CHAPITRE XVr
loi-méme (i) ; il n'aurait pas offert un An i56o. asile à ceux qui cerchaieiit à se sous- (ogium. him. traire à la persécution qu'on leur faisait -*='"i-î'"U=^ souffrir dans leur patrie (2). Le duc de m. """ ' ° ''" Savoie donna au contraire les premiers pim ri^^' ' *' exemples de modération ; car Robertson, protestant zélé, mais historien sincère, avoue que l'esprit d'intolérance était dans ce siècle celui de tous les partis (3). Tï,iu*ckîî^te^^'
L'on ne saurait d'ailleurs disconvenir "'■"■ que les opinions politiques des Vaudois les séparaient du reste des Piémontais, autant que leurs dogmes religieux : l'on n'a pour s'en convaincre qu'à suivre leur conduite dans les guerres surv'enues en divers temps contre la France , et qu'à jeter les yeux sur leurs propres historiens: il fut dans la destinée de ce peuple tranquille et bon d'être toujours séduit : les calvinistes français , qui se retirèrent en grand nombre dans les vallées vaudoises à l'époque dont nous parlons (4) , y ap- g f*\^^' ' '*"'■ portèrent un esprit d'audace et d'entreprise , qui caractérisait les protestans au moment de la réformalion (5); il se vic^îciJïi^^; trouvait parmi ces étrangers beaucoup "'"^ d'hommes turbulens, qui abusèrent de l'ascendant qu'ils acquirent aisément sur des hommes simples, pour leur inspirer l'amour de l'indépendance : les prédicans surtout conservaient un esprit d'aigreur , que les malheurs qu'ils avaient essuyés dans leurs terres natales n'excusaient pas;
393 GUEBRES DU PI^HONT
^«i56o. et leurs sentimens n'influèrent qaé trop'
Gur la conduite des Yaudoîs.
Ces montagnards, après avoir négligé l'exécution des ordres de leur prince , osèrent insulter le gouvernement à la face de l'état entier, ena'envoyant point leurs députés prêter avec ceux des autres provinces le nouveau serment de fidélité que le duc de Savoie eïigea en rentrant (0 s.to»4ip;™. en Piémont (i) : liés d'ailleurs étroite- T=^ïï^.°"sZ ment aux protestans français , c'était âîliUro. D^priDcii peu que de leur offrir une retraite asîulfv^k^!^^: surée con^ le glaive qui les poursuivait, tlh 'i. -"ullJi ils leur facilitaient les moyens de pro- S""!ïï^''s;iii; pager en* Piémont, avec l'esprit d'insuboriib. T^'r^i^ dination, la doctrine de Calvin condamnée îîr'"'iJ,S^'.; par les lois d'état (2). Les Genevois au mo"»^r" *" "°" reste les excitaient à la révolte (5) ; et ■ii2.'^^-^^ les Vaudois se déclaraient prolecteurs "Ktte'f^^^î^ des Calvinistes , qui s'étant répandus oiS,irurîp5rt!.1î! dans la plaine du Piémont pendant les *•*■ *• dernières invasions , en étaient de nou-
veau chassés.
La cour n'ayant pas agréé leurs remontrances , ils osèrent prendre les ar- */^r*"''*^ mes (4) '■ Emmanuel Philibert leur ordonna en vain d'abandonner les étrangers, qui les excitaient à troubler le repos public : loin d'obéir , les Vaudois ne sa condui.saient plus que sur les principes, et par les conseils de ces mêmes étran-* gers, de sorte que le duc de Savoie voyant qu'il ûe gagnait rien par la douceur,
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résolut d'employer la force, et de luire Àni5So. rentrer dans le devoir des sujets trop long-temps égarés: mais avant que d'en venir à cette extrémité, qui affligeait sensiblement son cœu', il voulut tenter encore wie fois la voie de la persuasion , et il nomma Philippe de Savoie , seigneur de Raconis, pour tenter de vaincre une obstination prête à causer de grands malbeurs: s il avait été possible de ramener les esprits, le choix du dépnté n'aurait su être meilleur; )a douceur du caractère de monsieur de Raconis, I2 bonté de son cceur, et sa probité très* connue , lui méritaient l'amour et l'estime générale : les Vaudois qui partageaient ces sentîmens accoururent vers lui , dès qu'ils apprirent son arrivée k Angrogne , où il y eut quelques conférences infructueuses ; l'on exigeait trop d'une part en prétendant contraindre l'opinion, et l'on s'opiniâira de l'autre à ne vouloir pas congédier les étrangers , . qui étant suspects au gouvernement, ne pouvaient sous aucun prétexte être retenus malgré lui :, monsieur de Raconis revint à la cour, sans avoir rien pu conclure ; et les Vaudois craignant alors le ressentiment de leur prince , te provoquèrent, en chargeant une dépotation ^^^^J^^^*^^^ d'implorer l'appui des protestans f^an- ;*".,'|^^5'/,^fc^ Çais (i) : forts des assurances qu'ils en ■*-^B™ii«;g recevaient , ils entreprirent de s'opposer Smm*.
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^94 GUKKRES DU PlënONT >o. k l'ortJre de chasser de Rictaret dn pas* teur étranger, qui y prêchait, maigre les défenses ; et dans ce comniencenient d'hostiUlés , Charles Truchetti, seigneur du lieu, fut obligé d'abandonner son château, pour se soustraire aux poursuites des Vaudois : ce seigneur ayant porté des plaintes contre cette violence , Emmanuel Philibert lui permit de lever une- . compagnie de cent hommes , à la. tète de laquelle il marchp/à Rictaret, le a avril , la vengeance dans le cœur et le fer à la main ; sa troupe indisciplinée commit des cruels désordres ; et les Vaudois n'espérant pas de résister , abandonnèrent le village, et se retirèrent sur les montagnes voisines ; ils ne tardèrent cependant pas k en redescendre ; pressés par la faim , et renforcés par quatre cents Français , ils marchèrent la nuit ' du 6 contre Truchetti, sous la conduite du ministre Martin; Truchetti s'échappa avec peine des mains de ses ennemis ; mais l'entrée des étrangers sur ses terres irrita vivement le duc de Savoie , qui fit marcher des troupes k Fignerot pour I^^^P- contenir les vallées (i).
Quoiqu'on y eût ouvertement arboré l'étendard de la révolte , Emmanuel Philibert chargea encore une fois monsieurde Raconis d'engager les Vaudois à une nouvelle conférence à Luzerne; mais ils n'y pan>rent point ; ils envoyèrent leurs femmes
CllAPttlt£ XVI. agS
et leurs enfans sac les terres de France; An i56o. et ils se mirent en état de résister (i): ^.0) ajûck»». les troupes marchèrent alors au nombre de quatre mille hommes d'infanterie, et de deux cents cavaliers (a) , sous- les or- JQJ^I\ ^^^ dres de George Costa , comte de La- ™^*i'^"".''"^* Trinità , qui s'étant joint au comte de ^^'^' Luzerne et aux frères Tmchetti , s'avança le premier novembre h Bibiana , . et fit traverser le Pelés à ses coureurs , qui s'approchèrent de Saint - Jean : la journée se passa en escarmouches : les Vandois eurent l'avantage, et forcèrent les troupes à repasser précipitamment la rivière : monsieur de La-Trinità alla le lendemain avec toutes ses forces se former en bataille dans les prairies de Saint-Jean (5) : les Vaudois étaient com- ,iS*,°î^' **^ mandés ce jour là par un moine apostat, nommé Scipion Lentulo , qui après s'être un moment défendu, se retira (4.) à An- («BanM*grogne, et l'abandonna le soir, pour se porter à la Tour: les troupes ayant occupé le Villar , la Pérouse, et Perero, poursuivirent leur marche, et attaquèrent ■les hameaux de Taillaré et de la Combe, ' assis l'un et l'autre sur les hauteurs: les Vaudois s'y défendirent avec tant de courage, qu'on ne put les forcer; et lès troupes se retirèrent avec quelque perte dans le bas de la vallée (5) : ici Ton entre- ^i^uZ'. '^ prendra point de jusiifier l'extrême rigueur qu on fit éprouver aux malheureux
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agG GUERRES DU PIÉMONT 4n i56o; villages dont on s'était saisi : les soldats de Truchelti surtout s'abandonnèrent aux plus condamnables excès : les habitans de ces contrées sauvages leur opposaient en yain un ctHirase inutile ; mal armés, plus mal coDunanclés encore , ils étaient au j^O) ç^Ti^^- moBïeat de succomber (i) , lorsque le nj^S^maT; comte de La-Triràtà , qui désirait lui- ™i*. ' * " même la fin de ces troubles , espérant trouver alors plus de facilité a traiter , envoya son secrétaire vers les in^ surgés, et les engagea à écouter la voix de leur propre intérêt : les historiens Vaudois prétendent qu'on leur tendit une embûche, et que l'on profita dit moment, où leurs députés s'étaient reur dus auprès du général, pour renouvel- ^)U|«.*«i- jgP l'attaque de leurs postes (a): la vérité est» que les habitans de Tailla donnèrent 1^ premiers le signal des -hostilités , en tuant les catholiques qu'ils rencontrèrent sur leur chemin;. à cette nouvelle, les troupes marchèrent par les montagnes d'Angrogne an poste fa^squ'inaccessible de Pré-du-Tour: les en:nemis s'j étaient fortifiés , comme dans leur dernier refnge ; ils s'y soutinrent, et les conférences continuèrent : les dé^ pûtes des Vaudois consentirent à payer seize mille écus, pour les frais de la guerre, ou pour la fortification du. Villar.(a),
(a) Cette manie, fat réduit* i U owititf par le dut de Savoie.