‹ Histoire militaire du PiémontChapitre 37 sur 176 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

dé Ia'cainpa£;ne comptait former ses magasins aux dépens des provinces occupées' par les Français; l'espérance de réussir dans ce projet fit refuser à Gonzague toute espèce d'accord; ainsi les malheureux habilans, victimes des deux partis, furent tour-à-tour pillés par l'un ou par l'autre , jusqu'à ce que les deux armées ayant égalemetit éprouvé les effets de la famine, l'on convint de régler respectivement les charges auxquelles le paysan devait être assujetti (a). C'était en effet sur cette classe utile et malheureuse de citoyens , que tombait le plus grand fardeau de la guerre ; perpétuellement exposés aux désordres de l'indiscipline militaire dans' les campagnes,' ils n'avaient au surplus ni la possibilité de porter leurs plaintes , ni la manière de les exposer ii des chefs étrangers, parlant des langues qui leur étaient inconnues.' l/armée française s'étalit retirée deChieri

(a) Apràs la prise de Bustpie ta i55a l'on accorda : « que la guerre ne se ferait aux paysans que y lorsqu'ils seraient trouvés menant des vivras dans » les forteresse» , et non au retour , à la sûreté du- » quel ceux qui tiraient secoufs d'eux devaient pour- » Toir. Le soldat allant et venant ne pourra à l'a- V venir prendre sur te paysan qu'un repas de es » qu'il a chez-lui, sans pouvoir le contraindre à allet » chercher des vivres ailleuri y.

Boivln, K». 3, Tom^ 11. 9

l3o GUERRES DU PIEMONT

k Turin, César Maggî força Louis de Birague k évacuer Saluggia, dont il démolit le château , Brissac de son c6té surprit le quartier de Saint-Bénigne; cette place à moitié ruinée fut emportée de force, et huit cents Espagnols qui s'y étaient imprudemment logés furent passés au< fil de l'épée.

Après cette expédition, le général français comptant sur la tranquillité qu'amène l'hiver, renvoya au delà des atpea une partie de sa cavalerie , et distribua , ses troupes en quartiers , de manière à couvrir les nouvelles fortifications de Chien, auxquelles il faisait travailler par deux mille paysans piéniontais. Les Impériaux quoique supérieurs en forces n'étaient pas dans la possibilité -de les troubler. Le manque des vivrtes , qu'on avait trop peu ménagés, réduisitGronzague à sé-

Î>arer son année, et à la disperser dans es villages, pour y être nourrie à discrétion. Cette mesure tourna encore à l'avantage des Français , car plusieurs gentilshommes accablés par l'entretien des troupes espagnoles , se décidèrent à accepter les offres avantageuses que Brissac ne cessait de leur faire ; le seigneur de la Chiusa fut le J>remier à se montrer , , et il faillit payer cher sa précipitation ; ]a cour de Pari» ordonna la deraolition de son château , dont il ne dut la

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