CHAPITRE Xil
SUITE DE LA GUERRE DE l55l.
Sommaire, Benforts arrivés aux Français. — Inquiétudes des Espagnols. — Ils abandonnent précipitamment l'entreprise de Santya. — Us fortifient Pont-de-Sture à la hdte. — Âionsieur de Brissac fait attaquer f-'olpian. — Siège et prise de celte place. — On en démolit les fortifications. -^ Les Fraftçais s'approchent de Po'nIrde-Sture.—r Les Impériaux se replient vers Aie' xandrie. — Le maréchal de Brissac escalade Moncalve. — Le château capitule , après avoir soutenu un as~ saut. — Le vainqueur s'établit dans le Monferrat. — Guerre de partis, — Les Espagnols entreprennent de forcer le château 'de Gattinare , et sont complètement battus. — Fin de la campagne du i555. — Le duc d'Albe passe à Naples. — Arrivée du marquis de Pescare pour commander les Espagnols.—^ Trêve de yaucelles.- —r .Conditions de cet accord, —r Les hoTtililés contir ' nuent. — Mouvement. des. .armées- -r
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CRAPtTne 5fII. asg
- Fidélité du comte de La- Trtnità. — Les Français découvrent une conspiration à Turin, et préviennent la dé' fection du /narquis de Masséran.
Xje maréchal de Brissac, dont l'armée avait élé considérablement renforcée, reçut de sa cour l'ordre positif de «délivrer Santya , même au risque d'une bataille:
le maréchal sentait tous les dangers d'une pareille entreprise, pour laquelle il ne croyait pas avoir des moyens suflisans; forcé cependant d'obéir , il leva queldues nouvelles troupes en Piémont , il fit ses dispositions pour l'attaque de l'armée impériale : loin de caÉher son projet il le publiait hautement, exagérait fies forces , et en écrivait expressément U Bonnivet, dans l'espoir que ses lettres Seraient interceptées. Cette ruse eut le succès le plus heureux. Les avis que le duc d'Albe recevait du nombre et des desseins de ' ses ennemis firent sur lui l'impression la plus profonde; il eût dëslors levé le siège, sans les oppositions de ses généraux : mais quand il apprit par le gouverneur de Volpian que les Français s'étaient montrés sûr les bori^s de la Doire, et qu'ils paraissaient vouloir y jeter dès ponts, n'écoutant plus que la crainte de voir la Lombardie découverte, s'il venait ^ être battu, il leva le siège
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aSo- GUERftSS DU PIÉMONT
avec tant de précipitation , qu'il ' abavdonna dans son camp une partie de ses magasins , et plus de trois cents malades. L'armée espagnole dirigea sa marche par Trissero , passa le Pô à Pont-de-Sture , qu'on fortifia à la hâte\. moins pour assurer la nouvelle position -, que pour gén«r Casai et Verrue : cette honteuse retraite se fit avec tant de désordre, que cinq cents hommes de la garnison de Santya poursuivirent l'arrière-garde impériale pendant plus d une lieue , et surent toujours l'avantage sur elle. Le maréchal , qui n'avait tenté le.
Sassage àe la Doire qu'avec quelques étachunens, fut lui-même surpris en ap- Srenant ces nouvelles : assuré cependant e la confusion où étaient les ennemis, il ne voulut pas perdre un moment:
aussi favorable, et il ordonna k monsieur, de Gonort d'aller investir Volpian : ne pouvant diriger lui-même le siège de cette place , à cause du mauvais état de sa santé, il le confia au duc d'Aumale,, colonel général de la cavalerie * qui se' rendit le premier de septembre à Saint- Bénigne, avec cinq mille hommes d'infanterie et deux mille cavaliers. Celte pe-, tite armée campa le 4 autour de la place, que Gonort avait déjà resserrée: Brissac, qui en connaissait parfaitement les fortifications, avait ordonné qu'on attachât ' l«s QÛMurs à un des grands baujevards».
CBAPITRE Xfl. l3i
dont le fi>5sé n'avait point d'eau : ]'on auivit d'abord ce plan , en creusant la galerie, qui devait condaire la mine sous le bastion. Pendant que lesFrançais étaient occupés à cet ouvrage, Don Emmanuel de Lnna, chargé de se jeter dans la place «vec quatre cents hommes et un convoi, s'approcha des assiégeans, qui allèrent à sa rencontre avec des forces trèssupérieures: malgré le courage des Espagnols, its furent battus, le convoi enlevé, et Don Emmanuel ne parvint k entrer dans Volpîitn qu'avec cent hommes des siens: Maggi instruit de l'état de la place, fit en vain les plus vives instances an génféra! pour le déterminer à la secourir: le duc d'Albe craignit de risquer une action décisive , et se détermina à l'abandonner à ses propres forces : cependant les travaux des assiégeans avançaient lentement son» un terrain léger et pierreux , qui s'éboulait ' continnelleïnent; l'impatience gagna enfin le général fiançais : il sonda te fossé de la viHe ; et comme on lui rapporta que feau qui y courait a*'ait peu de profondenr , et que les murs couverts par ce fossé étaient extrAmenrent faibles, il renonça an travail prescrit par le maréchal, pour s'attacher a forcer la viHe même.
La nuit do 6, lesFrançais-étabHrent deux batteries sur la contr'escarpe , l'une destinée à ouvrir la brèche dans le milieu
23a GUERRES DU PIÉMOHT d'une courtine, l'autre à ruiner le flanâ d'un bastion qui la défendait: leur fçi^ commença vivement le 7 -au;Diatin; sur le midi la brèche se trouva faite, et les défenses ruinées ; le duc d'Aumale faussement persuadé qu'il n'y avail; que deux pi^ds . d'eau dans le fossé, y fit^ entrer sans précaution \çs têtes des colonnes destinées à l'assaut ; les f'rançais y marchèrent avec confiance: mais quand ils s'y trouvèrent engagés, ils enfoncèrent tellement dans la bourbe qu'il ne leur fut plus possible de reculer: trois cents hommes périrent dans cette imprudente, expédition , sans pouvoir être secourus : ce malheur ouvrit trop tard les yeux au duc d'Aumale , et le décida à recommencer deux mines contre le château: il. re.prit en même temps les approche$ qu'il avait abandonnées, et la.
nuit du I], les galeries étaient achevées; on fit le 13 un feu très- vif de part et d'autre : enfin la nuit : du. i3 étant destinée à charger les mines ,1 l'on or,dpnna au majtre-de-camp Chepy. d^t-.
laquer le fossé, afin dedétourner l'alten- Xion des assiégés : la garnison. en fut chassée , et les Français s'y soutinrent jusqu'au moment oii les fourneaux de-, valent, jouer : Chepy s'étant relire au signal Convenu, les mines éclatèrent au jour naissant , et eurent un effet prodigieux : le, ^pulevard renversé de loud