CHAPITRE XIV
qu'il fût gagné par le comte de La-Tri* ^„ jggj^ DiU , qui , selon Cambiano / lui promettait en mariage la filie du seigneur de JPralornie, dont il était épris, je gouverneur, dis-je, rendit assez légèrement la place , et La-Trioità ne se mettant pas en peine de lui tenir parole , il rer tourna auprès du maréchal de Brissac» qui le fit mettre en prison.
Ce général avait établi son quartier à Carmagnole durant le siège , et sur la nouvelle qu'il y reçut de la marche d'an corps de trois mille cinq cents ennemis , escortant tan riche convoi d'Asti à Cental , il ordonna aux garnisons d'Albe, de Saint-Damian , et de la Cisteme, de suivre la queue des Estpagnols jusqu'à Cérésole , od il se pcoposait de les attaquer de front : monsieur de GonnoFtt chargé de cette commission', s'y rendit en effet avec quatre cents chevaux et deux mille hommes d'infanterie , tirés de Turin ou de Chleri : les Espagnols ne tardèrent pas h paraître, et le combat s'engagea avec chaleur: cependant l'escorte pressée de ^ toute part , se débanda , après une Ion- . gue résistance , et le convoi fut enlevé: il y eut près de huit cents morts de part ou d'autre, et la plus grande partie des Espagnols resta prisonnière : Brissac satisfait du succès de cette entreprise , apprit qu'il se trouvait dans
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ayi GUERRES DU PIEMONT le butin une partie des équipages do général ennemi , et il le lui fit rendre.
Le duc de la Sessa, ayant transporté à Coni et à Fossan les magasins qu'il trouva à Cental , en rasa les fortifications, s'attacha à forcer les petites pla' ces qui avoisinaient cette ville ; il les prit toutes aisément , si ce n'est le château de Koccavion qui soutint deux assauts ; la garnison forte de cent hommes fut passée au fil de l'épée; et la place fut démolie: les Français ne 'pouvant s'opposer aux succès des Espagnols; tentèrent de leur resserrer les vivres du côté de Saluées ; mais ils n'y réassirent pas; et les rencontres de partis qui eurent lieu dans^ cette circonstance, tournèrent^à l'avantage du duc de la Sessa: ce général ne tira pourtant pas de grands avantages de sa supériorité:
il entreprit l'attaque de Moncalve, quand il eût pu assiéger les plus fortes villes du Piémont. L'armée ayant repris la route d'Asti , traça sa marche par les désordres auxquels elle s'abandtmna ; elle brûla le superbe château de Saniré, en haine de son seigneur , et . réduisit en .cendres le village de Cérésole , comme un lieu toujours funeste aux Espagnols : le ao septembre on investit Moncalve :
le jour suivant le gouverneur de la place, qui en était absent, parvint à s'y ieter -à travers les postes des assiégeans : 1«