‹ Histoire militaire du PiémontChapitre 11 sur 176 · CHAPITRE II. 5t · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. 5t

d'one imposition destinée à faire une jiniS^j. haute paye aux troupes , qui ne pouraient vivre avec leur solde. Les députés des trois ordres lui représentèrent inutilement , que réduits aux dernières extrémités par les malheurs de la guerre et par la licence des soldats, ils ne pouvaient supporter des nouvelles charges sans voir le laboureur déserter son champ. Le maréchal , dont l'humeur ne souffrait point de contradiction , reçut très-mal ces remontrances, et s'emporta étrangement (a). Les états le voyant persister dans ses instances lai demandèrent de pouvoir envoyer des députés au roi, et cette demande que Montiean n'osa refuser , l'indisposa encore davantage.

Que cet officier eût dépassé ou non les pouvoirs qu'il avait reçus de sa cour, c'est ce que nous n'oserions affirmer; cependant lorsqu'il vit les députés prêts à partir , il leur fit ordonner de suspendre leur voyage , sous la promesse de prendre lui - même les mesures que l'on désirait ; mais on attendit en vain l'effet

(a) « AUez-TOUS-en i tons Itt cent mille diables, » car le roi ne se soucie pas de votre nécesiité , et > aussi je ne me fie point i tous autrej du pays ; » en d^pit de tous je tiendrai dix ans les gens de » guerre en Piémont ; allez bon du pays si Toai y Toulei , je le (garderai bien sans tous ».

Ribier. Méitt. d'état, eok 1 1 tif. a>

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An 1B57, cte ces promesses , et les états toujours vexés prirent enfin la résolution de ne plus différer le départ de leur représentant. Le choix tomba sur le nommé George , gentilhomme , médecin et châtelain de Cirié. Cet homme ayant en vain sollicité pendant dix jours l'agré' ment du lieu tenant- général , se mît en route sans l'avoir obtenu; Montjean ne tarda pas à en être informé, et 11 dépécha uo omeier après lui , avec ordre , s'il refusait de revenir à Turin , de le faire arrêter, et ce fut ppécisément ce qui lui arriva à Briançon , d'où on le ramena il Suse , pour l'enfermer dans la plus étroite pnson du château. Alors la ville de Tunn qui craignit l'effet de la vengeance du gouverneur s'adressa au connétable de Montmorenci , et lui porta des plaintes amères contre Montjean; le connétable ordonna de relâcher le ' prisonnier; cependant le maréchal, loin d'obéir, le fit traiter avec une nouvelle rigueur , et ce ne fut qu'après l'arrivée en Piémont d'un secrétaire du roi , que George obtint sa liberté et la permission de poursuivre son voyage : il arriva à /àî"'"";"*": Paris (i) ; mais Montjean s'était donné l6 temps de prévenir le roi; et les remontrances des Piémontais y furent mal reçues.

Le duc Charles Ili, dont le cœur généreux et sensible «ouffrait des maux

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âe ses sajets, autant que de sa propre AmS'b';. infortune , écrivit en leur faveur au maréchal de Monijean ; il envoya inèœe un de ses secrétaires résider ao' près de lui ; mais toutes les démarches de ce prince étaient suspectes au maréchal ^ qui voyait avec peine un grand nombre de Piétnontais aller visiter le duc de Savoie à Nice , après la signature de la trêve ; aussi ne perdit-il pas l'ooçasion de desservir la noblesse qu'il haïssait. Heureusement monsieur de Langei, gouverneur de Turin , dont le mérite et la sagesse étaient connus à la cour-, ne partageait pas leis sentimens du lieutenant-général , et plus celui - ci s'exatpérait contre les Piémontais, plus l'autre travaillait k leur justification î comme ils ont été sujets fidèles du duc de Savoie , ils seront fidèles au roi que Dieu vient de leur donner pour mattre , écrivail-il au connétable de Montm^renci ; et soit que les remontrances de cet oflîcier fissent impression sur le ministre , soit que les plaintes des Piémontais arrivassent enfin jusqu'au trône , François I."* envoya des commissaires & Turin

Sour examiner la conduite de monàeur e Montjean ; l'on ignpre quel fût leur rapport ; il y a néanmoins apparence qu'ils favorisèrent le lieutenant-général , puisqu'il ne changea point de conduite, et 4]n'il ne fut pas rappelé. Plus irrité

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Ja i537. que jamais il eut bientôt une nouvelle Occa.' sion d'exercer sa malveillance.' Le duc de Savoie s'étant vu rebuté par la France dont il cherchait à se rapprocher, se jeta de nouveau dans les bras de l'em- ■pereur ; fit prendre la croix rouge à ses -troupes; et reçut dans tontes ses places quelques oiHciers espagnols. Cette précaution qui ôtait aux Français l'espoir de s'en emparer durant la trêve-, choqua surtout Montjean , et lui fournît ■matière à de nouvelles accusations; ton n'a pas perdu, mandait-il à Paris, l'espoir de voir revenir l'ancien ordre des choses ; il faut des mesures qui prouvent que les Français n'abandonneront jamais le Piémont. Au reste le marquis de Saluées était autant que le duc de Savoie en butte à sa haine ; et sans doute son administration n'était pas faite pour attacher les peuples au iiouveaa eouvemement. Montjean avait cependant bien près de lui l'exemple d'un homme qui s'était attiré l'estime , et l'amour du public dans une province aussi atta- 'chée à ses anciens maîtres que pouvait l'être le Piémont; le président de Pellis- Aon Élisait goûter aux Savoyards autant de bonheur que peut en avoir un pa)^»

de conquête.

' - Les deux armées s'étant presqu'entièrement retirées dans les places, les conférences «'ouvrirent à Locate; mais J'on

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