CHAPITRE II
l'dn traitait de la capitulation, les Fran- ^a 1537. çais profitèrent de la négligence de la garnison, et entrèrent dans la place, dont y s égorgèrent les défenseurs ; le gouverneur, échappé à ce carnage, fut pendu par ordre de Montmorenci (1). Mon- s.-'CT^'ÎS'.''''' sieur Du-Gu^st avait levé le blocus de Pignerol; à la première nouvelle de la déuite de ses troupes au pas de Suse, il s'était rendu avec toutes ses forces à Rivoli, d'où il repartit aussitôt après la perte d'Aveillane pour aller camper en face de JVIoncalier, sur la gauche du Pô (2); l'état de son armée, qui étajt j,'^^,!^'";^'""; mal payée et mal disposée, ne lui pgr- -'^""'^''^"■ mit pas d'attendre le combat (5). Les Cï)4iri»"i.ui>-'. Français ayant passé deux jours à Rivoli , oîi ils s'emparèrent des magasina et des hôpitaux qu'on y avait abandonnés , s'avancèrent à Grubasque , et reconnurent la position ennemie; elle n'était tenable sous aucun rapport; rien n'en assurait les flancs ; le Pô était immédiatement sur ses derrières, et il n'y avait qu'un seul pont sur ce Âeuve. Le marquis Du-Guast ne prit sans doute ce camp que pour observer les Franr çais; aussi comroença-l-il sa retraite dès qu'il les sut en mouvement. Cependant la tête de leurs colonnes paraissant plutôt qu'on ne l'avait calculé, il fit sorlir sa cavalerie vers elles, pendant que son infanterie et son canon passaient le Pù^
48 GUERRES DU PlÉMOIîT
An 1557. dès que cette troupe se fut rangée en bataille sur la droite du fleuve, il rappela ses escadrons, qui se retirèrent sous la protectioa du feu des arquebusiers placés à ta tête du pont; ce retranchement ne tarda pas à être assailliavec impétuosité; les Espagnols s'y soutinrent jusqu'à la nuit, dont ils profitèrent pour brûler le pont. Monsieur , de Montmorenci était parti le soir même pour aller passer le Pu à Carïgnan.
Ici l'on pourrait demander comment cegénéral étant maUre des deux bordsde ce fleuve à Turin ne préféra pas.
cette route plus courte et plus sûre; peut-être voulut-il prendre l'ennemi entre cette ville et son année, comptant le forcer à se retirer dans l'Astesan, ou dans le Monferrat; et si c'était làson but, il y réussit malgré la lenteur extrême de sa marche (a) ; car le marquis Du-Guast, averti des mouvemens des Français , se relira à Chieri , abandonnant les riches magasins qu'il avait formés. Monsieur de Langei , commandant des troupes qui étaient restées en face de l'ennemi , ne le vit
(1) La nuit de son départ il s'arrêta i la Loge, « à CarpfD^, pour aifiTer le lendemain à Cari(;DaQ, quoiqu'il n'y eut que cinq à six milles de Moncalier à ceUe dernière Tille.