui et le couper de Kœnigsgrsetz. Mais Franquini, placé dans un bois qui communiquait avec les chemins de Braunau et de Trautenau, inquiétait sans cesse l'arrivée des vivres : chaque convoi prussien était obligé de livrer bataille pour pouvoir passer, et l'armée prussienne, suivant l'expression de l'auteur de V Histoire de mon temps^ ne se nourrissait que l'épée à la main.

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Cette guerre commençait à ennuyer Marie-Thérèse ; avant de rien décider, elle voulut pourtant tenter encore la fortune : elle envoya au prince de Lorraine Tordre de, prendre ^offensive, et de livrer bataille dès qu'il trouverait une occasion favorable. Ce dernier eût préféré suivre encore la manière de faire la guerre qu'il avait adoptée, et qui consistait à temporiser et à consumer son ennemi à petit feu en le chicanant sur ses camps, et en lui disputant les. subsistances. C'était, en effets ce qu'il y avait de plus sage à faire contre un ennemi tel que Frédéric; mais la cour de Vienne voulait en finir.

Bientôt les Autrichiens tentèrent d'établir une communication avec Franquini : 1,500 papdours passèrent la Métau pendant la nuit, et vinrent se retrancher sur une hauteur voisine de celle des Prussiens; mais M. de Lewhald marcha contre eux à la tête de deux bataillons, et les expulsa à la baïonnette de leur redoute.

Les Autrichiens firent ensuite une troisième tentative contre la ville de Neustadt, qui fut investie le 7 septembre par 10,000 hommes. Frédéric n'apprit ce fait que cinq jours après, le 12 ; il envoya aussitôt au secours de Neustadt les généraux du Moulin et Winterfeld* L'approche de ces troupes, que les pandours ne purent empêcher de passer, força les ennemis à lever le siège, à traverser de nouveau là Métau, et àserelirer dans leur camp. M. de Tauenzieh s'était, au reste, bravement défendu, quoique les murailles qui entouraient Neustadt fussent en mauvais élat.

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que l'artillerie ennemie en eût fait crouler un pan , et que les Autrichiens eussent réussi à intercepter les conduites d'eau qui alimentaient les fontaines. Âussi^ malgré la retraite des ennemis, le poste de Neustadt, depuis que Teau y nianquait, n'était plus lenable; mai£ l'abandonner c'était compromettre la sûreté des convois : Frédéric résolut donc de changer de position» après avoir rasé les murailles de cette ville* Le 18 septembre, Tarmée prussienne passa l'Elbe auprès de Jaromirtz, et campa à Kowalkowitz^ sans opposition de la part de l'ennemi; le général Polenta fut détaché avec 1,000 chevaux et 3 bataillons pour couvrir l'Oder ^t la Nouvelle Marche contre les attaques des troupes rassemblées, par le roi de Pologne ; tous les autres détachements furent rappelés; M. du Moulin couvrit la gauche de l'armée.

L'armée ennemie était pleine de joie; l'élection du grand-duc de Toscane à la dignité impériale lui don-nait un titre dont ses olBciers étaient fier», celui d*armée impériale; deux jours passés en festins, et où les libations furent copieuses, saluèrent cet avéne*ment; c'était une singulière. manière de le célébrer, oar l'armée autrichienne s'exposait ainsi à une sur*prise ; mais, pour ne pas s'écarter de son pian de campagne, Frédéric renonça à les attaquer. Il résolut même de transporter son camp à Staudenls, ce. qui s'effectua sans autre difficulté qu'une escarmouche contre les troupes du partisan Franquiiii, placées en embuscade sur le chemin c(ue suivait la seconde oo« looae. M« de Lehwald occupa Starckstadt , et M. du

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Moulin Trautenau, pour couvrir les convois venant de Silésie. Toute la chaîne de montagnes qui borde la frontière de Silésie^ de Trautenau à Braunau. fut ainsi embrassée par les Prussiensi qui la fourragèrent radicalement [l); mais ces fourrages, rendus difficiles par la nature du terrain coupé qui entourait le camp, furent continuellement inquiétés par les fameux partisans autrichiens Moratz, Trenck, Nadasti, Franquini, qui tenaient sans cesse la campagne : chaque botte de paille coûta un combat^ et la série d'engagé* ments qui en r^ultèrent fut une excellente école d^ petite guerre. Parmi ces engagements^ il faut citer celui qui eut lieu entre Trautenau et Schatz^lar, & prq* posd'un convoi de farine» entre Taide-de^camp du roi, Mœllendorf, qui commandait les 300 fantassins composant l'escorte, et Franquini, à la tête de /l,000 pandours; les Prussiens s'emparèrent d'un cimetière qui dominait le défilé, et protégèrent les chariots par une défense de trois heures , jusqu'à Tinstant où le général du Moulin vint les dégager* Mœllmdorf en était à ses débuts ; il n'avait alors que vingt et un ans ; il devint par la suite feld*marécbal , et figura dans les guerres de la Révolution. Gomme le lecteur le voit, il commença brillamment; se trouvant à bonne école» il tint ce qu'il promettait' à cette époque, et devint une des plus grandes illustrations militaires de la Prusse* Chaque jour les Impériaux tentaient de nouvelles

(i) Expression employée par Frédéri(î. ExH, àê num têmpê.

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entreprises, favorisés par les habitants, qui les instruisaient de tout. Ils apprirent bientôt que Trautenau renfermait la boulangerie et le dépôt de vivres des Prussiens, et, pour détruire ces établissements, ils n*eurent pas honte dMncéndier cette ville. Heureusement pour Frédéric que les farines avaient été placées dans des caves voûtées et que ta plupart furent sauvées; mais il perdit encore, dans Tincendie, des chariots de bagages, perte d'autant plus sensible pour lui qu'il n'en avait plus qu'un fort petit nombre depuis ses revers de la campagne de lll\li.

Le prince de Lorraine, voyant que l'armée prussienne se disposait à quitter la Bohême, la suivit et vint camper à Kœnigssaal pour pouvoir l'observer de plus près. Frédéric avait alors peu de monde dans son camp de Staudenz, parce qu'il avait détaché M. de Nassau dans la haute Silésie, M. de Polentz dans la Nouvelle Marche, M. du Moulin à Schatziar, M, de Lehwald à Trautenau; il ne se trouvait sous ses ordres directs qu'environ 18,000 hommes et 61 escadrons. Aussi ne pouvaît-il occuper tout le terrain convenable; cependant, il entretenait sur les hauteurs dominant la position des gardes de cavalerie et des corps de hussards. La nature coupée et variée du terrain empêchait les cavaliers prussiens d'aller à. la découverte à plus d'un demi-mille, tandis que des partis de 500 ennemis rôdaient ^ans cesse autour du camp prussien, qui n'était éloigne que d'une marche de celui de Farmée autrichienne. Cette proximité fit craindre au roi que le prince de Lorraine ne voulût

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