CHAPITRE IIL
Expédients imaginés par les anciens pour résistér aux éléphants, — Vélites , archers à pied et à cheval , frondeurs. — Soldats cataphractes. — Hacbes et autres armes spéciales pour cé service. — Chars de bataille. — Carrobalistes. — Artifices incendiaires, — Cri du porc. — Musique bruyante,
Il n’est pas étonnant que l'apparition imprévue des éléphants ait semé l’épouvante sur les champs de bataille. Le soldat le mieux aguerri n’est malheureusement qu'une machine , capable de bien fonctionner dans toute circonstance prévue, mais dont l’action se trouve paralysée aussitôt que des accidents extraordinaires viennent déranger ses habitudes. L'effet de la surprise et de la consternation, semblable aux miasmes contagieux, réagit des individus sur les masses, et des masses sur les individus. À la guerre, tout ce qui est nouveau, tout ce qui frappe fortement les sens, éblouit l'imagination et peut aussi bien mettre en défaut l'expérience des chefs que le courage des subalternes. On trouve des preuves de cette vérité dans toutes les histoires. Les Romains en fournirent eux-mêmes un exemple, dans leurs premières guerres, lorsqu'ils se virent attaqués tout à coup par les Fidénates avec des torches et des brandons'. Annibal se tira par un stratagème encore plus grossier du mauvais pas où l'avaient engagé les manœuvres du dictateur Fabius. Les temps modernes ne sont pas moins féconds
! «Forma insolitæ pugnæ Romanos parumper exterruit.» (Tit. Liv.,1v, 33.) — Si le fameux aréostat de Fleurus contribua au succès de cette journée, ce fut peut-être autant par la perplexité qu'il jeta dans l’armée ennemie, que par les renseignements utiles qu'il put fournir aux Français.
en événements de cette nature : ne sait-on pas que, lors de la conquête de l’Amérique par les Espagnols , la vue de quelques chevaux et la détonation de quelques pièces de campagne suffirent pour dissiper des myriades de combattants? Qu'on lise dans nos histoires militaires les récits des premières explosions de mines, et l’on verra qu’il suffisait alors du moindre cri d'alarme, du moindre soupçon de travaux souterrains, pour mettre en fuite les soldats les plus déterminés; enfin, de nos jours encore, les fusées à la Congrève n’ont-elles pas produit, à leur première apparition sur les champs de bataille, un effet moral bien supérieur à leur importance réelle? On peut être assuré que pareille chose arrivera toujours, toutes les fois que l’on déploiera aux yeux du soldat quelque invention nouvelle capable de frapper fortement ses sens et son esprit.
Cependant, lorsqu'il y a dans le caractère une véritable énergie, on peut bien payer un tribut à la surprise, mais on emploie le moment d’après à mesurer ‘étendue du danger, et à chercher les moyens de le braver. Ce fut ce qui arriva aux Romains la première fois qu'ils se trouvèrent en présence des éléphants. Accablés d’abord par une attaque dont ils ne connaissaient point la portée, ils comprirent bientôt que leur manière de combattre n’était point à la hauteur de ce nouvel instrument de destruction; ils sentirent la nécessité de lui opposer d’autres armes et une nouvelle tactique; et le succès couronna si bien leurs efforts, qu'ils finirent par enchaîner et par trainer au Capitole ces terribles animaux, qui leur avaient causé tant de terreur. Nous allons passer en revue les expédients qu'ils imaginèrent pour arriver à ce résultat, et ceux qui, dans le même but, furent le plus généralement employés par les autres nations.
I. L'un des moyens les plus fréquemment employés par les anciens pour triompher des éléphants, c'était d'envoyer contre eux des vélites et des troupes légères, soit à pied, soit à cheval, qui les harcelaient à coups de flèches et de javelines, les prenaient en flanc pour les forcer à se replier sur leur propre armée, et souvent parvenaient ainsi, en les entourant de toutes parts, à s’en rendre maîtres ou à les tuer. Ces vélites, dit Végèce, étaient de jeunes soldats légèrement armés, très-agiles, et qui, à cheval, lançaient très-adroitement des traits !. Quelquefois on leur donnait de fortes lances et des épieux (verua) très-longs, très-aigus, et faits exprès pour cetusage. Ils étaient exercés à combattre tantôt isolément, tantôt par groupes. Leur habileté consistait à irriter l'éléphant et à l’attirer sur eux, tandis que d’autres, profitant du moment, le tournaient par la croupe, l’accablaient de traits, le chassaient à grands cris hors du champ de ba-
taille, et parvenaient ainsi à s’en rendre maîtres, après l'avoir isolé ?.
! «Præcipue tamen velites antiqui adversum elephantos ordi- «naverunt. Velites autem erant juvenes, levi armatura, corpore «alacri, qui ex equis missilia optime dirigebant. Hi equis præter- «currentibus , ad latiores lanceas vel majora spicula belluas occi- «debant : sed, crescente audacia, postea collecti plures milites pa- «riter pila, hoc est, missilia, in elephantos congerebant, eosque «vulneribus elidebant.» (Veget., de Re milit., 1, 24.)
2 On trouve dans Silius Italicus une belle description de cette manière de combattre les éléphants :
Tum vero invadunt jaculis crebraque sagitta, Ausi jam sperare necem, immensosque per armos Et laterum extentus venit atra cuspide vulnus : Stat multa in tergo et nigranti lancea dorso, Ac silvam ingentem concusso corpore vibrat, Donec , consumtis longo certamine telis, Concidit, et clausit magna vada pressa ruina. ( Punic., 1V, vers. 615, sqq.)
I. On employait au même service des détachements de frondeurs, qui préludaient à la bataille en faisant tomber une grêle de pierres et de balles de plomb sur l'animal, sur la tour, et sur les hommes qui combattaient à côté !. Cette manière de combattre les éléphants était très-usitée, et César l'employa contre ceux de Juba, à la bataille de Thapsus?. On sait combien les anciens étaient adroits à manier la fronde , et combien l'effet de cette arme était meurtrier; dans les circonstances semblables à celle dontnous parlons, la consigne générale pour les archers et pour les frondeurs était de viser principalement aux conducteurs des éléphants, afin que ces animaux, n'étantplus dirigés, fussent plus faciles à prendreou devinssentun élément de désordre pour l’armée ennemie*.
HI. C'était un principe pour les Romains, toutes les . fois qu'ils avaient affaire aux éléphants, d’entremêler des vélites parmi les manipules des légionnaires, qui alors devaient agir de concert avec la cavalerie. L’expression velilum pars inter antesignanos locata revient souvent en pareille circonstance“. Le mélange de ces différentes armes était cependant étranger à l'esprit et aux habitudes de l'ordonnance romaine : aussi Tite-Live se sert-il quelque part du mot tumultuosus (désordonné) pour désigner ce genre de combat *.
l Nune jaculis, nunce et saxis, nunc alite plumbo
Eminus incessunt.
(Sil, Ital., Punic., 1x, vers. 622.)
2 «A dextero interim cornu funditores sagittariique concita «tela in elephantos frequentes injiciunt.» (Hirt., Bell. afric., 83.)
3 «Iud additum est , ut funditores cum fustibalis et fundis, ro- «tuudis lapidibus destinatis, Indos per quos regebantur elephanti, «cum ipsis turribus affligerent atque mactarent, quo nihil tutins «invenitur.» (Veget., de Re mulit., in, 24.)
4 it. Lav., xx, 29,
«Elephanti etiam tumultuoso genere pugnæ equitum vebtum-
IV. Souvent on opposait aux éléphants des soldats cataphractes, c'est-à-dire armés de toutes pièces. C’étaient des hommes choisis parmi les plus vigoureux et les plus intrépides de l’armée; leur armure était hérissée de pointes d’acier dirigées en tout sens, de sorte que les éléphants ne pouvaient, sans se blesser grièvement, ni les frapper, ni les enlever avec leurs trompes. Leur arme principale était une grosse pique (peut-être Le cortus ou un pilum renforcé, ; ils s’en servaient pour attaquer l’animal corps à Corps, et s’efforçaient de le blesser au ventre et aux aisselles, ou, s'ils pouvaient, aux yeux et à la trompe. Un seul coup heureux pouvait le mettre hors de combat , tandis qu’eux-mêmes, protégés par leur armure, n'avaient rien à redouter’. Leurs coups devenalent encore plus sûrs, quand ils parvenaient à forcer l’animal à tourner la croupe; car alors ils pouvaient le frapper dans les endroits où sa peau est moins dure, et dans les parties les plus vitales. |
V. D’autres fois on armait quelques soldats de haches bien affilées, pour couper les pieds et les jarrets des éléphants. La plus légère blessure dans ces parties suffisait en effet pour mettre ces animaux hors de service ; et nous avons vu, pages 28 et 29, que les habitants de l'Éthiopie employaient, dès la plus haute antiquité, ce moyen pour s’en rendre maîtres. Suivant Appien, Scipion avait ordonné à ses soldats, à la bataille de Zama. de tâcher de couper les jarrets aux éléphants d’Annibal. Alexandre , pour attaquer ceux de Porus, avait fait dis-
«que et levis armaturæ COnsternati, e cornibus in mediam aciem «sese intulerant, » (Tit. Liv., xxvir, 15.)
«Ali contra elephantos cataphractos milites immiserunt, ita «ut in brachiis eorum, et in cassidibus vel humeris, aculei ingen- «tes ponerentur e ferro, ne manu sua elephas bellatorem contra se «vententem posset apprehendere, » (Veget., de Re muilit., 11, 24
tribuer, dans le même but, des haches à ses fantassins; et cette mesure lui réussit : nous avons vu qu’il eut occasion de s’en applaudir!. Les Macédoniens se servirent aussi alors d’une espèce de grande serpe ou faucille, appelée copis, destinée à couper les trompes des éléphants, et dont ils avaient trouvé l’usage établi dans l'Inde ?. Plus tard les Romains adoptèrent cette arme, et s'en servirent également contre les éléphants : aussi l’expression elephantis nervos succidere se rencontre-t-elle souvent chez les auteurs latins.
VI. On opposait aussi aux éléphants des chars garnis de faux et de pointes d’acier, trainés par deux chevaux bardés de fer, et montés par des hommes qui pouvaient atteindre de loin avec des flèches, ou de près avec de longues piques. Nous avons parlé ailleurs d’un semblable expédient, qu’on dit avoir été employé par les Romains contre les éléphants de Pyrrhus. Ces chars avaient le grand avantage de pouvoir se porter avec rapidité sur tous les points, et se soustraire par une prompte fuite à la poursuite des éléphants et des hommes qui
1 «Anceps ergo pugna nunc sequentium , nunc fugientium ele- «phantos, donec securibus (id namque genus auxilii præparatum «erat) pedes amputare cœperunt.» (Quint. Curt., vin, 14.)
2 «Copidas vocant gladios leviter curvatos, falcibus similes, «quibus appetebant belluarum manus.» (Quint. Curt., loc. cit.) — Voyez d’ailleurs Suidas, au mot Koxi. — Bochart, Hierozoic., 1, 5, 0. 15. — Just. Lips., 4nalect. ad milit. rom., lb. 1, dialog. 2. — Ce dernier auteur a donné la figure du copis , tirée, selon lui, de la colonne Trajane : c’est tout simplement une grosse serpe. Les Argiens se servaient de sabres recourbés, dont le tranchant se trouvait du côté concave, etauxquelsils donnaient le nom de xor, que les écrivains latins ont traduit par les mots ensis falcatus. Cette arme était tellement propre à l’attaque des bêtes féroces, que les bestiarii Vadoptèrent pour combattre dans le cirque les lions , les panthères, etc. Voyez Bulenger, de Venat. cire.
les accompagnaient. Végèce donne aux combattants qui y étaient montés le nom de chbanartii, parce qu'ils étaient entièrement recouverts de fer'. On voit que l'emploi de ces chars avait beaucoup d’analogie avec celui des hommes à cheval, armés d’ares et de longues piques, dont Antigone avait coutume de se servir contre les éléphants , ainsi que nous l’avons remarqué, page 101, en parlant de la bataille de Gadamarta.
VII. Une autre arme dont on fäisait usage contre les éléphants, c'étaient les carrobalistes ou grosses balistes montées sur des roues et traînées par des mulets ou par des chevaux. On sait que la baliste était une machine destinée à lancer de gros traits (pila muralia). Toutes les fois qu’on avait besoin de la transporter promptement d'un lieu dans un autre, on la plaçait sur une espèce d’affüt à roues, et dans cet état elle prenait le nom de carrobaliste. Il y en avait de différentes grandeurs, ou, comme on dirait maintenant, de différents calibres; etelles tenaient lieu chez les anciens de nos pièces de bataille. Ces machines convenaient admirablement pour lancer de gros traits sur les éléphants, avant le commencement de l'attaque, lorsque ces animaux, immobiles à leur rang de bataille, pouvaient être facilement atteints, et que les armes portatives étaient insuffisantes à cause de l'éloignement ?.
VIIL. Mais le meilleur moyen de triompher des éléphants, c'était de les attaquer avec du feu; car il n'est
1 «Bini cataphracti equi jungebantur ad currum, quibus in- «sidentes clibanariïi, sarissas, hoc est longissimos econtos, in «elephantos dirigebant. Nam, muniti ferro, nec a sagittariis «quos vehebant belluæ lædebantur, et earum impetum, equorum «celeritate vitabant.» (Veget., de Re milit., 11, 24.) — Voyez aussi Stewechius au mot Clibanarii.
2 Veget., de Re nulit., 1, 24.
“rien qui effraie autant ces animaux, que la vue de cet élément. On faisait donc provision de torches (ardentes tædæ), d’étoupes goudronnées, de pétrole, de boules de soufre, de suif et de résine, qu’on lançait sur eux de toutes parts, pour les effrayer, pour mettre le feu aux tours dont ils étaient chargés, et pour les forcer ainsi à abandonner le champ de bataille : ce fut de cette manière que les Romains triomphèrent des éléphants de Pyrrhus à la bataille de Bénévent ?. Les chars dont nous venons de parler étaient principalement destinés à ce service. On y faisait monter des hommes déterminés, auxquels on donnait une bonne provision d'artifices et de traits imcendiaires connus sous le nom de malleoli et de falaricæ , qu’on lançait avec l’arc ou simplement à la main *. On employait au même usage des perches garnies d’étoupes goudronnées ou soufrées qu’on projetait contre les éléphants. On peut voir dans Silius Italicus une peinture très-animée de cette manière d’attaquer ces animaux *.
IX. On prétend qu'il règne entre le pourceau et l’éléphant une vive antipathie, et qu’il suffit du cri du premier de ces animaux pour mettre en fuite le second. On trouve un exemple de ce fait dans l’ Histoire des animaux
1 Acdoixaot dE mÜp où petoy Toy AëGvTwY of éAépavrec. (Ælan., Animal., v11, 6.) — Nous verrons plus tard le parti que Tamerlan sut tirer de cette terreur que le feu cause aux éléphants, dans son invasion de l'Hindoustan.
2 «Ïtaque et in 1psas belluas pila congesta sunt , et in turres vi- «bratæ faces, tota hostium agmina ardentibus ruinis operuere. » (Flor., Epitom., 1,18.) — Voyez ci-dessus, page 126.
# J'ai réuni dans l’appendice 11, à la fin du volume, quelques renseignements sur le malleolus , la falarica , et les autres armes dont il est question dans ce chapitre.
# Punic., 1x, vers. 599, sqq.
5 Qppodeï 6 Exépas wepdornv, xptdv, at qoupcd Bons. (Ælian., Aurmal.,
d'Élien. Antipater, dit cet auteur, assiégeait la ville de Mégare , et avait amené beaucoup d’éléphants sous les murs de cette place : les Mégariens prirent des porcs, les enduisirent de poix, et après y avoir mis le feu, ils les poussèrent contre le camp des Macédoniens. Les éléphants furent tellement effrayés des cris que la douleur arrachait à ces animaux, qu'ils prirent la fuite et répandirent le désordre dans l’armée. Après cet accident, Antipater, voulant empêcher qu’il ne se renouvelât, ordonna qu'à l'avenir des porcs seraient toujours élevés avec ses éléphants, afin que ceux-ci s’accoutumassent à leur vue et à leurs cris'. Nous rendrons compte plus tard d’un semblable expédient employé par les habitants d'Édesse. contre les éléphants de Chosroës, roi de Perse.
X. Il n'est pas étonnant que les cris aigus poussés par le porc aient effrayé les éléphants : une musique retentissante produisait le même effet, et fut souvent employée par les anciens au même usage. C’est un des expédients mentionnés dans les Cestes de Jules Africain. écrivain du I° siècle, dont Guischardt a inséré la traduction dans ses Mémoires militaires. Nous en avons vu une application à la bataille de Zama, où Scipion fit donner de toutes les trompettes et de tous les instruments à la fois pour recevoir la charge des éléphants d’Annibal, et ce bruit étonna tellement ces auadrupèdes qu'il y en eut qui s’arrêtèrent tout court, et d’autres qui
1,38; vin, 28; xvi, 36. — Pline et Sénèque disent la mème chose. — «Minimo suis stridore terrentur.»(Hist. nat., Vin, 9.) — «Elephantes poreina vox terret.» (DeJra,u, 12.) — On peut d’'ailleurs consulter à ee sujet le dictionnaire d'histoire naturelle de l'Encyclopédie méthod., à l’article ÉLÉPHANT.
1 Ælian., Animal., xvI, 36. — Polyen (Stratag., IV, 6, 3) raconte le même fait; mais suivant lui, ce serait Antigone, et non Antipater, qui aurait assiégé Mégare. Voyez la note I à la fin du volume.
reculèrent d'épouvante sur la cavalerie numide, et y portèrent le désordre. Le même accident se renouvela à la journée de Thapsus, où les éléphants de Juba, effrayés du bruit de trompettes qui partit tout à coup de l’armée de César, tournèrent le dos et prirent la fuite !.
! «Elephanti consternati subito clangore.» (Florus, Epitom., iv, 2, 67.) — La tradition de l’antipathie de l'éléphant pour le eri du porc et pour tout retentissement aigu s'était conservée dans le moyen âge. Nous en avons la preuve dans un vieux roman d’4lexandre, que M. Berger de Xivreyarécemment publié dans ses Traditions tératologiques. Le héros, menacé d’être attaqué par une troupe d’éléphants , y tient ce discours à ses soldats : «Faites tos venir tous les porcs de l’ost, et les faittes battre si que il s’escrient , et si faittes declicgnier trompettes et clarons , et aveucq gettez chaeun ung cry au plus hault que faire se polra ; et j’espoir que vous les verrez tantos tourner en fuyes..., etc.» (Page 408.) Ses soldats suivirent ces instructions , et les éléphants furent mis en fuite, et en partie pris ou tués.
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