CHAPITRE VI
piémontai^ qui osaient se montrer, en campagne.
La situation du duc de Savoie semblait désespérée, si on ne réussissait à retarder les progrès des ennemis par de^ ouvertures de paix. Les négociations sont la seule ressource de la faiblesse ; Charles y fondant tout son espoir, chargea le maréchal de Challant et le comte de Provane de quelques propositions pour moosieur de Brissac ; mais ces avance» furent reçues avec dédain ; la faiblesse des Fiémontais et l'éloignement des Espagnols avaient donné de trop grandes espérances à la cour de Paris, pour que ees prétentions ne fussent point exagérées : l'on y avait cm sans doute , que Ferdinand Gonzagae serait encore longtemps retenu dans l'état de Parme ; son avant-garde arriva cependant vers la moitié d'octobre h. Alexandrie , où l'armée entière se réunit aux premiers jours de novembre pour marcher sur Asti , et bientôt à Poïrin. Brissac ayant rassem- .blé ses forces sons le canon de Chieri , les Impériaux firent des détachemens qvi s'emparèrent de Cusan , de Montcïar , de Passéran et de Primei ; Yilladéati leur ré;sîsta quelque temps , le seigneur de rïovel qui y commandait les ayant obligés d'y mener du gros canon et de battre la place. Pendant' que les Impéxiaux couraient ainsi le Mooferrat, George
ia8 GUEltHES ©U PIÉMONT Costa comte de La-Trinità , aussi brare, et plus gëDéreux que le comte de Bene son frère , était sorti de Fossan à la tête de quelques troupes piémontaises qu'il conduisit dans la province de Mondovi, à dessein d'enlever ou détruire les vivres dans les environs des places ennemies: sa mairche avait jeté la terreur dans Bene; la haine personnelle des deux frères ajoutait encore de nouveaux motifs aux raisons qu'on y avait de craindre un ennemi justement irrité ; heureusement pour cette ville La-Trinîtk n'avait pas des forces suffisantes pour l'assiéger; il se contenta de ruiner les campagnes qui lui fournissaient des vivres , et il rentra à Fossan , après avoir battu quelques partis français qu'il rencontra sur sa route. Lé maréchal de Brissac avait lui-même usé souvent de cette cruelle rigueur; il n'en fit pas moins à cette occasion des plaintes amères au général espagnol; car il est à remarquer que Brissac affectait avec le plus grand soin de ne reconnaître en rien le duc de Savoie, dont on ne parlait jamais, et c'était toujours au chef de l'armée impériale qu'il s'atfressait, pour les objets mêmes qui regardaient l'intérêt seul du Piémont: il proposait dans la circonstance actuelle de convenir de quelques articles en faveur du cuitt* vateur, et il y aurait trouvé des grands avantages au moment où l'ennemi maître