‹ Histoire militaire du PiémontChapitre 34 sur 176 · CHAPITRE Vi; lat · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vi; lat

Àe l'année i55o, avec un corps de troupes: ce nouveau général ne tarda pas à y recevoir l'ordre de soutenir le duc da Parme, que le pape avait déclaré rebella au - saint - siège , et que les Impériaux combattaient. L'entreprise était hasardeuse, et le maréchal avait de la peine à s'y prêter ; il sentait la difficulté da ùàn traverser à $es troupes une partia de la Lombardie ou des terres de Gênes pour arriver dans le Parmesan; il fît à ce sujet des remontrances , qu'on n'approuva point, et il lui fallut songer d'assurer par la rase la réussite de ce plan mal digéré. D'abord il sentit l'impossibilité de tenter l'entreprise avec des soldats français, que les habits et la langue décèleraient infailliblement; il ne lui restait donc qu'à l'exécuter avec les vieilles bandes italiennes de son armée, formant un corps de mille hommes fidèles et aguer* ris. [I rassembla en conséquence ce corps à Turin, et après avoir confié son plan aux officiers , il congédia publiquement ' leurs compagnies en délivrant à chacun des passeports pour se retirer chez soi; un ordre secret tut cependant donné pour qu'ils eussent à se réunir de nouveau à la Mirandole; monsieur de Termes, qui devait en prendre le commandement, et les conduire h Parme, était déià heureusement arrivé à sa destination: l'on avait assuré . le passagç de cet officier.

laa GUERhES DU PdMOHT • en lui donnant le titre d'ambassadear à Rome , et le pape ayant refusé da le recevoir , ainsi qu'on l'avait prévu , fien ne l'empêcha de remplir sa mission; il n'en fut pas de même des soldats qui le suivirent sans armes , et par petites troupes, comme venant d'être éasaés; Ferdinand de Gonzague, informé des vues du maréchal de Brissac , fit publier un ordre par lequel il défendait sous peine de la vie aux gens de guerre étrangers de passer dans son gouverne^ inent ; et d'après cet ordre, les Italiens au service de France qu'on arrêta dans te Milanais furent mis à mort; plus da cinq cents hommes périrent misérablehient, quelques-uns se sauvèrent dans les montagnes de Gênes , et peu enfin allèrent rejoindre monsieur de Termes.

Brissac cria bien haut contre la cruauté de Gonzague , auquel il s'adressa en vain pour avoir raison de l'injure qu'on venait de faire à ses passeports ; le gé-> néral espagnol répondit constamment qu'il n'avait point reconna des soldats français dans les malheureux qui venaient de su^ bir la peine prescrite par les lois; et pendant que cette dispute aigrissait les esprits , quelques contestations nées à Barge , dont le château était occupé par les Espagnols , tandis que la ville l'était par les Français , donnèrent le signal des hostilités, que 'Brissac avait

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intérêt de commencer le plutôt possi- ' ble, afin d'opérer une diversion aux sièges de Parme et de la Mîrandole , vi- Ycment pressés par les Impériaux.

Le maréchal voulait commencer la guerre par quelque coup qui donnât de la réputaUon à ses armes, et il forma le projet de surprendre en même temps Chieri., Saint-Damian, et Quérasque ; ses troupes partirent pour ces expéditions , de Turin , de Mondovi , et de Salaces, la nuit du 5 au 4 de septembre. Monsieur de Brissac se rendit lui-même à Chieri k la tête de trois cents chevaux et de deux mille quatre cents hommes d'infanterie ; l'on espérait de surprendre la place; mais le comte de Lampugnan qui y commandait avait été prévenu de la marche de l'ennemi , et s'était préparé à la défense; le général irançais n'en aurait pas moins tenté un coup de main , si ses échelles ne se fassent trouvées courtes en les approchant da rempart; cependant cet inconvénient inattendu ne lui fit point re- . Doncer à l'espoir de se rendre maître de Chieri; profilant du reste de la nuit, il dressa en batterie contre la courtine de la porte Du 'jaune dix pièces de canon qui le suivaient; quelque fût cependant l'activité des assiégeans, la brèche n'était encore que très -imparfaite après soixante et douze heures de feu.

114- GUERRES DU PI^MOIfT et la place eût été secourue, si Içs ha» bilans n'avaient pas forcé le gouverneur de capituler. Le comte de Lampugnan, victime de la haine que les désordres de ses troupes lui avaient attirée de la part des citoyens , se vit contraint à se rendre, la même nuit qu'une colonne était partie d'Asti pour venir le dégager.

Les Français qui devaient attaquer Saint-Damian se joignirent en route à Jacques Muratori seigneur de Valfenière, et renforcés par quelques soldats que ce gentilhomme avait rassemblés , ils arrivèrent deux heures avant le jour' sous les murs de la place. La compagnie d'infanterie .chargée de la défendre se gardait si négligemment, que les assaillans ne trouvèrent aucune sentinelle sur les remparts ; rien ne s'op- . posant à l'escalade qu'ils donnèrent , un détachement entra dans la ville sans être découvert , chassa les paysans de la porte voisine , et l'ouvrit an reste . des troupes ; les Espagnols eurent à peine le temps de se jeter dans le château, et les Français ayant fait venir . deux pièces de canon de la Gisterne, le gouverneur, qui d'ailleurs manquait de vivres , capitula au premier feu. Ces succès consolèrent Brissac d'avoir manqué Quérasqne ; deux gentilshommes pié- . montais, le comte de Bene, et le seigneur de Ceatal , devaient protéger U

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