CHAPITRE XIX
SUITE DE LA GUERflE DE l583.
Sommaire. Les Genevois entrent dans le 42hablais et y obtiennent quelque . avantage. — Ils marchent en même
, temps sur Versoix, dont ils s'emparent par surprise. — Mort de Henri III roi • de France. — Le marquisat de Saluce's réuni au Piémont. — Projets du duc de Savoie. — Circonstances qui paraissent les favoriser. — Les Ligueurs appellent tes Pïémontais en Provence. — Ils s' emparent de Grasse et de ^fuelques autres places. — Ils sont reçus à Aix. — Les Français se rendent maîtres de la principauté de Barceionnette. — Les Genevois entrent dans le bailliage de Gex, et en font la conquête. —
CHÀPITKC XfX. 53?
Reprise de Cluse par les Savoyardsi — Les Ligueurs de Provence envnyent une députalion à Turin, — Charles Emmanuel se propose de marcher en personne à leur secours. — Il fait entrer ses troupes dans Ut principauté de Barcelonnette. — Succès de cette expédition. — Seconde entreprise qui réussit.
I^a paix de Nion n'affaiblit point le cou- ^^ '^^ rage des Genevois, qui entrèrent en force dans le Chablais tes derniers jours d'octobre ; ils marchèrent le long du lac , traversèrent l'Hemiance , et investirent le château de Veigier : le capitaine Bat> taglino ayant rendu la place à la pre* znière sommation, se retira à l'armée piémontaise , où il fut pendu par ordre du duc : les ennemis laissèrent une garnison il Veigier , et se portèrent à Eatrambières, à dessein d'y rompre le pont sur l'Arve ; mais ayant trouvé quelque , résistance de la part du capitaine Léon , ils assiégèrent le château , l'emportèrent de force , «t mirent à morj; ce brave officier : cette rigueur leur facilita peut-être la prise du poat de Lancy sur le Rhône , qui fut aussitôt abattu que prie: pendant qu'une colcHine suivait le cours de ce fleuve , et s'y établissait, a6n de retarder les communications Tom. IL aa
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338 GUERRES DU PIEMONT
An iSSg. entre la Savoie et le paya de Gex, monsieur de Lobigny partit secrètement de Genève à la tête de quatorze cents hommes le soir du 6 novembre , pour aller surprendre Versoix : it calculait arriver dans la nuit sous les murs de' cette place ; te jour le surprit cependant dans sa marche, et il dut se rep tirer, après avoir essuyé 'quelques coups de canon : le baron de la Serra n'en devint pas plus vigilant après cette leçon , et l'ennemi mformé de sa négligence, retourna à lui le i4, guidé par un traître qui connaissait la villes les Genevois y entrèrent sans obstacles , et leur feu seul sur les gardes piémontaises avertit le gouverneur d'un, danger auquel il n'était plus possible de remédier : la garnison, forte de six cents hommes , n'eut pas le temps de prendre les armes : les deux tiers de cette troupe furent massacrés en détail ; et monsieur de la Serra lui-même se jeta dans une vieille tour, où quelques soldats s'étaient enfermés à la hâte ; manquant de tout dans ce poste inattaqua- -ble, il capitula après deux jours (i). Le duc de Savoie' aurait aisément arrêté les progrès des Genevois, si d'autres soins n'eussent appelé ailleurs son attention et ses forces. Henri 111 ayant été assassiné dans ces entrefaîtes, Charles Emmanuel parut sur les rangs des