CHAPITRE V. to
la tète des deux mille Espagnols «t de* ^«1644; trois mille Allemands de sa droite. Ce corps, l'élite des Impériaux, se précipita sur les Gryeriens et sur les Italiens qui lui étaient opposés; les uns n'étaient que des paysans de nouvelle recrue, les autres n'étaient qu'un ramassis de bannis de la Lombardie, du Monferrat et du Piémont, plutôt exercés au brigandage qu'à la guerre; aussi n'atlcndirent-ils point la charge, ils prirent la fuite, en abandonnant leurs officiers et la batterie qui les couvraiL Le duc d'Enghien , désespéré de leur lâcheté, chercha de leur donner le temps de se remettre, en chargeant à la tête de sa gendarmerie; mais Du-Guast débarrassé des Italiens tomba sur la cavalerie qui l'inquiétait de flanc; la repoussa avec perte , et l'ayant presqu'entièrement démontée, il revint & l'infanterie qu'il avait battue , et la maltraita horriblement. Paul Vagnon seigneur do Dros, et monsieur d'Escros qui ta commandaient, furent tués à cette seconde attaque. Le prince de Sulraone avaiE profîté dft ce moment pour marcher contre les archers à cheval de Dampierre; ses efforts furent inutiles; il fut forcé de se retirer.
Les irrégularités du terrain sur lequel on combattait cachaient au marquis Du-Guast le désordre de son centre, et au général iran^ais les succès du sien ,
Io6 GUERÎIES DU* PIEMOHT
Jn 1644. dont il n'arait point de nouvelles. Le duc d'Enghten , battu lui - même comme il rélait , &it au ntoment de se donner la mort , et revenu de ce mouvement de désçsjpoir, il commençait sa retraite vers Carmagnole , quand il reçut l'avis que l'ennemi était en pleine déroute sur tous les autres points de la ligne. Du- Guast apprit à-peu-près au même instant le malheur des siens , et retionçant dès-lors à pousser plus loin un avantage, qui risquait de lui devenir fatal, il songea k se rapprocher de son aile gauche ; mais pousse à son tour par la cavalerie ▼ictorieuse de Dampierre , et par les restes dô la gendarmerie qui s'était ralliée à lui, il ne rejoignit les Italiens du I prince de Salerne qu'après avoir infini-
ment souffert. Cet officier avait reçu an commencement de la bataille l'ordre de ne point quitter le terrain qu'il occupait, et il ne l'exécuta que trop exactement ; ayant recueilli les fuyards qui arrivaient dans le plus grand désordre , il s'ébranla, pour couvrir la retraite de l'armée battue, et quoiqu'il perdît beaucoup de monde avant de pouvoir gagner les bois qui étaient à un mille sur ses derrières , il n'avait point été rompu encore, lorsque toutes les forces ennemies se réunirent contre lui ; accablés par le nombre , ses soldats perdirent tout-à-fait courage, jetèrent les armes.