CHAPITRE XXVI
t^ennemi no suivait pas lé plan qu'on A» lui supposait ; il cr»igiiait M laisser derrière lui l'armée savoyarde , et il reparut en face d'elle le jnatiti du pre^ niier mai ; les en£ans perdus piéTnon>tais sortirent à sa rencontre sous la protection de l'artillerie du camp, et soutevtes de quelques piquets de cavalerie : Ift fusillade s'eflgag;ea vivemeal , sans que jamais monsieur «k Lesdigui^ res parvînt , comme il l'aurait de^re , k attirer Chartes hors de ses retranchemens; ce pri»câ , qui remplissait ses ■vues en couvrant le siège , n'eut garde d'engager par quelques monvemeiis invprndens une action décisive , et le général ennemi le voyant immobile dans .
ses lignes , se replia \ Frossasque , en passant) par Bâriaique , qu'it abandonna a- la fiireor da soldat (i). Le prince q^}^ piémontais coHrut dans cette occasion u»,^ le danger d'être assassiné ; et si Lesdiguièrefi ataîE était eapabbe" d'accepter la vile proposititrti d'un dc se» officiers, le coup* ararait appftiremment réosâi ; ear Charles , tpajontï plu» brave que prn- 4ent, se montrât souvent seul en availt de M& postes, «t y parlait ifràistinctexnent à tous ceux qui rapprocb^ienl); hem^eusement' que le gâterai fram^'ais reiusa de prél^- frtreffle au firejet d'un assassinat; il défendit aU lâche qui l'avait imaginé' de poursuivie «on entreprise;
i(70 GUERRES DU PIÉMONT
An iSgS. et cet homme . s'en retourna avec l2 honte qui suit une bassesse inutile.
L'armée de secours s'étaut éloignée de la place , le gouverneur envoya un parlementaire le lendemain ; manquant absolument de vivres, il capitula le 5 iil'p, j.'^''"'' ''' (i). Les Français se vengeaient de la perte de Cavour , en livrant au pil- ■ îage et au feu le pays soumis; à leurs courses , Piossasque , Cumiane , Aïrasque furent saccagés et brûlés, avant d'attaquer le château de Scalenghe, où quelques paysans déterminés s'étaient enfermés avec la récolte des campagnes voisines. Le duc de Savoie ne voulut pas laisser enlever ce riche butin sous ses yeux ; il s'avança le 6 à Pignerol , décidé à marcher le lendemain à l'en-
;; nemi (2); car la. prise de Cavour chan- *•**"**■ geait les intérêts des deux armées, et les vues des deux chefs; Charles, qui refusait constamment le combat durant le siège, le desirait depuis que maître de cette place, il ôtait aux Français leur seul point d'appui en Piémont , où, même en les supposant victorieux, ils. n'étaient point en état de se souteuir; d'autre part Lesdiguières n'avait plus d'intérêt à risquer une, bp-
taille , quand la défection des Vaudois ne serait: pas survenue pour le décider h une. prompte retraite. Ce peu-
, pie , n'écoutaftt .jamais que l'impressiofl