CHAPITRE II
dùisirent un riche convoi. Le général An i55y, français ne voulant pas perdre entièrement le fruit de sa marche , se dirigea vers Àlbe, qu'un faible détachement défendait ; en vaia Don Pierre d'Arragon ,, gouverneur d'Asti , .prétendit l'amuser pour se donner le temps de jeter dans Albe un gros de cavalerie , il ne put ni entamer l'ennemi . ni faire passer son détachement, qui battu en cheratu lui apporta la triste certitude de l'investis&emeat de la place; la garnison s'étant retirée dans le château, la ville ouvrit ses portes, et. le château lui-mê-me capitula le lendemain. Quérasque fut repris le même )our, avec autant; de facilité qu'il avait été perdu , et d'Humière doiuta les ordres pour mettre l'une et l'autre ville en état de défense; nais ses plus grands soins furent donnés à Mondovi , que Charlea de Vagnon , seigneur de Dros, gagné> an parti de la France, lui livra lâchement (i). a.^-aov,^. ^i
L'armée française ayant pris des quar- b>V..o.-c>'n>^î tiers de repos après celte conquête ,**'"' César Maggi jugea pouvoir profiter da son éloignement pour surprendre Turin, où les Français taisaient assez mauvaisa garde ; il était assuré d'y trouver do nombreux partisans , parmi lesquels il comptait surtout sur le fn-ésident Balbe, sur Paul Vagnon, sur César Duc, et
56 GUERHES DU PIEMONT
An tSS?. sur François Perdome , qui jouissaient dii **ul "«"'.""ilî' P'"* grand crédit dans la ville (i); l'on »mj;t.l fc' ■ avait même réussi à gagner un caporal de la garnison qui promit de livrer la porte Susine le jour où il en commanderait la garde ; ce jour étant fixé au a6 juillet , Maggi se rendit d'Asti à Volpian par une marche forcée de vingt-quatre heures, et après avoir donné un court repos à sa troupe il s'approcha de Turin ; son avant- garde s'étant saisie des bacs sur les rivières qu'il devait traverser , il parvint heureusement jusqu'à la Sture , qu'il passa à gué , en y laissant des détachemens pour empêcher qu'on ne iiiit averti à Turin de sa marche. Arrivé à une petite distance de la place , Maggi divisa sa troupe, et donna les échelles au corps qui devait escalader le rempart : les Espagnols s'en approchèrent sans être reconnus, et déjà aeux capitaines , suivis de cinquante soldats , étaient parvenus sur le haut des murs, et avaient gagné la porte qui leur fut -c-û.^"îltii"!'u.' livrée (a) , lorsque l'alarme se répandit dans la ville; Boutière ne perdit point courage dans ce moment de confusion ; il se mit à la tête de tout ce qu'il put rassembler de soldats , et il fit sur les assaillaos une charge si vigoureuse qu'ils abandonnèrent la porte, et se retirèrent dans le ravelin ; un nouveau combat s'engagea alors malgré l'obscurité de la nuit;