‹ Histoire militaire du PiémontChapitre 41 sur 176 · CHAPITRE Vîf. i5i · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vîf. i5i

militairement, et on le condamna à perdre la tète sur un échafaud, avec dix des principaux officiers de la garnison compromis dans cette malheureuse affaire.

Cet exemple de sévérité n'empêcha cepeidant pas le seigneur de Rossane de livrer son château a Brissac.

L'armée impériale était retournée à Afti, et les Français à Carmagnole, après le siège de Busqué ; l'on ne comptait (fe part ni d'autre rester long - temps dans l'inaction ; mais pendant que le {éaéral espagnol délibérait avec sa lenteur ordinaire , le maréchal iàisait dans le secret ses dispositions pour l'attaque ie Verrue. L'on était à Asti et à Verceil dans une sécurité d'autant plus profondé que Brissec avait donné des quartiers de repos à une partie de ses troupes , et l'on y fut dans le plus grand abattement quand on y apprit que deux mille hommes partis de Chien on de Moncalier bloquaient étroitement Verrue. Mille cinq cents hommes sortirent en même temps de Chivasso et de Vérolengue avec l'artillerie nécessaire au siège , et l'approchèrent de la place par la gauche ^n Pô. Les jfrères Birague, cominandans ie cette colonne, ayant battu le détache* ment qui leur disputa le passage du flrave, rejoignirent heureusement monsitar de Bonnivet , chargé en chef de l'expédition. Le canon fat aussitôt placi

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SOT une butte qui plongeait l6 pied du rempart , et les faibles murs qû.

entouraient la place commencèrent i s'écrouler après deux heures de feu.

Monsieur de Caméran commandait dans la ville une garnison de deux cents Piémontais , presque tous de nouvelle levée ; il ne se laissa cependant ^s abattre , et donnant l'exemple à «s soldats, il répara les ruines avec dei sacs à terre ou des gabions; profitait ensuite de la nuit , il fit relever iç parapet qui avait beaucoup souffert, 1 déblaya le fossé des décoratu^s qui Ig' remplissaient, et il commenja ime cou:

Sure, en même temps qu'il appelait pai es signaux répétés les garnisons voisines à son secours. Pendant que les assiégés s'occupaient de ces soins importans, Bonnivet continuait ses travaux, «t le feu de son artillerie commença à i'aube du jour avec tant de vivacité , qu'à midi la brèche était large et commode ; les Français se précipitèrent à l'assaut avec fui^ur, et parvinrent à ée loger sur le haut du rempart après ur rude combat ; les Piémontais s'étaienl jetés dans la retirade qu'ils avaient con»- -truite la veille', d'oil ils faisaient m 'feu si meurtrier que déjà les assaillais commençaient à plier, lorsque cinq certs hommes de réserve arrivèrent il leur ta* cùiàn ; la garnisob «xtrèmement fatiguée

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et qui ne pat résister au choc d'une ^n iSSa. . troupe fraicne , fut culbutée avec perte » . et Bonuivet entra des premiers dans la place pour en sauver les défenseurs. Co beau trait mérite d'autant plus d'être raillé , qu'ils étaient peu communs alors ; loin de maltraiter Caméran , le général victorieux donna les plus grands «loges à . sa bravoure , et pnt soin que <es soldats fussent respectés.

. Le duc de Savoie en apprenant le siège de Verrue avait joint ses forces . aux garnisons espagnoles de Casai , de Valence et de Pavie , qui s'étaient mises en mouvement, et déjà elles étaient ar^ rivées ii Pont-de-Sture qnand la place fut forcée. La colonne qui l'avait emportée ayant rejoint le maréchal , les Français qui occupaient Verrue et Chirasso pouvaient se diriger à leur choix contre le Monferrat ou contre le Cana»

Tais ; Brissac préféra d'agir sur la gauche dn Pô, et c'était sans doute le parti le plus sÛTy puisqu'il mettait ce fleuve entre - l'ennemi et lui , et qu'il se tenait à la portée de surveiller ses places. Monsieur de Brissa'c s'étant emparé de Castellamont, alla investir le château de Saint- Martin , défendu par cent hommes de la milice féodale, qui se rendirent, après avoir essuyé quelques coups de canon , et qui furent tons pendus. L'armée campa uitour de cette ^ce, dont on voulait

i54 GUBRRES DU PléMOKT ri*parer-les fortifications; l'on fit des détacljemens qui se saisirent de Castelletto, de Valpergue, de Courgné, de Pont, do ' Castelneuf , de Marsenasque et de toutes les petites forteresses , qui en assurant la partie du Canavais comprise entra la Gtiiusella et l'Orco, resserraient extrêmement Ivrée , ville capitale de la province. Ces expéditions consumèrent la moitié du mois de novembre ; et le maréchal jugeant la saison trop avancée pour rien entreprendre d'important, mit à contribution le pays voisin , et reprit ses quar-, tiers sur la droite de la Doire.

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