CHAPITRE V
et cherchèrent leui' salut au milieu de jtn i5^. la cavalerie française , ayant remarqué que l'infanterie victorieuse ne donnait aucun quartier. Les Suisses surtout exercèrent une vengeance inexorable de l'affront qu'ils avaient reçu il Mondovï-la campagne précédente, et le carnage fut horrible. César Maggi, qui aurait voulu prévenir tant de malheurs. par une plus prompte retraite , ne se laissa ^as abattre dans le revers; tranquille au milieu des périls les plus pressans, il sauva par son activité et par son courage les restes de l'armée impériale , qui ayant perdu toute son artillerie et son bagage , se retira à Asti par La-Montà.
Après cette sanglante journée, qui coûta la vie à quinze mille hommes , le duc d'Ënghien , dont la perte avait été trèspeu considérable en comparaison de celle de l'ennemi , laissa garnison à Cérésole , et se retira à Carmagnole , dans l'intention de reprendre le siège de Carîgnan, après avoir donné quelque repos à ses troupes (i). L'on reprocha au gêné- "ii? J^^'* "jj*. rai espagnol deux fautes à cette bataille; ^^'i^^^.i'Z la première, de ne pas avoir tiré parti ^"^„^'""5" t; de l'infanterie .de son aîle gauche; '^ ^|,"jf ''î3;i„V seconde, de s'être trop abandonné à lï* ^■*';^'J^°"^;
«oursuite de la gauche des ennemis , ■■™pp''^^^ ; qui l'éloigna beaucoup de son centre, «'iwlî. - '^"^ qu'il eût pu sauver, si après la défaite St"^ 't^I^ ■ des Gryeriens il eût attaqué les Suisses ÎÏsTîÎbIi^'^»-'
I08 eVERAES DU PlEHONf
1544. en. ilanc. Quelque réputation qu'ait fki( cettCi victoire au duc d'Enghien , l'on peut également dire qu'il éloigna beau^ coup trop Ba gauche de son centre, et de sa droite; d'ailleurs la méprise qu'il fit la veille en abandonnant, pour retourner à Carmagnole, les hauteurs dont il s^était saisi, eût pu lui coûter' cher, si les lnip«riaux qui s'en emparèrent s'y fussent' tenus sur la défensive.
La perte entière du Piémont pour le duc de Savoie , et celle du Milanais pour Charle->Qutnt , paraissaient devoir être la suite de la défaite de Gérésole ; déjà le duc d'Enghien projetait d'entrer en Lombardie avec les Français et les Suis* ses, comptant s'y joindre aux ltalien& que le comte de ta Mirandole et Pierre Strozzi avaient dernièrement levés sous les drapeaux du rm ; il se proposait de continuer le siège de Carignan avec une $eule division ; et il est probable qu'on aurait trouvé par tout une faible résistance dans les premiers momens qui suivirent la victoire. La terreur était si
frande après la bataille, que les vieillea andes espagnoles , la gloire et l'orgueil des armée» autrichiennes , étaient elles' mêmes dans le plus grand abattement.
Heureusement pour les alliés, les progrès des Anglais et des Impériaux, qui étaient^ entrés en France empêchèrent le vainqueur de poursuivre ses avantages 'en
CHAPITltï V. Ï09
Italie , et obligèrent le roi k rappeler 4h 1544, la plus grande partie de ses forces. M/ d'Enghien renonçant dès-lors au plan ' qn'il avait forme , ne songea qu'à s'étendre en Eiémont , et retournant en Personne sous Carignan il envoya M.' e Thais s'emparer de Saint-Damian , de Moncalvo , de Saint-Salvador , de Pont-de-Sture , de Vignal et de Frassinet (i). Pendant que les armes françaises ut., étaient victorieuses dans le centre du»;!^Hw Monferrat, elles étaient battues sur ja J^^'*™'*"'frontière de cette même province. Pierre Strozzi ayant manqué son projet sur Milan par l'arrivée des troupes de Toscane dans cette capitale , avait passé le Lambro et le Pô , et s'était joint dans l'état de Parme à quelques recrues que le comte Pettiglîano avait levées.
Du-G-uast craignit alors que l'ennemi ne se portât vers Alexandrie par la voie Romea, ou qu'il entrât dans le Milana'is en repassant le Pô; et c'était en effet ce qu'il devait redouter davantage ; il se chargea conséquemment lut-méme de défendre le cours du Pô, et il envoya le prince de Salerne à Stradella avec ordre de combattre Strozzi s'il s'y présentait. Ce général, instruit des dispositions des Espagnols, donna à ses troupes des vivres pour quatre ]ours, et longea v 'A- -s- - *•«l'Apennin, ne comptant redescendre dans cimp'.iT'îii.^isrt I4 plaine qu'aux bords de la Scrivia (3). ^^iVH^Î^'^
IIO GUERRES DU PIEMONT
An i5^4. Monsieur Du-Guast prévenu de la marche de l'ennemi , détacha vers lui le princç de Salerne , César Maggi et le prince de Sulmone , qni ayant fait Ja plus grande diligence l'atteignirent près de Serraval (,)Du-B.u.j,u.. au moment où il passait la Scrivia (i) , c-ni7.n^"hb.'i'8.~ le 4 ]"'"• Strozzi vit alors qu'il ne pou- Bern^»T.«».[-!t- ^^jj. j.yjj.gj. (jg combatlrc , et il attaqua avec intrépidité ; mais après quelques momens de succès il fut rompu par la cavalerie impériale et complètement démMur.Mri.*.- fait (a) ; peu des siens auraient échappé, "cforii^p"»'»"; si les Italiens-Espagnols n'avaient épargné iibU^-ïâoîi'»^''" dans les Italiens-Français les enfans de la prim'.lTJ'ppi.^'in même patrie. Cependant les vaincus ne l^'a/— ■ Moù«- pai'^'U'ent à regagner Plaisance qu'à la ™rio. lit. s. faveur des croix rouges qu'ils prirent, et avec une perte considérable. Cet avantage , qui sauva la Lombardie , et qui Valut aux Impériaux quatre-vingt-huit Cî)Dn-Btii.ï.iiT. étendards ou drapeaux (5) , ne consolait iarilliifrib. 4. - P^' '^ '^'^'^ Charles des nouveaux mal- •^*B"'' ■"""•»■ heurs qu'il éprouvait chaque jour. Le moindre acte d'autorité de sa part excitait à la révolte. Le peuple entraîné par l'exemple des factieux méconnaissait souvent Je frein des lois; ceux qui portaient une devise espagnole pu française paraissaient surtout oublier qu'ils étaient Piémontais , et se croyaient dispensés de ce qu'ils devaient à leur infortuné souverain. L'on accuse le marquis Du-Guast d'avoir secrètement favorisé ces désordres,