‹ Histoire militaire du PiémontChapitre 113 sur 176 · CHAPITRE XXr · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXr

ville de Berre , dont on projetait le Aà iSgi. siège depuis long - temps : cette place était bien gardée , et bien pourvue (i) ; environnée d'un étane large et .(Ot^»"»"-proiond, elle n avait qu un seul iront su- s--"™™*, sceptible d'attaque , et ce front étajt régulièrement fortifié ; Berre fut cependant étroitement resserré , soit par la construction de trois grandes redoutes qu'on éleva à la portée du cailon, soit par la^ pAse de la ville de Martignes. Telle était la "position des armées en Provence , lorsque le duc de Savoie débarqua à Marseille le 6 juillet , avec tjuinze cents Espagnols, qui portèrent à neuf mille hommes d'infanterie, et douze cents chevaux, la force de l'armée campée sous Berre (2). J:S^^'7^'

Nous avons vu Lesdiguières quitter **■ la Provence peu de temps après le combat d'Esparon, pour rassurer le Dau- ■ phiné, où les succès des Savoyards, et le passage des troupes du pape, donnaient de vives inquiétudes ,- Don Amé de Savoie, qui ensuite du combat de Monthoux, s'était approché de Genève, tie s'arrêta pas long-temps dans ces environs; il prit position avec quatre mille hommes d'infanterie et six cents cava- 1

liers , entre le Pont de Eonvoisin et Saint -Genis, d'où il faisait des courts qui désolaient le Viennois; son projet aurait été de s'établir sur les terres de

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58o GUBBRES DU PIEMONT ^stSgi. France, si le maître-de-camp OUivero, commandaDt des Espagnols, ne s'y était opposé; forcé par lui de prendre des cantonnemens en Savoie , Don Amé eut )e double regret, de perdre l'occasion de nuire à l'ennemi , et de voir ses troDpes dispersées, s'abandonner k l'indiscipline (i) ; les soldats traitaient les paysans en ennemis (a) ; il faut que le désordre parût bien grand, puisque le sénat de Chambéry crut devoir donner par forme de provision un arrêt rigou-

■S?.'*'**'*'^ ^^'V^ contre la licence militaire (i) , et que la cour approuvant te zèle du sénat, créa une commission particulière, destinée à assurer les subsistances de l'ar-

■«Si.ii'i.** **" mée, sans fouler les provinces (5). Monsieur de Lesdiguières arrivant sur ces entrefaites dans les environ» de Saint- Genis , Don Amé rassembla ses forces à dessein de se porter à la Grotte , njais le commandant espagnol contraria encore ce projet; il fallut lui complaire, et prendre position à Riunes, près d'Entremont-le- vieux ; les Français passant ' alors le Guier, attaquèrent Saint-Genis: cette place n'était occupée que par un faible détachement , qu'on aurait

(a) Ils se pennettent ( les soldats ) d« courir Ut campagnes et In bourgades , pour piller, dérober, Aaccager, coaipowr, rançooner , forcer et violer. Àrrét du 6 arril iS^i.

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bientôt forcé, si le maître - de - camp VwiS^i. OlUvero prévoyant qu'on l'accuserait de la perle de cette ville , n'eût marché promptement à son secours : Lesdi(;uières leva le siège à son approche (i), ci)c«-i^" et marcha contre le duc de INétnours dans le Lyonnais (a), où les royalisies ^^J J"''-"* l'appelaient : la retraite de l'armée fran^ çaise fut d'autant plus heureuse , que les Genevois venaient de rentrer dans le Ghablais, et d'enlever à Tbonon le baron d'Hermance , gouverneur de la province : l'pn fit marcher vers eux une . " partie de l'armée (5). P)Cuiim«i.

Le siège de Berre en Provence continuait toujours; le sort de cette place inquiétait monsieur de La-Yaltetle, qui crut opérer une diversion en s'avançant le feu et le fer à la main dans les environs d'Aix ; il espérait que le parlement appelerait le duc de Savoie à son secours , et il comptait de profiter de ce moment pour jeter un convoi dans Berre : La-Vallette passa eu effet la Durance à la tête de cinq cents cavaliers, et de deux mille hommes d'infanterie; mais Charles Emmanuel, que la faiblesse de l'ennemi laissait sans inquiétude , ne s'occupa qui veiller attentivement a la sûreté du blocus; et monsieur de La-vallette n'ayant pn réussir dans son dessein, se retira, après avoir reconnu la position des assiegeans (4). wcujhw

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4a tS^j. Le gouverneur, monsieur de Mesples, parut alor» disposé à capituler; il demanda'. au comte de Martinengo une conférence, dans laquelle il offrit de rendre la [^ace,

. si on voulait payer à la garnison soixanle mille . écus qui lui étaient dus ,' et lui permettre .de"»"^^'' l'artillerieffui bordait les remparts : monsieur de Martinengo ayant réussi à réduire à douze mille ecus la somme demandée, alla rendre compte de sa négociation; mais malheureusement ce général avait à la cour de puissans ennemis , toujours empres-

, ses de le contrarier; et l'on parvint cif persuader au duc de Savoie, qu'il ra-

' baisserait la gloire de ses armes en' achetant une place , dont la conquête était, disait -on, sûre en six jours: te' crédit de quelque^ Courtisans l'emporta dans cette rencontre sur l'aV'is du con-' seil de guerre, et sur les lumières de Charles Emmanuel , qui refusa de ra*' tifier l'accord « convenu sous son appro-" batîon : Martinengo reconnut sans peitie; la main qui lui parlait ce coup; inca-' pable comme ^ il était de dissimuler oiï de se contraindre . il parla i son prince avec la liberté friocne d'un guerrier , et il demanda de repasser incessamment en fiéftuont; Charles ne se tint point offensé de la hardiesse de son général ; il savait qu'aucun de ses officiers n'euLeudait mieux la g;uerre qutf

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