CHAPITRE IX, i8i
général chargé de cette opération t'eAt exécutée avec l'activité nécessaire , il n'aurait pas été possible à Bnssac d'éviter un combat dans lequel ses troupes , harassée5 de fatigue et chargées de butin, eussent été iacilement battues; mais le marquis d'Est marcha avec tant de lenteur , que son avant - garde seule atteignit les Français à Livourne. Le maréchal l'ayant reconnue jugea pouvoir continuer sa retraite, en prenant quelques précautions; il trouva dans le village les chariots nécessaires au trans-
Sort du butin , dont il déchargea le solat: il ploya son infanterie en bataillon quarré , sur les aîtes duquel il distribua sa cavalerie par petites troupes, et il se remit en marche dans cet ordre sous les yeux de l'avant-garde espagnole , et des Piémontais qui s'étaient joints à elle. L'on escarmoucha presque sans discontinuer depuis Livourne jusqu'au bord de la ' Doire Baltée , où les Français se rangèrent ^en bataille ; il leur fallait traverser cette rivière au gué , malgré la violence du courant : la présence de ■l'ennemi rendait l'exécution de ce mouvement plus dangereuse encore; Brissac comprit sans doute que le moment de l'arrivée du marquis d'Est serait celui de son entière défaite s'il ne réussissait à le prévenir; il fit à la hâte les dispositions nécessaires au passage de la Doire:
rSa GUEBBES T>C PIEMONT Jn i555. ii forma' son arrière - garde de font ce
tu'il avait de meilleurs cavaliers, et penant qae ce corps choisi éloignait l'ennemi, U poussait le reste de sa cavalerie et les chariots à la partie supérieur£ <lu gué pour en feciliter le passage fa son infanterie; la colonne ayant ainsi heureusement d^Blé , le général qui s'était toujours tenu à son arrière-garde, suivit avec elle le reste de sa. petite armée, et l'ennemi n'ayant point passé la 'rivière , les Français arrivèrent sans aucun obstacle k Turin , d'où ils entrèrent bientôt en quartier ; les Espagnols prirent les leurs, après avoir achevé la fortiRcation de Valfenière , et l'hiver- se passa en combats de partis, qui ne décidèrent que de la ' perte de quelques hommes. Ce fut pendant ce temps de repos que l'armée impériale changea de chef: Charle- Quint rappela Ferdinand Gonzggue, en nomr mant à sa place Don Gomez Suerez 'comte de Figueroa ,. qui ne partageait pas la haine de son prédécesseur pour la maison de Savoie, mais qui n'avait pas non phis ses talens militaires.
.^n 1S54. ■ .Le mois de mai étant venu, Bri^sae se mit en mouvement fa dessein d'assiéger Valfenière, qu'il savait mal pourvue; donxe mille hommes se réunirent fa Saint- Paul et fa Soubry, villages brûlés par les Espagnols, et mille chevauT se portèrent à Isolabella. Le maréchal s'élant