‹ Histoire militaire du PiémontChapitre 125 sur 176 · CHAPITRE XXIII. 4o · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII. 4o

rerte de ces postes rendait monsieur An i5(}2. icsdiguières maître des vallées vaudoises (i)', dont les habitans conclurent ^(')ciuM,«h.î alors un traité particulier (a), par ^^- ,y^^'^tâV''

2uel ils reconnaissaient la souveraineté u roi de France , sous la promesse d'être conservés dans leurs anciens privilèges : il semble par ce traité que les habitans des vallées n'aient fait que céder à la force; on les accusa (3)i.S'.'^ '" néanmoins de colorer leur infidélité par des expressions convenues , afin de se mettre à l'abri des évènemens ; et -leur conduite postérieure ajouta sans doute au poids de cette assertion ; quoi qu'il en soit leur traité donna lieu à la réunion (4) de la province des quatre s.'iii''^^'" vallées à la France.

- 11 ne restait pas de temps k. perdre pour arrêter les progrès de Lesdiguières ; les mille hommes , que le comte de Masin leva à ses frais et conduisit dans la province de Pignerol , étaient loin de suilîre à la rassurer : Charles ordonna à la milice royale de prendre incessamment les armes; il expédia un courrier en Savoie , afin' d'accélérer la marche des Espagnols vers le Piémont, et il sollicita des nouveaux secours auprès du duc de Terreneuve , alors gouverneur général du Milanais (5). K.ifl.'ÏÙ^™- ■ L'activité du duc était connue ; Les- '^""™digutères résolut de prévenir la réunion

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4o6 GVERttES DU PlÉMOlïT '^An iSgi. de ses forces , quoiqu'il n'eût )ui-ttiè' nie qu'une très-faibie armée , avec la-quelle il pouvait èlre dangereux de s'avancer dans la plaine : il y marcha pourtant dès qu'il apprit que huit centS' nommes de la milice royale du Canavai* commandés par monsieur Branchetti , s'étaient logés à Vigon : <^e village était alors ouvert de toute part ; les Piémontais n'a\'aient barricadé que les avenues de la place,- où ils se tenaient, et où ils furent attaqués , le 4 octobre , par mille hommes , pendant qu'une seconde colonne perçait de maison en maison, jusqu'à déboucher sur la place mèraej il y eut alors utie boucherie affreuse ; Branchetti et la plupart des siens périrent les armes à ta main i on népai^na ni femmes , tii enfans dans le village , et le vainqueur répandit la clÙt^^ÙT^. terreur jusqu'aux portes de Savillan (i). £^%";iii^7§f^ Vide! qui , comme bien d'autres pane- "''î^.c/ïslî 6'"**®*i Coit honorer la itiémoire dû ^^^^^^"^ grand homme dont il écrit la vie, en rabaissant les pertes que l'on souffre toujours lorsqu'il faut du courage pour vaincre , dit , qu'après un furieux combat de deux heures , les Savoyards furent entièrement défaits , sans qu'il en coûtât à Lesdiguières plus de dix-huit hommes; entre morts et blessés; noùS nous dispenserons de relever par la suite de semblables exagérations, qui se

yélicoûtreiit trop souvent dans son ouvrage (a), pour mériter qu'on y arrête le Secteur: il est vrai néaiUnoins que rien ne s'opposant aux courses des partis français, Us portèrent le feu et le fer bien avant dans le Piémont. Châtiés Emmanuel, qui était alors occupé k rassembler ses trou*pes' à Turin , réunit sous les murs de sa «capitale sept mille hoUines d'infanterie , et quatorze cetits cavaliers , avant

tes Sa

[a) Parle-t-îl du eoUibat d'Espatod , îl assure qud Sayoyatài y perdirent ciaq i ait Mnts mallrts, et

Ïre.ique toute leur infanterie , quand du côté des rançais , il n'y eut ({u'un lenl officier et une yinff taine de soldats tués : rappotte-t-il ia journÀ! it Pontchara, Lesdiguières ne perdit que quarante hom* mes , et tua cependant cinq mille Pigmentais , sur lesquels il ât encore huit à neuf dents prisonniers i à âalbertnmd où , dit-il , les Français n'eurent que quatre morts ^ douze A quînae cents hotiun es des ■!•> liés perdirent la vie^ i la rencontre de laFrètte dans la vallée de Grésivaudan , Lesdiguiéres tua ou prit deux cents quatre-Vingt Espagnols , et ne perdit que tix hommes; au combat de la Scriviat les Autricbietff ■ont battMs , dit le même auteur , après un Cngace-t ment ''asseï bien soutenu de leilt- patt , sans qu'il f tût un seul homme de tnort du côté des Français , qui tuèrent trois cents Napolitains , et firent un pareil nombre de prisonniers. Ne serait-ce pas abaisseï' l'bistoire , que de s'arrétw k combattre de pareiliei absurdités î N'est-ce pas anéantir la ploîre de Lesdiguiéres, que de le dépeindre toujours aussi aisément .Tictorieuxf C'est ainsi qu'on écrit la gazette' pouf les soldats; mais ce n'est bas ainsi qut Plutarque ■ fctàt Ut TÎM des hommes lUnstresi

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4o8 GUERttES DU PIEMONT ^1) iSga. la fin d'octobre : il se crut.atcu-s assez ibrt pour tenir la campagne , et il marcha " à Saluées par Carmagnole et Savillan. L'ennemi avait jeté dans ta vallée de Vraïta un détachement de mille « hommes , qui assiégeait la Tour-de- Pont : le duc de Savoie chargea le maître-de-camp Ponte de se jeter daus la place k la tête de huit cents mousquetaires; les Savoyards attaquèrent avec beaucoup d'ardeur les retranchemens des assiégeaus , qui leur tipposèrent on égal courage : les écrivains piémontaîs disent cîi?i.î;"'?to.'r (') ' 1"'o" 'c* força après uu combat '^ô^vtd.i.iiT.*! ™^"^'"^''' ^^'^ Videl prélend (2) , que tiup. |. ponte fut repoussé avec une grande perte:

quoi qu'il en soit du succès de celte expédition, Charles décampa alors de Saluées; il voulait s'approcher de Lesdiguières, qui semblait menacer CavOur, oh il n'y avait qu'une garnison de cent trente hommes, sous les ordres du comte Emmanuel de Luzerne; indécis cependant encore comme H l'était sur le choix d'une nouvelle posi-, tion, il rassembla un conseil de guerre, dans lequel les avis des généraux furent partagés ; les uns pensaient qu'il fallait marcher à Cavour même, les autres opinaient pour camper à Vigon ; mais Charles ne voulant rien hasarder dans une circonstance aussi décisive , donna ordre k l'armée de se rendre à Villefranche ,après avoir envoy-é à Cavour un convoi

CHAPITRE xxm.* ' 4og «te vivres et de muaiUons de guerre, sous jin iSg». l'escorte de deux cents hommes, que le Capitaine Alessandri commandait ; l'on ignore par la faute de qui les vivres restèrent à Saluées ; on sait seulement '

qu'on les y oublia, et que le détachement entra le même jour dans la place menacée (i): elle ne tarda pas k être investie; «^■b™™''ÏÏÏ'.'" monsieur de Lesdiguières ayant reçu ses *'*' "''" derniers renforts , se mit en -mouvement la nuit du 17 novembre, et comme il pouvait être attaqué dans sa marche , il la fit eVi ordre de combat : quatre c&nts maîtres formaient les aîles de son avant-garde, composée d'un bataillon d'infanterie , aux ordres de monsieur d'Auriac ; te général en chef se plaça k la droite du corps de bataillé avec quatre ' compagnies' de cavalerie ; il confia à monsieur, de Poët la conduite de sept compagnies de gendarmes de l'aîle gauche , et à monsieur de Prébaut Vinfanlerie du centre: l'armée ainsi disposée s'avança du côté de Cavour , et elle s'en trouvait k une petite distance , lorsque monsieur de Lesdiguières apprit que les Savoyards étaient en pleine marche vers lui; c'était cependant dans la seule intention de se porter ,à Vigon, que Charles venait de quitter son camp de Vilfefranche , afin de se réunir aujc nouvelles troupes arrivées dans cette

4io GUERRES Du t>i^Molrt ÀHj^Qi,. ville (i) ; et le général fratiçaU fie. e>) <:Ui>u». - larda pas à s'en convaincre sur les nou- W.I, T.4,«h.pA ygjigj qy'^j reçut de la direction des colonnes ennemies: il resserra donc Ca'^ vour de toute part avant le nouveau jour j la ville n'était pas en état de to«.nji*. résister à )a grosse artillerie (â); elle Ouvrit ses portes après un moment dé défense , la garnison s'étant retirée au château: <xttè place assise sur un ro-*, cher isolé était d'un abord «xtrêinemetit difficile; sa force consistait dans sa. position , dont on s'était trop exagéré les avantages pour ne point négliger les ^cours de l'art: monsieur de Lesdiguières le savait } il dressa sur ta place même de la ville une batterie contre la tnur de Brancafamè , qui ser-^ Vait d'avant-poste k l'enceinte principale; et ce travail ayant pris deux jours entiers , le feu Commença le ao , sans qu'il fit beaucoup de 'mal ; car la difficulté de pointer à une si grande hauteur ^ faisait perdre la plupart des coups ,tités ; le général qui le reconnut , résolut de se loger plus près- de la tour , ce qu'il tenta inutilement dès la nuit même : mais il exécuta avec plus de bonheur son entreprise la nuit suivante; et Ses troupes s'étant établies sur le rocher , la garde de Brancafamè abau'^ donna légèrement son poste , dont les assiégeans se saisirent ^ et dont ils sa

chAPitsÊ xxm. ' 41 1 servirent pour dresser une batterie de An iSga.brèche contre les remparts du château.

La place manquait d'ailleurs de vivres; cependant c'était beaucoup hasarder que de risquer une bataille : Charles Emmanuel désirait l'éviter; il se flatta de sauver Cavour en attaquant Briqué* rasque , et il ordonna la formation de trois colonnes , l'une de Piémontais , l'autre d'Espagnols , et la troisième de . Napolitains , suivie chacune d'une brigade d'artillerie; l'armée entière qui devait les suivre et les soutenir, leva son' camp au déclin du jour et se porta- Q Bibiane^ peut-être en se détournant ainsi, Charles crût - il se tnettre sur le chemin par lequel il jugea probable que son ennemi entreprendrait de isecoorir Briquérasqae ; peut-être «pérait-il de' lui ' donner des plus vives inquiétudes en se portant vers le débouché des vallées vaudoises; ou peut-être enfin ie flattait-il de pouvoir jeter de Bibiane un renfort dans Cavour : quelles que fussent les vues qui le déterminèrent, il rangea son année en bataille , et les corps destinés à l'entreprise Suivirent leur marche , sans que rien ne les arrêtât jusqu'ji la descente du fossé ; mais au moment de l'entreprendre les Piémohtais et les Napolitains recoiuinrent que les pavsans chargés de leurs échelles Ae le suivaient

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4ia GUERRES DU PIEMONT Aiti5Q2. pas; réduits ainsi à ne rien entreprendre, ils résolurent, après un moment d'incertitude , de favoriser par de fausses attaques l'entreprise des Espagnols, que leur feu annonçait avoir commencé; malheureusement encore , le guide qui conduisait ceux-ci s'étant trompé , les fit donner contre le boulevard le plus élevé de la ville, au lieu de les conduire sur le point indiqué , et les échelles se trouvant trop courtes , cette colonne fut obligée de se retirer, après avoir perdu les soldats les plus lestes, qui avaient réussi à grimper sur le haut du rempart.

■ Le duc de Savoie voyant son entreprise manquée , se disposa à regagner Vigon, aussi vite qu'il lui serait possible pour prévenir Lesdiguières au passage du Pélice et du Cluson , qu'il lui fallait traverser dans une marche , oix il prétait le flanc & l'ennemi. Don Amé de Savoie commanda l'avant-garde composée de la cavalerie savoyarde et de l!infanterie piémontaise; Charles se tint au centre , où il plaça l'infanterie italienne , à la suite de laquelle marchait Kartillerie ; enfin l'arrière -garde, aui ordres du marquis d'Est , était formée de la noblesse du Piémont , de la cavalerie piémontaise , de l'infanterie espagnole , et de la cavalerie italienne , qui fermait la marche, ayant sur ses Âançs

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