CHAPITRE X. tgg
assemblés , s'avancer droit à Casai , et l'attagoer en arrivant; Brissac setait réservé de soutenir cette attaque , à la tête de douze cents hommes. Le détail de cette importante expédition fut si heureusement conduit, que les Espagnols n'en conçurent pas le moindre soupçon : Maggi seul semblait prévoir les suites de l'imprudence de Suerez ; mais les sages remontrances de cet oflîcier ne |»'oduisirent aucim effet sur l'esprit du général , qui croyait son ennemi hors d'état de rien entreprendre.
Boonivet s'était cependant mis en marche ; en approchant de Casai , il retint huit cents nommes auprès de lui, pour seconder les premiers efforts de Salvaison , de Birague , et de La-Molte , qui s'avancèrent à l'escalade; à quelque bruit qu'ils causèrent en passant le fossé, une sentinelle tira son coup de mousquet ; cependant le corps-de-gardé voisin n'y donna aucune attention , et Salvaison ayant précipité sa marche, posa les échelles , et parvint sans obstacles sur le haut des remparts, où les conjurés loi firent trouver de bons guides, qui le conduisirent directement à la porte voisine ; les sentinelles furent égorgées , la garde enlevée , et les ponts baissés à Boimivet. Cet officier s'étant assuré de cette porte et des avenues qui y conduisaient, marcha sur la grande place , après avoir
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posi; des corps de garde le long des principales rues ; l'atarme se donna enfin dans la viile; les habitans effrayés s'en-: fermèrent dans leurs maisons, en iliumir nant leurs fenêtres ; et les Impériaux reveiius de leur élonnement se mirent en défense : le combat s'engagea sur plusieurs points ; mais par tout les Espagnols furent repoussés , et leur commandant ayant été tué, ils se retirèrent dans la citadelle, pendant que Don Gomez. Suerez gagnait avec peine la porte d& secours, et.se sauvait presque seul par> Saint-Salvador à Alexandrie. Les Français passèrent le reste de la nuit sousles armes, en attendant le maréchal qui n'arriva qu'a midi. Brissac fit aussitôt retrancher les avenues de la citadelle , / en expédiant des ordres pour &ire avancer les restes de son armée , dix pièces^ de gros ranon , et les munitions néces-. saires au siège: le temps était précieux ;> le maréchal reconnut la citadelle le jour même de son arrivée, ouvrit la tranchée» la nuit ..suivante , et plaça le lendem^ia en' batterie six pièces de canon qu'il avait trouvées dans Casai. Le capitaine Guerrieri, gouverneur de la forteresse", était dans l'impossibilité de retarder par des sorties les approches des ennemis :: sa garnison consistait en cinq cents hommes, dont la moitié avaient perdu leurs arme^ en se sauvant.de la ville, et il.
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lui fallait songer h défendre avec ces Ëiibles moyens , outre le corps de la place d'an pourtour assez vaste, quatre grands ravelins détachés.
Amesuire que l'armée française arrivait à Casai , elle se logeait dans les villages et dans les fermes du côté d'Alexandrie , où les Impériaux rassemblaient leurs fiu-ces : on prenait en même temps les précautions nécessaires pour soutenir la ville , si l'on venait à être forcé d'abandonner le siège de la citadelle ; et les moyens les plus sévères étaient employés
Eoar empêcher la communication des abitans avec les assiégés. Pendant que ces soins occupaient tnonsienr de Brissac, la grosse artillerie arriVa ; «Ile fut aussitôt dressée en batterie contre le ravelin qui regardait la ville , et la brèche étant faite en peu d'heures, la compagnie franche (a) monta à l'assaut. Cette troope de scélérats intrépides, soutenue
: (b) Le Hvtfchal de Brisaae entreleDail auprès de Inr une troupe de malheureux condamnas au dernier «uppirce, mais connus par ud courage d^cid^j il se servait d'eus pour les coups de main qui exposaient i une moi't à-peu-pris certRine, et sonveni il en lira un très-bon parti ; je m'en sers comme méchans pour le salut de gens de hiea , di«ail-il à ceux qui lui faisaient des remontrances sui' les dangers d'une pareille institution.
. Soivin Uv. r.
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JLit i5Sfi. par trois cents soldats, emporta \p poste, après un combat opiniâtre. ; et le îtxt des assiégeans se dirigea alors .contre un second ravelin qu'ils se proposaient d'attaquer de même. Cette entreprise aurait consumé plusieurs jours, si le maréchal n'eût tiré parti d'une circonstance qui semblait devoir retarder les progrès du siège. La nuit qui suivit la prise du rare- Un , cent arquebusiers espagnols avaient réussi d'entrer dans la (rface en surprenant une garde; l'oJBcier qiû commandait à ce poste venait d'être condamné à mort par un conseil de guerre; Brtssae le fît appeler T et après lui avoir &it sentir l'ignominie dcHit son nom allait être couvert, il lui proposa de racheta son honneur , .et peut-être sa rie , ea escaladant avec la troupe qui avait par^ tagé sa faute , le ravelin , dont on projetait l'attaque ; l'oflîcier accepta avec reconnaissance le moyen qui lui était oiFert de laver sa tache : son détachement consentit à le suivre; et l'entreprise fut arrêtée pour la nuit suivante: «jbelque difficile qa'elle parût, tous avaient juré de mourir, ou de réussir; et après une résistance terrible , qui coûta la vie au malheureux officier, et à la plupart des siens, les Français se rendirent mal* tires de l'ouvrage.
Cette perte affligea le brave Guerrieri sans rintiqùder, et résolu comme il l'était