‹ Histoire militaire du PiémontChapitre 58 sur 176 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

eh comble offrit une brèche large et An i555. commode où douze cents hommes montèrent à l'instant : les Espagnols disputèrent courageusement le haut des raines : ils ne se retirèrent dans une coupure qu'ils s'étaient ménagée, qu'après un combat sanglant , mais trop tard pour le salut de la place : car les Français les suivirent de si près, qu'ils entrèrent pêie-mèle dans ce dernier retranchement , dont ils se rendirent maîtres : ce qui put échapper au massacre se retira dans la ville , qui capitula le même jour (a).

Après la prise et la démolition de Volpian , le duc d'Aumale marcha à Pont-de-Sture , d'où les Impériaux s'étaient éloignés , en se repliant vers Alexandrie ; les Français passèrent le Pô le 32 septembi-e ; et Brissac -ayant rejoint l'armée, reconnut Pont -de -Store le même jour: son escorte fut vivement attaquée par Don Alvaro de Saudes ,' commandant dans la pjace une garnison de trois mille hommes d'infanterie et dé deftii cents chevaux : dans l!é;tat où Kon trouva cette ville le siège r

(a) MoDtluc Aanl accusa d'avoir eu beaucoup de I«rt à la faute que fil le iluc d'Aumale dans ce siè^, j'ai «ru devoir .luin'e in, moins su commen- Uires,.,^ les Wmpires de Boivin.

j54 GUERBES DU'PrÈMONT

4h i555. en fut jugé trop difficile , et l'on se dé^ cida à marcher sur Moncalve: monsieur de Salraison y surprit la' ville par escalade ; et l'armée s'y étant rendue , Von entreprit Vattaqne du château : la partie - supérieure du rempart ne résista pas long-temps à l'artillerie, et les as< siégcans tentèrent de monter sur la brèche en s'aidant avec des échelle»

qu'ils portèrent dans le fossé : cette entreprise hardie leur réussît mal ; ils durent recommencer leur feu: la nuit da ^ octobre, ils avancèrent une batterie de trois canons sur le bord de la contrescarpe , en face d'une poterne qu'on se proposait de forcer k coups de canon : mais le gouverneur n'en donna pas le temps; quoiqu'en état de tenir encore quinze jours an moins, il demanda à • capituler , et il obtint de se retirer à Pont-de-Slure , avec une pièce d'artillerie : sa lâcheté ne trouva point d'excuse auprès de Don Alvaro de Saudes , qui le fit pendre , avec douze officiers de la garnison.

- Des succès aussi inattendus étonnèrenttous ceux qoi au commencement de la campagne jugeaient avec quelque fondement la mine des Français inévitable en Italie : le maréchal se proposait de profiter des fautes de l'ennemi ^ et de pousser plus loin ses conquêtes, si les maladies qui aJRigeaient son armée, et

caAPimx xn; aSS-

I9 ; ^éserUon qui se mit dans son infanterie italienne ne l'eussent forcé à donner quelques repos à ses troupes ; après avoir passé huit jours h Moncalve ^ il les dispersa dans le Monferrat , où lion fit la petite guerre pour .forcer le payement des contributions : le duc ■ d'Âlbe , souvent inquiété , entrer prit sur Gattinare , place .importante a la sûreté de ses quartiers : il détacha pour cette expédition quatre mille hommes Piémon^is ou Espagnols, aux ordres du général Sac et du cçmte Masin, qui devaient être joints par le comte '^omielli, commandant de lVovare,avec trois cents chevaux , et trois pièces de canon. Le ao octobre > ces officiers investirent le château de Gattinare, défendu par une garnison de deux cents Français , que commandait le capitaine Barosse. : le maréchal l'avait assuré d'un prompt secours, et il lui tint parole, en détachant vers Ini les frères de Biragoe (a) : Sac ignorant leur approche, se laissa surprendre , et fut complètement battu , au moment où il se logeait devant la pjace : lui-même perdit la vie dans cette rencontre, qni coûta huit cents hommes aux alliés : les Français leur enlevèrent leur artillerie , neuf drapeaux et tout

.(a)-I^us M Ghulca..

aïB GUERllÉS'OU M^lrfOWT, I<ur bagage. Celte action termina la ïongue campagne du i565 (a). Les Finançais rentrèrent dans leurs quartiers aux premiers jours de novembre ; et le duc d'Aibe, après avoir fatigué . inutilement ses troupes par des marches et des contre-marches tendantes à tromper le maréchal, et k lui découvrir quelques points de sa ligne, abandonna la campagne dans le courant du mênie mois.

JJofy a peine à comprendre comment Ite général espagnol a pu perdre en' un moment, et avant même d«tre battu,' la supériorité très-marquée que sesforces et ses premières dispositions lui avaient acquise aU' commencement de cette campagne , la plas belle de tontes ..celles qui honorent la mémoire de monsieur de Brissac. Le duc d'Albe ayant été destiné par l'empereur darts lé royau- me de Naples, le marquis de Marignàn fut nomme général à sa place. La fé-' rocïté reconnue de cet officier faisait regretter aux Piémohtais l'arrogance même du duc d'Albe; Marighan protesta en recevant la nouvelle de sa 'nomination , qu'il ne voyait d'autres manières de rétablir les affaires de l'empereur, qu'en ruinant entièrement le pay% ; la

(3) Quelques ëcnTaini la rapportent »m prfmten jours de mari de l'année suiv^lej ce «[uî est'CRux*

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guerre du Piémont. , tlisait-il (a) , est un malade qui a ta gangrène , on ne le guérit que par le feu. et le. fer.: heureusement le marquis mourul au moment où il se disposait à passer en Ptéinont, et sa place fut donnée au marquis de Fescare , sous les ordres de Chrislophe Madrucci , ;carctinal de Trente , nouveau gouverneur général du Milanais. Au resle la trêve de cinq ans, signée le 5 de février à l'abbaye de Vaucelles, près de Cambray , semblait annoncer quelques momens de repos. Charle-Quint qui venait d'abdiquer; le trône sur la 6n de l'année précédente s'était ménagé au prix de beaucoup de sacrifices celte su^^pension d'armes, en, faveur de Philippe II sot), ^Is.. Le Foi de France conserva pendant la trêve les conquêtes qu'U avait laites sur la frontière d'Allemagne , et tout ce qu'il, possédai! en Piéoionl. Le duc. de Savoie devait recevoir pendant la durée de l'amiistiçç uuc somme annuelle d'argent, que la France s'engageait à lui .payer : faible et seul dédummagepiei)^ de la perte de ses états , demeurés au pouvoir des armées étrangères. On ne publia cet accord en U;ilie .que sur la (în du mois de mars: les Espagnols qui y étaient les plus forts, cherchèrent à l'éluder, et les Savoyards, plu5

(a) Yo]rex m yie écrite |i«r Muuglia.

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mécontens encore d'un arrangement auêtâ.

défavorable, secondèrent de tout leur (wu- Toir les vaes du mariquîs de Pescare : ain&i pendant qu'il poursuivait la fortification de Vignal, destinée à tenir en respect Casai et Verrue, il se saisit de Busnengo , de Crèvecœùr et de Serraval, châteaux appartenans au niar4|uis de Masséran; et les Piémontais, conduits par monsieur de La-Trjnitàj s'emparèrent de Cervières.

Le maréchal ne s'était point opposé à ces entreprises, sans doute dans l'attente de la publication de la trêve ':

tn^s elle n'empêcha pas les Impérianx de courir la campagne des environs des places françaises : les partis ne se ren- -contraient jamais sans en venir aux mains; et bientôt Brissac fit lui-même une expédition plus importante. Vignal occupé par douze cents Espagnols menaçait Mon^ calve , et tenait en respect une grande partie du Monferret: le maréchal porta ses vues sur cette place , et ayant rassemblé dix mille hommes , dont mille cavaliers, il y marcha avec douze pièces de canon depuis Buttigliera : le capitaine Pagan , commandant de la ville, retarda les reconnaissances et les approche» des ennemis par des sorties répétées: cependant le front d'attaque ayant été choisi , et la tranchée ouverte, les assiégcahs pressèrent extrêmement leur»

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travaux, et ayant dressé deaz batteries contre un bastion de gazon » dont les terrepleins n'étaient pas achevés , peu d'heures de feu ouvrirent la brèche : le maréchal se disposait à l'assaut , lors« qu'il apprit l'approche de monsieur de Pescare: sur cette nouvelle', il se mit en mou%-ement avec la plus grande partie de son armée, et il alla prendre une position avantageuse prés de Cucaro, où les Espagnols devaient passer : Pescare s'y était eifeclivement rendu; mais trop iaible pour attaquer Brissac, il renonça «a projet de secourir Vignal: pendant ijue le général français s'opposait ainsi à son approche , les troupes qu'il avait laissées devant la place montaient il l'assaut ; Pagan couvert de blessures défendit la brèche avec la plus grande intrépidité , et se soutint pendant une .heure contre tes efforts des assiégeans: accablé enfin par le nombre , la garnison commença à faiblir ; chassée du rempart, et poursuivie dans la ville, elle passa toute au Hl de l'épée : Pagan voyant alors la place perdue sans ressource, n'écouta que son désespoir, et se précipita dans un puits : les Français eurent la générosité de lui sauver la vie malgré lui ; le maréchal , Juste appréciateur du vrai courage, le combla d'éloges , et le - renvoya libre à Alexandrie, sans exiger de rançon: l'arméo

D,g,t,.?(lb,GOOglf

a4o GUERRES DU PlàHONT

rentra ensuite dans .ses quartiers, aprèk avoir démoli les fortifications de Vignal. Le marquis de Pescare, qui n'avait pu secourir cette place , craignit pour celles du Piémont, dont il était plus éloigné encore, ayant pris ses cantonnemens dans les environs d'Alexandrie : sans les abandonner, il fit deux détachemens de trois mille hommes, dont l'un passa dans la province de Fossan, l'autre dans le Verceillaîs ou le Canavais. Le maréchal de Brissac ne s'opposa pas à la marche de ces corps : son attention s'était portée sur Turin, où il décour vrit les intelligences qu'y avaient ses ennemis. La petite guerre ' continuait dans les Langhes ; plusieurs ch&teauz ■ j forent pris et repris ; et les deux généraux , joignant la ruse à la force ouverte , saisirent toutes les occasions .de se nuire. Dans ce choc de partis , le . duc de Savoie faisait chaque jour quelque nouvelle perte, et Brissac crut .lui porter un dernier coup, en tentant de gagner le comte de La-Trinità, qui .après le maréchal de ChalJant , et le , lieutenant-général de. Masin, était le plus marquant des Piémontais attachés à sa cause : on ne négligea rien dans celte occasion de tout ce que la séduction peut mettre en œuvre pour tenter le cœur humain : le roi Henri H écrivit .de sa progre .main une Jeltre ^a comte,

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