‹ Histoire militaire du PiémontChapitre 20 sur 176 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

tirait sa principale défense, fut entière- ^b 15^5. ment ruinée. André de Monfort , gouverneur de Nice , ne voyant plus de moyens pour prolonger sa résistance-, songea à sauver la ville par une capitulation qu'il signa le 33, et se retira au château. Le commandeur Paul Balbe* Siméom seigneur de Çavoret y commandait ; cet officier ayant déjà nue fois porté les chaînes des Turcs était déterminé à mourir mille fois avant de se rendre; il reçut avec dédain les propositions de l'ennemi , et il se défendit assez de temps pour donner au duc Charles et au marquis Du-Guast celui de réunir leurs forces , et de marcher k son secours ; les alliés s 'étant avancés sur les montagnes de la Bnga avec dix mille hommes d'infanterie et quinze cent chevaux , le duc d'Enghien se décida à lever le siège. Dès que la retraite fat résolue , les Turcs se dispensèrent d'observer la capitulation qu'ils avaient signée. Barberousse leur général crut laver sop affront par les désordres qu'il permit; et ce barbare satisfait de voir couler autour de lui les pleurs qu'il faisait répandre , n'arrêta I3 vengeance qu'après avoir permis les plus terribles excès ; il abandonna la vltle au sac; et un grand nonlbre d'habitans sans distinction d'âge ou de sexe se virent traînés dans le plits

84 GUERRES DU PIEMONT

l^B i545. dur esclavage (i); c'était le huitième jour (ocimpuiifeiii.. ''" mois de septembre : jour et mois piK'i^I^urfta glorieux et mémorables dans notre hisri^-„"ïï;rA^°.: toire (a).

C'unï'hîïS; Les Français et les Turcs s'étant reti- AÎrt;^"i£^- '■^s ^" Provence , les coureurs de l'armée fbmT'-'ÏbIiÏ ''^ secours parurent le 9 à la vue de ^"'-'^^mu^. Nice, et le i3 toutes les troupes y étaient ri.'d.l'p^i'o'S.^ arrivées (2). Le duc de Savoie qui s'y ii''"i!*-'jl^M ""endit en personne, après avoir réparé no**u*''' ""^ I3 place-, soulagé aux malheurs des hacl?J"°î-!^'Lu*i W*3"s, et récompensé la garnison, nomma il*"'*îT^'*' monsieur de Monfort son lieutenant gé- B;iî;^; - '^^ neral dans le comté de Nice, et revmt tus,iik. a,»p.7. en Piémont (5) (b). Le marquis Du- Guast l'y avait précédé pour foire le KT.'Î.SiîX"' siège de Mondovi. Cette place était défendue par le seigneur de Dros , l'un des IsjcudUu». premiers qui eussent trahi la èause de Charles le Bon; sa naissance, son courage et ses talens , en lui faisant une . ci'™^"^;"!: grande réputation parmi les étrangers (4)i whodort'ii^î'"* avaient attiré la haine des Piémontais, «un. 4. ' qui regardaient son infidélité comme d'au-

tant plus criminelle , que ses services

(a) Le souvenir ie h d^ivrance de Nice fut coaservé par det médailles , dont la légcade porte JVicnea a Turcls et Gallis ohtessa.

(b) Cinq mille deu:i cent perjonuai de toat dfe et de tout sexç furent conduite» «n esclaTaRe par tec Turcs, qui emporlfrrut de Nice soixante mille ducati,

Jofredi, iVIc. civ, sac, mon. iU-,

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auraient pu être utiles à son pays, où Ahi^H. ii occupait des places importantes. Un tel gouverneur j ni monsieur d'Ëscros son lieutenant , te même que nous avons nommé parmi les traîtres qui guidèrent les ennemis à Nice , n'étaient pas homnies à se laisser effrayer; aussi répondirent-ils fièrement aux menaces du gé-' néral espagnol. Monsieur Du-Guast ne pouvant rien gagner sur leur esprit , fit attaquer par Tes troupes de Savoie les deux fauxbourgs de Carasson et de Breo» défendus par quatre cents Italiens. Les retranchemens qui les couvraient ayant été emportés l'épée k la ,main , dix canons furent aussitôt dressés en batterie contre la ville sur le front de Vi (i). fî^'-'c?^»! La brèche était faite le 27 octobre. Les " Fiémontais et les Espagnols montèrent deux fois à l'assaut , et deux fois il^ se virent repoussés avec perte. Les assiégeans reconnurent alors la difficulté qu'il y aurait à emporter la place de force , et l'impossibilité de réduire le gouverneur. à capituler, tant qu'il conserverait l'espoir d'être secouru; l'on s'avisa en conséquence d'une ruse , qui réussit à souhait ] le marquis Du-Guast ayant intercepté une dépêche de monsieur de Bouttières, substitua à l'avis d'un prompt secours l'ordre positif de sauver \i garnison à tout prix ; l'on contrefit si bien le cachet et .l'écriture des lettres , que Dros ne se doutant

86 ÔUERÎIES DU PI^MOMT

An i545. pas du stratagème (i) , Didtiquant de vivres, et pressé d'ailleurs par les Suisses ll.-l^'."!'w'^î"- *!"' s étaient soulevés (a), arbora le dru-

Sîs^'ut'Î!!''™"" P^^" blanc, et pendant que son lieaojiioutiucxom- tenant traitait de la capitulation , se

cu>p*uj'ub. 17.^ sauva par une fausse porte à la Roquede-Baldi; la garnison obtint de sortir le 3 novembre avec armes et bagages; cependant elle fut dévalisée par les Espagnols , sur qui les Suisses en tirèrent une vengeance terrible à la journée de (*) G»i=i«™. Gérésole (3). /

>i'; ï-ji"'pï4-- La prise de Mondovi valut aux alliés

li" 6*, ch.p. 4". -1 celle de quatre-vingt-cinq bourgs ou châteaux, qui rentrèrent deux -mêmes sous l'obéissance do leur ancien maître O) BaiMuento. (4)' Du-GuBSt marcha sans perdre de temps à la Roque , comptant l'assiéger ; néanmoins ayant reconnu cette place plus forte qu'il ne l'avait pensé , il suivit sa route vers le centre du Piémont ; son approche jeta l'épouvante à Savillan , à Quérasque, à Cenlal et à René; ces craintes étaient d'autant mieux fondées, que les Suisses cantonnés dans ces villes s'étaient mutinés , et en étaient sortis sans ordre pour se rendre à Carignan ; mais les Impériaux avaient d'autres vues; ils marchèrent par Carru et La-Trinité à Fossan, où ils jetèrent un pont sur la Stiire, qu'ils passèrent pour venir camper à Marènc; de Marène ils se^ rendirent à

' Cavalimour, et du là à Sau-Fré; cette

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