‹ Histoire militaire du PiémontChapitre 35 sur 176 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

colonne d'allaqae ; mais la marche de ' ces difierens corps ayant été mal com- ■ binée, ils n'arrivèrent que successivement , et furent battus en détail pur la garnison , que les habitans secondèrent avec courage.

Aux premiers bruits de cette guerre le duc de Savoie avait rassemblé sa petite armée qu'il distribua presqu'entièrement dans les places, auxquelles il fit diligemment travailler, et il vit à peine l'ennemi se niellre en campagne qu'il sollicita Ferdinand de Gonzagne d'entrer en Piémont. Cependant ses instances les plus pressantes furent inutiles ; le 'général autrichien n'était pas disposé à lever le siège de Parme; et Brissac pro6tant de la circonstance attaqua Dronero, qui tomba après quelques jours; il poussa ensuite de forts détachemens dans les environs de Coni , dont il ravagea les campagnes. Ces avantages, et I exemple des malheurs qu'avaient souffert durant la dernière guerre ceux qui s'étaient maintenus fidèlement attaches au duc de Savoie , faisaient penser au maréchal qu'un grand nombre de Fiémontais aurait embrassé le parti de la France dès le commencement ^es hostilités ; il se trompa néanmoins; instruit par les évènemens passés, chacun se tenait k l'écart, et l'on ne vit se déclarer pour lors que ceux qui s' étaient précédemment montrés .

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136 GUERRE» DU »i:^MONT Brissac surpris autant que fâché d'une réserve à laquelle il ne s'était point attendu , s'avisa d'un moyen capable de tenter celui que l'intérêt seul empêcherait de se montrer, en confisquant les biens de tous les Fiémontais qui suivaient * les drapeaux de Savoie , pour les distribuer à ses officiers. Cette mesure injuste ruina un grand nombre de familles ; mais elle facilita la formation d'un corps dé trois mille Pîémontais au service de France, dont le maréchal donna le con>mandement aux seigneurs de Romagnau, de Bénével , de Malvoisin, de Carametli, de Ville, de Solar, et de Vacca. Mon^ sieur de Brissac profitait en même temp$ de l'éloignement des Impériaux pour se saisir d'un nombre de petites places ca>pables de lui faciliter ses communica»

tions et ses siïbsistances ; il s'empara en effet très-promptement de Montéu, de Villadéati, de Cusan , de Passéran , de Primei , de Monlciar , de Brusâsque, de Castelneuf, et de Brà. Tous ces postes avaient des garnisons , et plusieurs auraient été en état de se bien défendre, si on ne les avait pas attaqués avec les' armes de la séduction; le château de Barge ne tarda pas à 'être pris, et les fortifications en furent démolies. Kien ne s'opposant aux courses des Français, ils les poussaient souvent jusqu'aux portes de Yerceîl , en eolerant les partis

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