‹ Histoire militaire du PiémontChapitre 22 sur 176 · CHAPITRE iVt Qï · texte numérisé non relu

CHAPITRE iVt Qï

se lendit, après avoir soutenu un assaut, ^n i545. Monsieur de Bouttières informé de ces succès, se remit en mouvement pour couper les communications de Curignan avec Chieri et avec l'Astesan. Ce but ne pou' vant être rempU qu'en abattant le pont que Colonne avait sur le Va , ce fut à y réussir que le général français s'attacba principalement. L'importance de ce poste aurait dû engager le gouvcrneur de Carignan à le couvrir par de bonsouvrages , et on a lieu de s'étonner que le sage Colonne ait négligé ■ cette précaution; il se contentait U'eulreteiûr une garde de cent hommes à la tête du pont vers Carmagnole : peut-être se croyait-il toujours à temps de le soutenir, ou peut-être pensait-il que l'ennemi n'était point dans le cas d'entreprendre u» siège de cette importance. L'armée française s'élant mise en muuvemenf; vei-s la moitié de décembre , poussa deux cents hommes contre le pont de Carignan ; l'attaque commença à la f;ivcur de la nuit par lu &u d'une pièce de canon , et les Espagnols surpris furent mis en fuite dès les premières décharges. Le capitaine Montluc qui commandait l'attaque prit poste sur la gauche du fleuve aiin de protéger l'ouvrage des pionniers, qui descendus à vaul'eau dans des barques entreprirent de couper les piliers qui soutcualcul iti ]^>uut. Au bi'uit

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gî 6UERRES DU PIEHONT

jln 1545. d'alarme une partie de la garnison cOn< duite par Colonne loi - même marcha contre les Français. Montluc ne conjplait ■jamais le. nombre des ennemis; il profita d'un brouillard très-épais qui cachait sa faiblesse aux Espagnols, et qui dérobait à ses propres soldats la vue du danger dont ils étaient menacés , et il se soutint contre des forces ti-ès-supérieures; cependant quelques fuyards portèrent l'alarme dans l'armée qui se tenait en bataille sur le rivagç opposé du Pô * et le désordre s'étant mis dans les rangs, l'on ne songea plus qu'à fuir vers Car- .s magnole. Le bruit causé par ce désordre porta un tel effroi parmi les Impériaux que rien ne fut capable d'arrêter leâ soldats. Cette double méprise laissa à Montluc la liberté d'exécuter paisiblement son entreprise; il acheva de couper le pont, et il se rendit à l'aube du jour vers un corps d'infanterie, qui revenu de sa première frayeur s'était avancé pour le soutenir. Monsieur de Bouttières satisfait d'avoir heureusement rempli ses vues , malgré l'inconvénient de la nuit , resserra Carignan , en plaçant des déta— chemens à Polonghère , à Fîobesi , à Vigon , à Vineuf et dans les châteaux ..^''i^ïi^ullï; u^: t^es alentours (i)..Son dessein était d'afîi»i^ h"!"?.''— faiblir Carignan par un blocus , pendant ««.puj.iii^ lit. qu'il employerait Iç reste de ses troupes au siège d'Ivrée. Cette place, tout«

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médiocre qu'elle était , échappa cette Jn 1545. fois aux mains d'un ennemi qui s'en croyait déjà le maître ; les Français avaient poussé leurs travaux avec beaucoup de vivacité, et tout semblait annoncer la chute prochaine de la ville , lorsque le général de Bouttières leva le siège , et se replia sur Chivasso ; on l'accusa d'avoir manqué cette opération pour 6e venger de son rappel , dont il apprit alors la première nouvelle (i); et ^'<"» af,â^'^Jî^',J"* ne tira d'autre fruit de cette fatigante K.iitarfjj<™.i. expédition que la prise du château de ci;™'^««'^iibl Saint- Martin (a); on la paya bien chèrement par la perte du bourg Saint^Dalmas, ay Hompui» que le gouverneur de Coni surprit, et «toïaUfii..*!." dont il rasa les fortifications , après en avoir enlevé les magasins (5). 8.Sta^^wii^

Le duc d'Enghieo, successeur de mon- *• •^'^ sieur de Bouttières dans le commandement de l'armée française en Piémont, n'arriva pas plutôt à Chivasso, qu'il fit attaquer Crescentino ; s'en étant emparé , îl divisa ses forces, et il marcha par un froid extrême dans la province de Verceil , et contre l'importante place de Trin; mais après vingt jours de travaux inutiles , ce siège fut abandonné , et les Français se réunirent dans le Verceillais, où ils tétaient déjà emparés de Palaz- Z0I0 et de Dezane , qui favorisaient les mouveroens des Piéinontais sur le bas Pô î*) irfei. rm. (4); maîtres de ces postes ils s'attachèrent ^Viu^'ptrt^»:

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jtir i543. à inquiéter les communications de Verceil avec Casai par la fortification de Stropiane, d'Azian et de Sales, qui formaient avec Dezane , Santhia et Saint Germain une ligne de postes, depuis la Sesia jusqu'au canal appelé le Navitlp. Pendant que le duc d'Enghien semblait entière- .ment occupé du soin de s'clablir dans cette province , il suivait toujours l'idée quavait "eu son prédécesseur de s'emparer de Carignan. Cette place donnait à Turrn des inquiétudes continuelles, troublait la navigation du Pô, et le commer(;e du Piémont, qu'elle assujettissait en partie. Le nouveau général décidé de s'en rendre maître, rappela ses forces à Moncalier, d'où il alla lui-même reconnaître Carignan. Quelque fût néanmoins son désir d'en entreprendre le siège , les difficultés qu'il remarqua en examinant de près l'état de la place le déterminèrent à la resserrer seulement par vp, étroit blocus; car les postes précédemn?ent occupés par Bouttières ne coupaient pas entièrement les communications des assiégés. Le succès de cette opératioji paraissait encore bien douteux aux phis habiles ; cinq grands bastions ûnîs par des courtines , et couverts par un large fosse, formaient l'enceinte de Carignan,, défendu par quatre mille hommes, de . vieilles troupes sous les ordres de Pierre '. Colonne^ dout l'intelligence et la bravoure

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