‹ Histoire militaire des éléphants, depuis les temps les plus reculés jusqu'à l'introduction des armes à feu; avec des observations critiques sur quelques-uns de plus célèbres faits d'armes de l'antiquitéChapitre 25 sur 79 · CHAPITRE VIT · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIT

SUITE DES ANTIGONIDES, — Événements arrivés en Grèce jusqu’à la fin de cette dynastie. — Antipater amène les premiers éléphants en Europe. — Polysperchon fait un essai malheureux de ces animaux à l'attaque de Megalopolis. — Destruction totale des éléphants macédoniens pendant le siége de Pydna. — Coup d'œil rapide sur les rois ou prétendants au trône de Macédoine jusqu’à la chute de la monarchie,

Délivré du plus formidable de ses adversaires, Antigone put donner carrière à son ambition: il étendit son influence sur les plus belles provinces de l'Asie, et sa prépondérance devint bientôt tellement menaçante, que Séleucus ne se crut plus en sûreté à Babylone, et se réfugia en Égypte, auprès de Ptolémée. De ce choc d’intérêts opposés naquirent de nouvelles guerres, de nouvelles réconciliations, et de nouveaux partages. Enfin, quinze ans après la mort d'Eumène , Antigone vit, ainst que nous l’avons raconté, s’évanouir en un seul jour le fruit de ses travaux et de ses crimes. Néanmoins, après de nombreuses vicissitudes dont le détail est étranger à mon sujet, son fils Démétrius réussit à s’emparer du trône de Macédoine, dont sa postérité resta en possession jusqu’à la défaite de Persée par les Romains.

Les premiers rois de cette nouvelle dynastie, que, du nom de leur fondateur, j’appellerai les #ntigonides, employèrent sans doute les éléphants dans leurs expédions; mais, soit à cause de leur éloignement des contrées où naissent ces animaux, soit parce que le sol et le climat de la Macédoine n’étaient pas favorables à leur conservation, ils n’en eurent jamais autant que les Séleucides n1 les Lagides.

Les gouverneurs et les généraux qui furent envoyés en

Grèce pour contenir le pays, après la mort d'Alexandre, ne manquèrent pas non plus d'appuyer leur autorité par un déploiement plus ou moins considérable d’éléphants, qu'ils tiraient des dépôts de l'Asie. Ce fut alors que l’Europe vit, pour la première fois, ces énormes quadrupèdes et l’appareil imposant qui les accompagnait. Nous pouvons même fixer, avec assez d’exactitude, la date de leur arrivée dans cette partie du monde. En effet, du peu de documents qui nous restent, il est permis d’inférer qu'Antipater, régent de Macédoine, amena les premiers éléphants en Grèce environ quatre ans après la mort d'Alexandre. La force de ce premier convoi fut de 79; mais, autant que l’on peut le conjecturer d’après les événements qui eurent lieu depuis la mort d’Antipater jusqu'à celle d'Olympias, ce convoi fut bientôt suivi par d’autres, qui passèrent successivement l’Hellespont. On sait d’ailleurs que Ptolémée Céraunus, après avoir assassiné Séleucus, s'empara d’une grande partie de ses éléphants et les fit passer en Macédoine. On doit même penser que ces animaux étaient nombreux, puisque ce prince consentit, ainsi que nous le verrons au chapitre suivant, à en prêter 50 à Pyrrhus.

Après la mort d’Antipater, Polysperchon, qui le remplaca dans la régence de Macédoine, entra dans l'Attique avec une armée de 25,000 hommes, soutenus d'un train de 65 éléphants. Il entreprit avec ces forces le siége du Pirée; mais ayant rencontré plus d'obstacles qu'il n’en avait prévu, il abandonna bientôt cette entreprise et se dirigea sur le Péloponèse, pour y soumettre quelques villes qui refusaient de reconnaitre son autorité. L'arrivée des éléphants, et l'epinion exagérée qu’on s’en était formée, jetèrent l’'épouvante dans le pays; mais l'échec essuyé par Polysperchon devant Mégalopolis ne tarda pas à dissiper le prestige. Cet événement mérite

DES ÉLÉPHANTS. — LIV. 1, CHAP. VII. 107 d’être raconté en détail, à cause des circonstances sinosulières dont il fut accompagné ‘.

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