‹ Histoire militaire du PiémontChapitre 112 sur 176 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

suivis de trop près ne tinrent point /^«tSgi. contre le désir que les Savoyards avaient de combattre ; ils passèrt/nt la rivière très-promptement ; les enfans perdus forcèrent les Genevois dans un bois qu'ils occupaient en avant de leur ligne: monsieur de Sancy, voyant alors l'anaire s'engager sérieusement, fit avancer sa cavalerie : monsieur de Sonnaz qui commandait celle de Savoie ayant été tué à la première charge , le xlésordre se mit dans ses escadrons: heureusement le terrain sur lequel on combattait n'était guère propre à'*tette arme, et les Genevois profitèrent peu de leur avantage : ils se soutinrent avec peine pendant le reste du jour, en se repliant le soir par Ville-Ie-Grand sur Genève»

après avoir perdu quatre cents hommes; Don Amé les poursuivit pendant quelque temps sans pouvoir les atteindre, et monsieur de Treffort repassa en Bresse avec les troupes qu'il commandait.

Le combat de Monthoox, qui coûta près de deux cents cinquante hommes aux Piémontaîs, donnait de vives inquiétudes à Genève , lorsque le rappel de monsieur de Sancy en Bourgogne augmenta les craintes "dont cette ville était agitée, : l'arrière- garde de Sancy fut attaquée par monsieur de Treffort , et complètement battue à Saint - Jean de

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^74 GU5BBE8 OU PIÉMONT An iSgi. l'One : deux cents cavaliers furent faits prisonniers de guerre dans cette action, après laquelle TrefFort rentra dans son gouvernement : il se vit bientôt attaqué à son tour par le maréchal d'Aumont, allant en Auvergne contre le duc de Nemours; et si le maréchal n'avait pas été pressé de suivre sa marche, il aurait sans-dpute fiiit de plus importantes conquêtes que celle ae la Koque, dont il s'empara en passant ; on assiégea la l^oque dès que monsieur d'Aumont s'en éloigna; les quatre cents hommes qui formaient la garnison de cette place se rendirent prisonniers de guerre , plutôt qu'on n'osait le croire ; monsieur de TrefFort suivit de pris le maréchal; et s'étent joint au duc de Nemours , ils forcèrent l'ennemi d'abandonner l'Auver- Jnîri^IîSî^!;™ gtie et de se retirer à Moulins (i). iitiî;i=r(. ' ■ L'hiver n'avait pas non plus été tranquille en Provence; monsieur d'Ampuis reçut une blessure mortelle sous Tarascon le lo janvier ; les Ligueurs ayant pris le dessus .à Marseille en chassèrent. les royalistes , et reçurent une garnison piémon taise vers la fin de février; Charles Emmanuel fît le 3 mars son entrée M ct.i<!keii«n , dans cette ville , où il s'embarqua le 8 wJ.}.'ri.'''ilMr pour aller solliciter- i^ Madrid les se- '™^ir," 7i.'. '%" cours ffu'on lui promettait depuis longbiMo. ^^"iibértiî temps (2). Le comte de Marlinengo , pl^\%.r.Tî1°' nommé Jieutenant-générai en Provence ,

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£>rma d'abord le projet de surprendre An iS^t. Sisterou ; mais on découvrit %ei& intelli- ^nces , et il ne tarda pas à être lui- ^ même attaqué par les généraux de La- Vallette et de Lesdiguières réunis : leur .dessein .était d'assiéger Digne ; monsieur jde Martineogo en ayant renforcé à temps Ja garnison, ils marchèrent sur La- Trinité , sur Vinon , sur Revest , et sur Auron dont ils s'emparèrent : les Savoyards voyaient avec peine les royalistes courir ta campagne sans être inquiétés; ils craignirent que le parti de la ligue ne s'afiaiblît dans l'inaction ; et ils résolurent de combattre : dans ce dessein ils se portèreijt an nombre de six mit.'e hommes d'infanterie «t de quatorze cents chevaux an villBg« de Rians, -cinq lieues en avant d'Aix- : cette position paraissait avantageuse à Martînengo; j cependant les cbefs des Provençaux jugèrent indispensable d'occuper les chà- .teaux d'Esparon et de Saint- Martin : on leur représenta en vain le danger d'é- ' .tendre ainn la ligne sous l'œil de l'ennemi; leur avis Remporta dans un conseil de guerre , où l'on décida que tes Ligueurs s'avanceraient dans ces deux villages, pendant que les Fiémontais demeureraient à Rians, avec quatre com- -pagnies ile cavalerie provençale : Lesdiguières était trop habile pour ne pas profiter de, cette faute ; il partit de

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Âa iSgi. Vinon à ta tête de huit oiitle hommes d'infanterie , et de deux mille cavaliers, dirigeant sanaarche entre Rtans et Esparo», il coupa la ligne ennemie. Les .mouvemens de Lesdiguières laissaient prévoir à Martinengo quel était le plan de ce général ; et prenant son parti sans hésiter, il s'avança avec toutes ses .forces pour protéger ta retraite des troupes postées à Esparon et à Saint-Martin; celles-ci s'étant déjà rai-, ses en mouvement à dessein de le rejoindre , y réussirent , quoique poursuivies, vivement. On espérait toujouré que le commandant d'Ësparon prendrait le seul parti qui lui restait , celui de se retirer par les collines ^ et l'on favorisa ' ce mouvement, en exécutant une charge de cavalerie, destinée k attirer l'attention des Français sur le point <^posé : le comte de Martinengo voulant diriger lui-même cette charge , ordonna à Don Garcie de Murés de se retirer à Rians, avec toute l'infanterie qu'il ne voulait

Sas exposer, et divisant la cavalerie en eux corps, il se réserva le commandement de celui qui donnerait le premier, en confiait la conduite de l'autre au mattre-de-camp provençal Disaudun, letpiel au lieu devancer lorsqu'il en reçut l'ordre, se mit en retraite sur Rians , et découvrit ainsi les escadrons de Martinengo , qui ne tarda, pas à être

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«nvlrotiné : ses cavaliers, accablés par Aa 159t. le nombre, furent mis en pleine 'déroute ; le général , entouré lui-même , seul avec le chevalier Bava, combattait contre tous en' refusant de se rendre; stM épée s'étant brisée , il se vit réduit k lutter contre un soldat vigoureux; enfin la fortune Seconda son brillant courage ; il s'échappa des mains des ennemis tout couvert de blessures, et arriva à Rians au moment où l'on déplorait sa perte : Don Garde de Murés s elait formé en bataille pour recueillir les fuyards; sa contenance en imposa au vainqueur <i); et Lesdigïrtères , après s'être emparé ^*i^i^*; d'une église et d'un moulin , où deux^"''"^^ cents hommes se rendirent Ji discrétion (a), se dirigea contre le village d'Es- ^jOivi*^ •">»■*. paron , dans lequel les Provençaux se * tenaient toujoars immobiles ; le commandant de ce poste n'avait profité ^n combat que pour faire passer à Aians l'avis du danger où il était réduit; Martinengo lui fit répondre , qu'il «ût k profiter du moment de l'atlaque qu'on renouvellerait la nuit contre Lesdiguières , et qu'il se retirât par les hauteurs insqa'alors faiblement gardées; àé)ii les Savoyards s'étaient mis en marche , eomplant opérer la diversion projetée, quand on apprit, que le château d'Esparon ayant élé livré à l'ennemi, il devenait impossible de secourir les

^«i5gT. assiégés:' les Ligueurs, comptant trop sar. la foi de monsieur d'Espacon , avaient négligé de s'assurer de lui; et cette dernière imprudence acheva leur perte ; forcés de se rendre après trois jours , on les envoya tous aux galères , ou dans les prisons du château, dont monsieur de Martinengo parvint lîependant à les tirer, en corrompant leur garde à force

w*™'"^i«!;; ~ ^® combat d'Esparon co&ta trois cents 'ib. i. ' ' hommes aux Piémontais , qui se retirèrent à Aix, en attendant les renforts que quelques villes de Provence devaient envoyer à l'armée (2) ; monsieur de Lesdiguières .s'approcha de cette capitale , dévasta les campagnes des environs , traita les villages avec une rigueur extrême , et parut pendant quelques jours menacer Aix même (5), dont il s'éloigna ienfin pour ravitailler Berre , et pour attaquer Grans, Selon et Marignane, qui se fendirent à lui : il repassa en Dauphiné après ces expéditions, et mon- .«ieur de La-Vallette , demeuré seul en Provence , ne pouvant tenir la campagne, se replia à Mauosqne ,. poursuivi dans sa retraite par la cavalerie savoyarde , qui loi enleva une partie de son bagage au passage de la. Durance. Le général piémontais, voyant l'ennemi sur la droite de cette rivière, alla vers la moitié de mai faire le. blocus de la forte

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