‹ Histoire militaire du PiémontChapitre 51 sur 176 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

moindre mouvement, les Français qui Ani55^. souffraient beaucoup du froid, rentrèrent dans leurs garnisons , et Brissac fit approcher de Santya l'artillerie nécessaire a sa défense , arec le» provisions qu'il avait emmagasinées à Carignan. Cependant Don Gomez Suerez ne vit pas plutôt les ennemis se séparer , qu'il logea deux mille hommes k Gatlinare , avec ordre de s'y fortifier : les Impériaux pouvaient depuis ce poste courir le Biellais , et troubler les travaux que le maréchal venait d'entreprendre : il était donc important de les en chasser au plutôt, et Brissac y marcha en personne avec deux mille cinq cents hommes, et deux pièces de canon : & la nouvelle de son approche les Espagnols se retirèrent dans la vallée de Sesia : la comtesse de Gattînare n'ayant aucun moyen de se défendre , ouvrit son château aux vainqueurs, et les prévint par tant de soins et d'avances , qu'ils se retirèrent satisfaits , et même plutôt qu'on n'avait osé le croire, en traitant le pays avec égard.

Un trop grand intérêt appelait dans le Monferrat les soins du général français. Pont-de-Sture, le même homme qui avait ourdi la trame de Verceit , s'était procuré de secrètes intelligences dans Casai, et donnait la surpri.<ie de cette ville comme une chose assurée.

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Brissac ayant goûté son projet, fit reconnaître plusieurs fois la courtine mal gardée , par laquelle ses soldats devaient pénétrer dans la ville la nuit du 10 mars, où Don Gomez Suerez donnait une grande fête. Depuis deux mois ce général uniquement occupé de ses plaisirs vivait à Casai dans une si imprudente sécurité, que l'on osa se flatter de l'enlever avec ses principaux olKciers. L'armée française, cantonnée dans les provinces d'Ivree ou de Verceil, ne s'ébranla que le 10 au soir; quatorze cents 'éclairears, tant de cavalerie que d'in&nterie, (Urisés en plusieurs corps , allèrent se poster sur les avenues de Trin, de' Verceil , et de Saint- Germain, pour couper les communications par lesquelles les Impériaux pouvaient être avertis du danger dont ils étaient menacés. Monsieur de Salvaison partait en même temps de Verrue , -et -s'embarquait sur le Pô, avec trois cents hommes, chargés d'enlever les bacs de Crescentino, de Gabian , de Pont-de- Sture,.et de Camin, qu'ils devaient conduire à Morano , où la colonne arrivant de Santya' passerait le fleuve: ce dernier corps de douze cents hommes, sous les ordres de monsieur Bonnivet, marchait par Vianzino et Robella , alin de se joindre à Salvaison sur la gauche du Pô , laisser un détachement à Morano pour la garde des bacs qu'on y avait

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