BATAILLE DE ZAMA
(651 de Rome, 202 av.J, C.)
Le passage de Scipion en Afrique, et ia destruction des deux camps d'Asdrubal et de Syphax, avaient répandu la consternation dans Carthage. Le gouvernement se hâta de rappeler Annibal et son armée : c'était le seul général, c'étaient les seules troupes, sur qui l’on püt fonder encore quelque espérance. Annibal n’obéit qu'avec répugnance à cet ordre, et le regret de quitter une terre qui avait été le théâtre de ses triomphes aigrit considérablement son caractère. Des massacres, des incendies, signalèrent les derniers temps de son séjour en Italie; enfin, quand il eut mis à la voile, ses regards se tournèrent avec douleur vers ce rivage où tant de rêves de gloire et de vengeance l’avaient retenu pendant les plus belles années
de sa vie’. Arrivé en Afrique, il grossit son armée de tous les soldats qui avaient échappé aux dernières défaites, et se mit en marche pour aller attaquer Scipion, alors campé aux environs de Zama, ville de l’intérieur, à cinq journées de Carthage.
C'était là que devait se décider la question de l'empire de la terre. Cette grande considération et la possibilité de succomber dans la lutte se présentèrent à l’esprit du sénéral carthaginois, et le déterminèrent à essayer la voie des négociations, avant de risquer un combat qui pouvait livrer sa patrie à la merci du vainqueur. Il était d’ailleurs curieux de voir le grand homme qui remplissait le monde de sa renommée, et avec lequel il était appelé à se mesurer. Une entrevue fut proposée et acceptée, et ces deux grands capitaines se rencontrèrent près de la petite ville de Nadagara, qui n’était pas éloignée des deux armées.
Les détails de cette mémorable conférence sont assez connus : Annibal laissa peut-être trop voir qu’il n'avait plus la même confiance dans son étoile. Scipion blessa par des récriminations la fierté carthaginoise ; 1l parla en homme qui ne voulait pas perdre l’occasion d’abaisser pour toujours la rivale de sa patrie. Enfin, ils se séparèrent avec aigreur, résolus plus que jamais d’en appeler à leurs épées *?.
On était alors au milieu du mois d'octobre: le lendemain , au point du jour, les Romains et les Carthaginois
1 Eutrop., Breviar., 11,21. — Tit. Liv., xxx, 20. — Silius Italicus fait une peinture pathétique de ce départ d'Annmibal, Punic., xvVIT, 184, sqq.
2 Pour les circonstances qui précédèrent la bataille de Zama, on peut consulter, outre les auteurs que nous venons de citer, Polyb., xv, 5,7, 9.— Polyæn., Stratag., vit, 16. — Appian., Bell. punic., xxxIX, XL. — Valer. Maxim., 1, 7, n. 1.
étaient rangés en bataille. Nous manquons de renseignements précis sur la force des deux armées. Polybe, qui aurait pu le mieux nous éclairer, est mcomplet à cet égard, et Tite-Live n’en parle que vaguement. Néanmoins, en réunissant toutes les indications que l’on peut recueillir, on voit qu'Annibal avait au moins 40,000 fantassins, 10,000 cavaliers et 80 éléphants. Scipion, de son côté, avait quatre lésions au complet, 1500 chevaux italiens ; un grand nombre de volontaires et de vétérans l'avaient suivi de Sicile; et Masinissa lui avait amené 6,000 chevaux numides et 4,009 hommes de troupes légères. Les Carthaginois étaient donc supérieurs en nombre; mais la composition de l’armée romaine était bien plus avanlageuse, car on y voyait plus d’homogénéité, et les étrangers n’y entraient que pour une faible proportion. Dans l’armée d’Annibal, au contraire, les Carthaginois étaient loin d’être les plus nombreux. La plus grande partie des troupes qui la composaient étaient des mercenaires espagnols , maures, gaulois, macédoniens, baléares, italiens, entre lesquels 1l ne pouvait y avoir ni l'accord ni la confiance qui régnaient dans les rangs des Romains. Cette circonstance eut une grande influence sur le résultat de la journée.
Le lieu où l’action allait se passer était une plaine découverte. Annibal, qui voulait être prêt à tout événement, forma son infanterie sur trois lignes, afin de pouvoir au besoin rétablir le combat. Dans la première il mit les Gaulois, les Espagnols, les Maures et les Liguriens ; la seconde était composée de Carthaginois, d’Africains, et d’un reste de Macédoniens fournis jadis par Philippe. Ces deux lignes, dont chacune comptait 12,000 hommes, étaient à peu de distance l’une de l’autre. La troisième , placée à cent cinquaute pas derrière la seconde, était plus forte, et débordait les deux autres à droite et à
gauche. Annibal l'avait formée presque en totalité avec les vieilles bandes italiennes qui s'étaient dévouées à sa fortune. Il répartit ensuite sa cavalerie sur les ailes , de, sorte que les Carthaginois formaient l'extrême droiteetles Numides la gauche. Quant aux éléphants, après les avoir équipés et parés de la manière la plus propre à inspirer de la terreur !, il les rangea sur une seule ligne en avant du corps de bataille.
Secipion observa attentivement ces dispositions, et comprit Immédiatement ce qu'il avait à redouter de ce grand nombre d’éléphants, qui pouvaient charger tous à la fois son armée , et la traiter comme avait été autre fois traitée celledeRégulus:ilne se trompait pas, car tel étaiten effetle projet de l'ennemi. Pour prévenir ce malheur, il rangea d’abordses légions sur trois lignes d’après l'ordonnance romaine ; mais au lieu de placer les manipules de la seconde ligne vis-à-vis les intervalles de la première, et ainsi de suite, il les mit tous à la file, les uns derrière les autres, en laissant les intervalles entièrement ouverts, de la tête à la queue. C'étaient comme autant de couloirs dans lesquels il se proposait de recevoir les éléphants pour les pousser sur les derrières. Cela fait, 11 forma son aile droite avec les cavaliers numides commandés par Masinissa, et son aile gauche avec la cavalerie italienne sous les ordres de Lélius, son questeur et son ami.
Pour dérober à l’ennemi la connaissance de ces dispositions, et donner à sa ligne l’apparence de la continuité, 1l masqua les intervalles avec des vélites et des ürailleurs auxquels il avait ordonné de fondre sur les éléphants, aussitôt qu’ils les verraient s’avancer: ces troupes
! «Anmibal, ad terrorem, primum elephantos (octoginta autem «eraut, quot nulla unquam in acie aute habuerat) imstruxit.» (Ti. Liv., xxx, 33.)
devaient d’ailleurs, si elles étaient repoussées, trouver une retraite assurée, soit derrière la réserve, soit dans les espaces laissés entre les lignes, et de là harceler les éléphants qui se seraient introduits dans les intervalles des manipules !. Le grand avantage de cette disposition, c'était que les éléphants, une fois engagés dans ces passages (viæ), pouvaient être regardés comme perdus, car ils se trouvaient sous le coup de tous les traits qui leur arrivaient de deux côtés à la fois. Une partie de ces troupes légères étaient armées de longues piques, d’autres avaient des javelots de trois pieds, lourds et bien ferrés, qu'ils lançaient, dit Appien , avec autant de force qu’on aurait pu le faire avec une machine. On leur avait aussi distribué de grosses serpes et des haches, pour couper les jarrets aux éléphants.
Lorsque tout le monde fut à son poste, les deux généraux allèrent se placer, avec quelques escadrons d'élite, au centre de leurs réserves. Il parait que ce furent les Romains qui donnèrent le signal du combat, et qu'aussitôt les Numides se mirent à escarmoucher entre les deux armées. Ce premier engagement fut suivi d'une charge générale des éléphants, escortés d’une nuée de tirailleurs qui devaient les protéger contre les troupes légères de l’armée romaine. Le bruit des trompettes, les cris, et le cliquetis des armes, que Scipion avait fait
1 «Vias patentes inter manipulos antesisnanorum velitibus (ea «tunc levis armatura erat) complevit, dato præcepto ut ad im- «petum elephantorum , aut post rectos refugerent ordines , autin «dextram lævamque discursu applicantes se antesignanis, viam «qua irruerent in ancipitia tela belluis darent.» (Tit. Liv., xxx, 33.) «Intervalla velitibus complevit,» dit Frontin , en décrivant cette bataille, «ne interluceret acies.» (Stratag., un, 3, 16.) Le mot interlucere était technique, dans l'ordonnance romaine, pour désigner toute solution de continuité dans les rangs.
augmenter à dessein, effrayèrent ceux de ces animaux qui venaient de la gauche, et les firent reculer sur les Numides, qu’ils mirent en désordre. Masinissa, posté vis-à-vis, profita de ce moment pour charger cette aile, la renversa, et la poursuivit au loin dans la campagne. Cependant la plus grande partie des éléphants était aux prises avec les vélites, qui s'étaient portés à leur rencontre : ces troupes légères les avaient rudement reçus, mais aussi elles en étaient fort maltraitées. Ce fut avec une peine extrême qu'elles parvinrent à en engager quelques-uns dans les intervalles, ou à les pousser parallèlement au front de bataille, pour les faire écouler par les ailes. Bientôt elles se trouvèrent dans l’impossibilité de résister sur tous les points à ces animaux, qui les assaillaient de tous côtés; le combat commençait à prendre une tournure alarmante; plusieurs parties de la ligne étaient forcées, les vélites cédaient le terrain, et les éléphants renversaient les manipules, et répandaient la consternation dans les légions. Scipion accourut alors avec son escorte et une partie de la cavalerie de Lélius ; mais les chevaux italiens, effrayés à la vue des éléphants, se Jetèrent pêle-mêle dans les rangs de l'infanterie, et augmentèrent la confusion. La situation était critique; Scipion sentit qu’il fallait une de ces résolutions hardies qui commandent à la fortune et changent la face des combats : il ordonna à ses cavaliers de mettre pied à terre,e fit autant lui-même, et, saisissant le javelot d’un légionnaire, il courut sur le premier éléphant qui se trouva à sa portée, et lui plongea son arme dans la poitrine. Cet exemple d’intrépidité entraina tout le monde : officiers et soldats se jetèrent en masse sur les éléphants, en tuèrent plusieurs, et parvinrent enfin à chasser les autres hors du champ de bataille.
Lélius réunit alors sa cavalerie, et chargea celle des
Carthaginois qui était à l’aile droite. Elle ne lui opposa qu'une faible résistance; 1l la culbuta et la poursuivit au loin dans la plaine. Les temps étaient passés où la cavalerie carthaginoise pouvait par sa supériorité décider de la victoire: à force de persévérance, les Romains étaient parvenus à former des escadrons aussi bons que ceux de leurs adversaires.
La cavalerie s'étant éloignée, et la fuite des éléphants ayant laissé le terrain libre, c'était à l'infanterie à décider du sort de la journée. Les hastaires s'avancèrent en poussant le cri de guerre et en frappant leurs boucliers; la première ligne des Carthaginoiïs, qui, comme nous l'avons dit, était composée d'étrangers, les reçut en lan. çant sur eux une grêle de traits; puis les deux lignes donnèrent tête baissée l’une contre l’autre. Les étrangers l'emportaient par leur agilité et par leur obstination à revenir à la charge; les légionnaires les pressaient de leur masse et du poids de leurs armes, sans cependant pouvoir les enfoncer. Enfin Scipion fit avancer la seconde ligne au secours de la première, et donna ainsi l'avantage à ses troupes. Dès cetinstant les étrangers ne disputèrent plusle terrain que dans l'espoir d’être également soutenus par les Carthaginois et les Africains de la seconde ligne ; mais ceux-ci, soit frayeur, soit mauvaise volonté, ne bougèrent pas, etlaissèrent tailler en pièces leurs camarades. Alors ces malheureux, se croyant trahis, se retournèrent sur la seconde ligne, qui, de son côté, les reçut à la pointe de l'épée, et Annibal eut la douleur de voir ses soldats s’entretuer. Tous les efforts qu’il fit pour les séparer furent inutiles, et bientôt cette partie du champ de bataille ne présenta plus que des monceaux de cadavres.
Dans ce conflit désespéré, les étrangers furent ceux qui souffrirent le plus, pressés comme ils l’étaient par
les Romains , et repoussés par les Carthaginois. Le seul parti qui leur restait pour échapper à la boucherie, c'était de se frayer un passage à travers la seconde ligne: ils réussirent à le faire, et cette ligne ainsi morcelée ne fut plus en état de tenir tête aux Romains, qui, encouragés par un premier succès avançaient en bon ordre. Elle était à demi vaincue, lorsqu'elle eut à soutenir le choc des hastaires et des princes. Après avoir opposé quelque résistance, elle se jeta sur la troisième ligne, et peu s’en fallut que cette réserve, sur laquelle Annibal fondait son dernier espoir, ne füt entrainée dans la déroute. Heureusement qu'il fit croiser les piques contre les fuyards , qui, ne trouvant aucune issue, se débandèrent des deux côtés.
La première et la seconde ligne de l’armée carthaginoise ayant été mises hors de combat, il ne restait plus que la troisième, qui était aussi la plus redoutable, soit par sa composition, soit par sa force, qui s'élevait à peu près à 20,000 hommes. Nous avons dit que cette ligne était composée des vieilles bandes italiennes qui s'étaient attachées à la fortune d’Annibal. Les Romains, qui s'avançaient de l’autre côté, étaient peut-être aussi nombreux ; mais les hastaires, en soutenant le choc des deux lignes ennemies, avaient fait des pertes , et il aurait été imprudent de les exposer seuls à la phalange d’Annibal, qui était encore dans son intégrité. Pour rendre la partie égale, Scipion fit serrer les manipules des hastaires, et, par un double mouvement de flanc, il fit avancer sur les deux ailes les princes, qui avaient formé la seconde ligne. De la même manière, il porta à l'extrémité de ce nouveau front les triaires, troupe d'élite éminemment propre à fortifier les ailes. Par cette évolution simple et bien calculée, il prévint le danger d’être débordé , et se donna l'avantage d’une ligne aussi continue que celle de
l'ennemi. Les intervalles étaient d’ailleurs devenus inutiles, puisque les éléphants avaient été chassés du champ de bataille.
Il restait cependant encoreune difficulté, c'était d’avancer en ordre sur un terrain encombré de morts, de blessés, de chevaux, d’éléphants, résultat du carnage qui avait eu lieu depuis le commencement de l’action. Scipion fit donc déblayer le sol à la hâte, puis il se porta vivement sur l'ennemi. Le combat recommenca alors avec une nouvelle ardeur. Tout était égal de part et d'autre: la discipline, la langue, les armes. Une haine implacable animait d'un côté les transfuges ttaliens, de l’autre les Romains; point de salut à espérer, point de quartier pour les vaineus !. Onse battit longtemps avec l’acharnement du désespoir, et la victoire était encore en suspens, lorsque l’on aperçu au loin les étendards de Lélius et de Masinissa, qui revenaient de la poursuite de la cavalerie. Leur retour décida lissue de la bataille. Les Carthaginois, attaqués de tous côtés, perdirent courage et cédèrent à la fortune. 20,009 restèrent sur le champ de bataille, et il y en eut autant de pris; 11 éléphants tombèrent vivants au pouvoir des vainqueurs ; tous les autres périrent dans l’action. Les Romains n’achetèrent ce grand succès que par la perte de 2,006 hommes.
Annibal, voyant que tout était perdu, profita du tumulte pour se sauver avec une escorte de cavalerie. Masinissa, qui lapercut, se mit à sa poursuite , et, quoique blessé, 1l le suivit longtemps, espérant couronner ses exploits en se rendant maître de la personne de ce
! «Hic novum de integro prælium ortum est : quippe ad veros «hostes perventum erat, et armorum genere, et usu militiæ, et «fama rerum gestarum, etmagnitudine, vel spei, vel periculi pa- «res.» (Tit. Liv., loc. cit.)
DES ÉLÉPHANTS. — LIV. 1, CHAP. X. 203 grand capitaine ; mais la nuit arriva à propos pour pretéger la fuite du général carthaginois. Il y avait dix-sept ans que cet implacable ennemi des Romains leur avait jeté le gant sous les murs de Sagonte .
Telle fut l'issue de la bataille de Zama, de ce grand drame dont le premier acte fut le combat des éléphants et de la cavalerie, le second l'attaque des deux premières lignes, et le troisième celle des réserves et la déroute. L'action fut longue et la victoire vivement disputée, car les deux armées avaient paru sur le champ de bataille au lever du soleil, et Annibal ne réussit à se sauver qu'à la faveur de la nuit. Les deux généraux y déployèrent les plus grands talents; on dit même que, plus tard, en par-lant de cette journée, ils se rendirent mutuellement justice *. Et cependant il serait difficile de citer une occasion où l’on ait mieux vu combien le hasard a de part au succès des batailles; car la victoire ne fut réellement décidée que par le retour de Lélius et de Masinissa, retour qui était entièrement indépendant des calculs des deux généraux, et qui, s’il avait eu lieu un peu plus tard, n'aurait peut-être pas amené le même résultat.
Suivant le chevalier de Folard, Seipion aurait, dans cette bataille, formé ses légions par cohortes. Tite-Live et Frontin disent positivement le contraire ?. En effet, il
D Polyb., xv, 9, 10, 16. — Tit. Liv., xxx, 32,33, 34,35. — Appian., Bell. punic., 40, 42,44, 46.— Frontin., Stratag., 1, 3, n. 16. — Diodor. Sicul., Fragm., lib. xxvir. — Salmas., de Re milit. Romanor., cap. 2,3. — Folard, Comment. sur Polybe, t. vi. — Guischardt, Mém. milit., 1, chap. 12. — Guillaume de Vaudoncourt, Campapagnes d’Annibal , t. im.
2 « Constat utriusque confessione, nec melius instrui aciem, nec «acrius potuisse pugnari. Hoc Seipio de Annibalis, Annibal de Sei- Cpionis exercitu prædicaverunt.» (Flor., Epitom., 11, 6.)
$ Nous avous cité plus haut, page 198 , le passage de Tite-Live :
était de l'intérêt du général romain de multiplier les intervalles pour donner passage aux éléphants, et la formation par cohortes eût produit précisément l'effet contraire. [Il est d’ailleurs certain que jusqu'au temps de Marius les Romains déployèrent toujours les légions par manipules. Ce général fut le premier qui adopta la formation par cohortes; il fut imité en cela par César, dont l'exemple fit règle dans l'ordonnance romaine. Ce fut seulement à partir de ce grand capitaine, que la cohorte fut généralement substituée au manipule, comme base de formation !.
On ne vit point d’éléphants dans les armées des Carthaginois, pendant la troisième guerre punique. Par le traité qui avait mis fin à la guerre précédente, ils avaient été forcés de livrer aux Romains tous ceux de ces animaux qui étaient restés en leur pouvoir, et ils s'étaient engagés à n’en plus entretenir à l’avenir*. Lorsque ensuite ils se virent menacés d’une ruine totale, il ne leur restait plus assez de temps pour réorganiser ce service. Cernés de tous côtés par les Romains, ce fut à peine s'ils purent pourvoir à la hâte à la défense de la capitale.
voici celui de Frontin : «Nec continuas construxit cohortes, sed «manipulis inter se distantibus spatium dedit, per quod elephanti «ab hostibus acti facile transmitti sine perturbatione ordinum «possent.» (Stratag., 1, 3, 0. 16.)
1 Cette question a été traitée à fond par Saumaise, dans son traité de Re nmulitari Romanorum.
2 Nous reviendrons sur ce fait à la fin du chapitre 1 du livre 1.
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