CHAPITRE VUI
SUITE DE LA GUERRE DE l55t.
Sommaire. Prise de quelques châtemat par les Savoyards, — Siège et prise de Saint - Martin. — Les Français s'emparent de la ville et du château d'Albe , dont ils augmentent les fortifications. — Les Impériaux s'approchent de cette place , et vont ensuite mettre le siège à Saint-Damian qu'il»
manquent par leur faute. — Lès armées rentrent en quartier de repos. —• Monsieur de Brissac réunit le premier ses forces , et porte la guerre dans les Langhes. — Attaque et prise de Cève. — : Ferdinand àe Goraaguc
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cherche à couper ta retraite à son ennemi. — Mouvemens des deux ar-< mées. — Brissac trompe les Autrichiens, et» revient sur la Sture, — ,Les Impériaux campent à Quérasçue, -r- Les Français rentrent dans les Langhes. — Siège de Courtemille. —
. Le secours repoussé^ — La place capitule. — Une grande partie des
. Langhes soumise en peu .de temps aux Français. — Marche des Espa-gnols décidés à livrer bataille. -^ Retraite du maréchal de Brissac. — ■ Jl campe à Riva de Çuiers. — M.' de Gonzague se porte à Buttilière
. comptant assiéger filleneuve. — Incertitudes de Brissac. — Ses mouve-
. mens. — Les armées sont en présence. — Escarmouches. — La bataille parait inévitable. — Une trêve est conclue pour quarante jours. — Motifs tjui la décident. — Mort de Charles III duc de Savoie.
Aussitôt que le duc de Savoie vit l'armée française se séparer , il mit ses troi^es en campagne , mais trop faible pour attaquer Saint-Martin avant l'arrir vée des Impériaux qui devaient le renforcer, il se rendit maître de Castel- Ifitto , dft Valpergue , de Courgné, de Gastelneuf , et de Marsenasque.. La prise 4ç ces châteaux occupa les Piémontais-
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Î5€ GUERRES DtT PI^nrONT ^iSSs. pendant quinze jours, au bout desquelft ayant été joints par quelques Espagnols , ils allèrent ensemble investir Saint-Martin , malgré le froid qui était extrême ; la terre étant couverte de neige et de glace , l'on dut faire les approches à force de saucissons et de gabions , l'on pressa néanmoins les travaux, et trois jours après l'investissement, les batteries commencèrent à tirer; la garnison com-' posée de trois cents Italiens sou» les ordres dn capitaine Keccannati fit planeurs sorties heureuses , malgré lesquelles la brèche étant faite après quatre jours de feu , deux colonnes , l'une de Fiémontais, Vautre d'Autrichiens, montèrent à l'assaut; les assiégés leur opposèrent tant de résistance , que la victoire paraissait douteuse , lorsque le gouverneur fut blessé ; le désordre se mit alors parmi le siens; les assiégeans entrant en vainqueurs dans la place, y firent «a carnage horrible ; l'on ne respecta ni le courage , ni les blessures de Reccannàti ; il fut pendu sons prétexte qu'il avait insulté les alliés du haut des murs durant les attaques; son malheur intimida le capitaine Agattico, qui rendit Pont k la première sommation.
Fendant que l'on reconquérait ainsi le Canavais , et que les Espagnols se dispataient pour savoir si l'on attaquerait (Hi non la petite ville de Gaselle , U
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«irprïse d'AIbe occupait le niaréchat A^t^t, de Brissac; instruit par quelques prisonniers de la négligence avec laquelle l'on s'y gardait , il espéra de pouvoir tenter avec succès un, coup de main contre cette importante place , dont il s'approcha , précédé de huit cents hommes d'infanterie' et de trois cents cavaliers. Ce corps s'étant rendu par une marche forcée jusqu'au Tanaro, sa saisit des moulins , et profitant de la nuit, il s'avança sans perte de temps jusque sous les murs de la ville. La négligence de la garnison allait si loin ^ qu'il n'y avait pas une sentinelle sur le rempart; les Français qui selon Adriani avaient gagné l'olficier commandant la garde de la porte , descendirent le fossé dans le plus grand silence , posèrent leurs échelles , et monsieur de La-Motte entra: dans Albe avec cent hommes choisis; il marcha sur la porte voisine, dont il surprit la garde , et tout se* passa si heureusement, qu'il était déjà dans la ville avant que les Impériaux fussent sortis de leur quartier. Cependant l'alarme étant enfin donnée, le gouverneur Fomari se rendit sur la place , où il rassembla autour de lui quelques soldats avec la plupart des officiers ; il paraissait déterminé à racheter son imprudence par une extrême hardiesse, quand charge à l'itnproviste^ il tomba des premieca toujt
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couvert de blessures au pouvoir dé l'ennemi; la garnisoD, quoique forte de hoit cents hommes, ne songea plus qu'à se sauver du côté de Courtemtlle. Les assaillans entourèrent aussitôt le châteauque les cent hommes rendirent au maréchal , qui arriva le matin avec toutes . ses forces. Ce général satisfait d'un succès aussi prompt et aussi complet récortipensa ses soldats par une contribution qu'il imposa sur les babitans , auxquels ' au reste il fit grâce du sac , quoique toute place prise la nuit y fût condamnée, disait-il, selon les lois de la guerre. Monsieur de Brissac, avant de retourner à Turin, fit travailler avec la plus grande diligence aux fortifications de la ville qu'il venait de conquérir j il forma beaucoup de traverses et de blindes sur les fronts qui étaient commandés par la colline ; l'on creusa les fossés , et l'on répara les boulevards.
Ces soins n'étaient pas inutiles; l'armée française rentrait à peine dans ses quartiers , que Ferdinand de Gonzague partit de Pavie , et rassembla à Nice de Monferrat dir mille hommes d'infanterie , huit cents cavaliers et vingt-quatrepièces de canon , à dessein de reprendre Albe , dont il ne croyait pas encore les fortifications nouvelles bien avancées; il voulut toutefois les reconnaître lui-même, et s'en étant trop approché, il manqua