CHAPITRE IX
' elle rencontra sur sa route un corps de quatre cents hommes qui la battit complètement j et quelque» fuyards apportèrent l'alarme aux casernes, d'où le seigneur deChâtelard^ rendit à la hâte auprès du maréchal de Challant. Il ne restait de ressource aux Fiémontais que dans une extrême hardiesse; ils se précipitèrent tête baissée sur les assaillans; mais le maréchal de Savoie ayant été fait prisonnier dès le premier choc , et Chatelard ayant été tué presqu'en même temps , leurs troupes ne songèrent plus qu'à regagner la citadelle, ouïe château. Chepy disposa SCS soldats aux avenues de ces places et le long des remparts de la ville*, en attendant l'arrivée de monsieur de Brîssac , qui ne tarda pas à paraître. Ce général pourvut d'abord aux besoins de ses troupes , en mettant en réquisition- une quantité de vin, et tout le pain qui se trouva dans la ville ; il comptait entreprendre sans perte de.
temps l'attaque de la citadelle; mais il fut extrêmement étonné en apprenant, que des dix pièces de canon trouvées à Verceil , huit étaient sans affûts, et les deux autres n'avaient que des roues déferrées; Quelque chagrin
rs ce contre-temps causât au général nçais , il ne perdit point l'espoir de, «'emparer de la forteresse, en profitant de la consternation où l'on y, était , et. Tom, IL 12
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TjS GUERRBS DU PIÉMONT
w<« 1555. il fit conduire devant la citadelle Ito. deux canons qui se trouvaient montes;, les roues s'en étant biisées dans le recul aprè» quelques coups tirés , il crut suppléer aux anuts qui manquaient par des chevalets sur lesquels il fit monter ces pièces. Cet essai lut réussit encore, moins , son canon ayant été renversé.- . à terre dès le premier ieu. Le mare-:
ehal qui n'avait point conduit d'artille-rie après lui , se trouva alors extré-i mement embarrassé; la retraite lui pa-, raifisant nécessaire , il rassembla un con>. seii de guerre dans la vue de l'autort-. ser. Quelque sages que fussent les raî-> sons qui déterminaient monsieur de' Brissac à ce parti , elles n'entralaèrent point le v<ea de ses officiers j la plu-, part se déclarèrent pour l'attaque de la citadelle , quoique partagés entr'euxsur le mode de l'exécuter ; les uns voulaient qu'on tirit promptement l'ar- . tilterie des places voisines , et qu'on fit Un siège régulier ; les autres désiraient qu'on profitât de la nuit et qu'on tent&t l'escalade; d'autres enfin opinaient pour qu'on s'approchât par une attaque précipitée d'une courtine, qu'on savait être très - faible , afin d'en sapper les fondemens, et d'ouvrir ainsi la brèche;' ces deux derniers projets , qui proa-.
vent à le fois le courage et l'ignorance de leurs autels, étaient d'une taécutioà .
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impossible ; te ' premier demandait un temps (]oe I'od n'avait pas : le maréchal n'en approuva aucun, et persistant dans ses. vues, il songeait aux ihoyens de les mettre en exécution'. Ce 'soia l'occapait uniquement lorsqu'on vint lui apprendre que le commandant du château, Ju'on n'avait gas mém& bloqué, demaur ait à capituler^; le chevalier de Valpergue intimidé par les menaces de quelques gentilshommes piémontals attachés au service de France , ou séduit par eux , abandonna avec ta place dont on lai avait confié la défense, lea riche* meubles , et les joyaux de la maison de . Savoie qui y étaient enfermés. Cette reddition précipitée étonna les plus lâches» et fut d'autant plus heureuse pour Brlsr sac, qu'un moment plus tard le château était sauvé.
Lb garnison en sortait à peine, que le canon de Verrue annonça là marche de ' l'armée espagnole an secoui^ de Verceili le maréchal assembla aussitôt an nouf veau conseil de guerre, dans lequel oti prit la résolution d'abandonner la ville et le château dès que la nuit serait venue ; cette détermination utie fois adoptée, te vainqueur frappa sur les ha- Iiitans de très-fortês contributions, qu'il exigea avec une rigueur extrême, et comme on ne put toutes les acquitter, l'on prit de» 6tiges pour la sdreté des soumei
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l8o GtJEHRES DU PIEMONT
restantes. L'heure de ta retraite étant enfin arrivée, les Français commencèrent il défiler vers minuit, en emmenant leurs prisonniers et un riche btitin, les églises même ayant été pillées. La garnison impériale , qui occupait la citadelle sous les ordres du maltre-de-camp Saint-Michel, fit en vain une forte sortie sur l'ar-rière-garde de Brissac , laquelle regagna les portes de Verceil sans pouvoir être entamée.
Saint- Michel ne jugea pas prudent de la suivre plus loin : le soin de s'as^nrer de la ville l'occupait assez , et cette précaution était d'autant plus sage, qu'il prévoyait assez, que si l'ennemi venait k être serré de près par l'armée de Gonzague , il chercherait peut - être à regagner Verceil. Le maréchal s'était mis en marche sur trois colonnes, et il arriva dans cet ordre aux plaines de Livourne sans avoir été inquiété. Comme il entrait dans ce village ses coureurs l'avertirent que la cavalerie piëmontaise, sortie d'Ivrée , de Crescentin, et de Masin, se nioatrait d'une part, pendant que les Espagnols s'avançaient oe l'autre. Dès que Gonzague apprit le danger de Verceil » il détacha de son camp de Valfenière douze cents chevaux, et trois cents arquebusiers d'élite, tfui s'étant joints à une partie des garnisons de Trin et de Ga-" «al} s'avancèrent vers l'emiemi, et si le
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