‹ Histoire militaire du PiémontChapitre 21 sur 176 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

dernière marche manqua d'être fatale Aa i5^3. à Charles 111, qui sciait arrêté à Cavalimour pour y entendre \a messe escorté de vingt-cinq gardes seulement, un parti français étant arrivé iiiupiiiémeut ddiis ce village peu d'instaas aprùs que le duc en était sorti. Ce ne fut pas au n-sle la seule imprudence 'le cette journée ; monsieur Du-Guast disposant sou ordre de marche laissa son bagage sous l'escorte de son arrière-garde , dont le comte de La-Trinité avait le commandement ; cet officier ne tarda pas à être attaqué par des forces supérieures qui le battirent complètement; les équipages furent enlevés; et il se sauva lui-même avec beaucoup de peine (i). ' <ow9Dt)„;ii

En apprenant l'arrivée des Impériaux à San-Fré, monsieur de Boutlières jugea que leur dessein était d'en venir à une action générale ; trop faible pour la risquer , il se détermina à abandonner quelques-unes de ses places, et à concentrer ses forces â Pigncrol , où il comptait se retirer; mais s'élant arrêté à Carignan pour eu démolir les fortifications (2), Du-Guast le joignit, et ijt ^,*J,'^!'i"''l'£I attaquer son arrière-fjarde par s.i cava- p'j'";j;,^'''j;^i, lerie , qui guéa le Pô à Louibriasque , pendant que l'infanterie s'était portée en face de Carignan sur la droile du fleuve, en attendant les bateaux qu'on Élisait descendre de VUlefranchc. M.'

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^ai54S. d'Aussun qui commandait les Français se vit serre de trop près pour éviter un engagement ; il se prépara au combat , quoicpie monsieur de Vimercati lui conseillât de gagner Carmagnole et de s'y enfermer ; les Impériaux l'atteignirent au pont de Non entre la Loge et Moncalier; l'action fut vive , et après une longue résistance , les Français furent complètement battus. Du-Guast voulut profiter de cet avantage , el se saisir de Carmagnole , dont on avait retiré presque toute la garnison; il n'eut qu'à se présenter pour s'en ^rendre maître, et revenant ensuite à Carignan , il y établit son quartier-général, afin de diriger lui-même les fortifications nouvelles par lesquelles il prétendait rendre cette ville une des plus importantes places du Piémont; son armée logée dans les villages voisins couvrait les travailleurs, que le duc de Savoie fournit en grand nombre ; en moins de cinq semaines l'ouvrage fut entièrement achevé; la place ayant été pourvue de vivres , et d'une nombreuse artillerie , le général espagnol y laissa quatre mille hommes de garnison sous les ordres de Pierre Co;- . lonne, et conduisit son armée à Chieri

iiim.irç..»»u»r. Mousieur Du-Guast n'avait pas le pro- Ï^S"o!«.-l'itw- jet de s'arrêter long-temps dans sa nou- "" ' **■ ''* velle position , d'où il fit des détachemen»

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qui s'emparèrent d^ Vineuf, de Piobesî An i5ii7. et de Raconis ; il envoya César Maggi à Carmagnole avec un corps de trois mille hommes , fit passer les troupes savoyardes dans le Verceillais, et se retira lui-même à Asti avec le gros de son armée aux premiers jours de décembre, en confiant la défense de Chierî à trois mille hommes commandés par Louis Vestarini. Les Français avaienC pris leurs cantonnemens dans les envi* rons de Pignerol, et tout semblait annoncer un hiver tranquille , lorsque le comte d'Apport, gouverneur de Fossa»

pour l'empereur , troubla le repos deS' quartiers en tentant la surprise de Barge; trompé par un marchand de cette dernière ville nommé Granuchin , qu'il retenait prisonnier, il iiit la dupe d'une suite de ruses grossières , et il paya de sa vie son imprudente sécurité. Maggi en apprenant le malheur de cet officier craignit pour Fossan , dont une partie de la garnison avait été massacrée \ Barge; l'importance de Fossan décide le' commandant de Carmagnole & y faire passer du secours , malgré le danger qu'il y avait à traversei- un pays où l'ennemi tenait des postes; deux compagnies italiennes et une de Fiémontais aux ordres de Jacques de Bernex fu-' rent destinées à cette expédition sous l'escorte de quelque cavalerie espagnole ;

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go GUERRES DU PIEMONT

]'oii fit tant de diligence que l'on arriva à Fossan sans être alfeint par la caritisoii. française de Savîllan , qui s'était, rtiise en campagne ; mais l'escorte n'eut pas un aussi heureux retour; elle fut attaquée par Moniluc, et par le seigneur

-de Cental qui la défirent (i).

Cependant monsieur de Bouttières , extrêmement resserré à Pignerol, songeait à profiter du temps où les Impériaux étaient en quartier pour s'étendre dans l'a plaine; un renfort de huit mille hommes qu'il reçut dans ce temps affermit son projet d'entreprendre l'offensive , et ayant retiré de ses garnisons les troupes qu'il n'y jugea pas indispensablement nécessaires , il marcha à Vigon , à Pio- Iiesi, à Pàncalier et k Vineuf, que les Espagnols évacuèrent en se retirant sur Carmagnole. L'armée française passa le Pô vers Polonghère , et arriva en vue de cette dernière place , très-mal fortifiée alors, et où it régnait la plus grande animosité entre les commandans espagnols, qui se replièrent à Chleri le aS décembre , non sans être poursuivis dans '

;; leur marche (a). Pendant que les Français se logeaient à Carmagnole avec le gros de leurs forces, une colonne détachée, aux ordres de Louis de Birague , se portait dans la province de Verceil, s'emparait de Santhia sans diJHculté , et attaquait S. t-Germain, dont le gouverneur

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