CHAPITRE XVt
et ils chargèrent trente-cinq d'entr'eux ^ni56i. d'aller implorer à Verceil la clémence ..^^^^ ^^^^ d'Emmanuel Philibert (i). Ensuite de «ru .i^d^ù cet accord les pasteurs étrangers se re- nog'-^iiiS™ tirèrent des vallées piémontaises vers '".'' ''' celle de Pragelas, d'où ils ne cessaient de rappeler les Vaudois aux armes , et ils réussirent à les leur remettre k la main; par leur intrigue, une ligue fut concloe entre ces habitans de nos montagnes, et les Calvinistes du Dauphiné: on flatta les Vaudois de l'appât de l'indépendance ; et leurs députes étant revenus.de ta cour, on n'attendait qu'une occasion d'éclater, lorsque l'indiscipline des troupes en fournit bientôt le prétexte : l'on était résolu de se soustraire ' '' k la domination du duc de Savoie : l'on s'attroupa (a): l'on rappela les pasteurs ii,^*J,^^'^s! étrangers ; et le aa de janvier , les in- î!^™"" ~ surgés se logèrent à Bobbio , où ils prêtèrent le serment d'union: ils marchèrent ensuite contre le Vilîar: un détachement qui se trouva sur leur chemin fut battu , et le château de Bobbio resserré de tonte part: les assiégeans • ^ n'ayant point de canon s'approchèrent de la place , en perçant les maisons qui l'environnaient ; le gouverneur de la Tonr tenta inutilement de la secourir pendant trois jours de suite ; et déjà les Vaudois avaient commencé à creuser une mine sous les murs du château ; l'eau manquait
agS GUERRES eu PIEMONT ^rtS6i. d'ailleurs absolument, et la gartiison (OGiiu<.tbiF.u. capitula à vie et bagues sauves (i).
Monsieur de La - Trinilà rassembla ses troupes dispersées , et ayant inutite-> ment exhorté les insurgés à rentrer daus l'ordre , il marcha , le deux de février* ^(^ RoTM(.. ^ Angrogne (2); ce village avait été mis en état de défense, et les Vaudois occupaient en force le poste de la SoucitleLte, oh. ils s'étaient retranchés; ils, s'y soutinrent toute la journée contre les troupes qu'ils forcèrent à la retraite: monsieur de La - Trinità ayant repris le soir la position de Saint-Jean , n'en sortit que le 7 , et attaqua Angnïgne une seconde fois; il emporta le village, le livra au sac , et se mit à la poursuite des ennemis : les insurgés se retirèrent au poste de la Casse , qu'ils abandonnèrent bientôt pour gagner le Pré-du-Tour; depuis cette montagne, ils auraient pu descendre dans les vallées d'Angrogne et de Saint -Martin ,.
aussitôt qu'ils se seraient crus assez forts; mais on résolut de les prévenir; et on les attaqua sur trois points, le matin du 14; après un combat trèsvif, les troupes se retirèrent avec perte; le capitaine Montiglio, et le seigneur de Kictaret, furent faits prisonniers, eC P)œu«,.ii.p.^. tués l'un et l'autre (3) : tous ceux qui tombèrent entre les mains des Vaudois
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se virent traités avec la même barbarie (i), qu'ils reprochaient à lears ennemis. - Le mauvais succès de cette entreprise 1 n'erapécha pas les troupes de faire le lendemain une fausse attaque contre le village de Rorà ; peut-être monsieur de La-Trinità voulait-il reconnaître ce poste, qu'il força le 16, après un combat opiniâtre : pas un des Vaudois xie serait échappé , sans un renfort, qui leur ouvrit «ne retraite sur les montagnes de la Tour (a) : les troupes les suivirent , W> et les cernèrent; mais ils se firent jour avec le plus intrépide coui'age; et monsieur de La-Trinità ne tarda pas à apprendre > que l'ennemi se retranchait à Bpbbio et au Villar, où les habitans de la vallée de Pragelas étaient arrivés en armes : le général ttiarcha contre ces postes le malin du 7 (5) : les in- m fiurgés opposèrent d'abord à Bobbio une grande résistance , et se soutinrent dans les retranchemens, jusqu'au moment, où ^ une colonne qui les avait gagnés de flanc, leur .fît craindre d'être coupés ; ils se retirèrent alors précipitamment sur la hauteur de ta Combe , poursuivis par la cavalerie, pendant que l'infanterie brûlait le village : Viltar ayant ^té forcé , on remit au lendemain l'attaque des montagnes sur lesquelles l'ennemi s'était retiré : les troupes s'y avancèrent, et le hameau de Taillaré fut af>andonné à leur
Soa GUERftCS DU PIEMONT approche; l'attaque commeaça par ttt hameau des Huchoires , que sa position rendait trèS'difîîcile à forcer; on l'emporta cependant l'épée à la main , après deux assauts inutiles ; et les Vaadois se placèrent sur on plateau avantageux, k peu de distance de la première position : l'on entreprit en vain d'enlever Qe poste , leur dernière retraite et leur seul espoir ; la nécessité de s'y soutenir, ou de périr , redoubla leur courage ; les femmes,, et les enfans eax-mêmes contribuèrent à la défense, en assonnnant les soldats à coups de pierres , les troupes ne firent qu'augmenter leurs
Î)ertes en s'obstinant à une attaque à . aquelle il fallut enfin renoncer: les Vaudois prétendant les inquiéter dans leur retraite, donnèrent dans une embuscade, et durent se replier. L'on avait de part et- d'autre besoin de repos après ce comf bat meurtrier: mais monsieur de La^ Trinità conservant l'espoir de forcer le Pré-du-Tour , attendait avec impatience le moment de pouvoir y marcher: ses troupes se mirent en mouvement sur sept colonnes, le matin du 19 mars; c'était une véritable témérité de vouloir emporter de force un poste qu'on ne pouvait prendre autrement qu'en l'affamant;' après un combat très-vif, qui dura la journée entière, le général donna J'or^ dre de la retraite; cependant, malgré. cet
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