CHAPITRE XIX
prétendans au trône de France, comme Ain5 petit fils de François I.""" par Marguerite sa mère : il réunit définitivement le marquisat de Saluces au Piémont ; et il reçut le serment de iidélilé dei liabitans de cette province (i). Tout ^<;J^^' semblait favoriser les desseins vastes ;j;\,''°*.''i°î et hardis de ce prince; le royaume surjjj^i^-lequel il portait ses vues, -déchiré par les factions , était livré aux horreurs de la guerre civile ; le parti le plus faible était prêt à sacrifier la patrie même aux étrangers, plutôt que oe se réunir au parti contraire; et dans ce choc de factions le prince piémontais se vit appelé en Provence ; les Ligueurs ne pouvant y résister aux forces de Lesdiguières et de La-Vallette réunies , implorèrent l'appui de la cour de Turin , dans le temps ' oh. Charles occupé en Savoie , confiait le gouvernement du Piémont à la duchesse Catherine son épouse : la demande des Provençaux discutée dans le conseil d'état ayant été favorablement accueillie par cette princesse , un corps . de troupes reçut ordre de passer le Var , et de rassurer Antibe menacé ; des détachemens successifs portèrent bientôt la force des Piémontais à quatre mille hommes, dont trois cents cavaliers; et monsieur de -Leyni qui les commandait fut reçu en Provence avec les démonstrations de la joie la plus vire ; mais
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Jn i56^ l'enthousiasme d'un peuple en insurrtH:tion est un faible roseau dont l'imprudence seule peut s'étayer ; le général savoyafd en était convaincu , et ne comptant pas plus qu'il ne fallait sur l'attachement qu'on faisait paraître , il songea ii assurer ses comdiuniéBtions avec le comté de Nice; d'abord il se dirigea contre Grasse , où il voulait mettre una garnison piérfiontaïse , nécessaire pour couvrir sa retraite en cas de malheur; monsieur de Vins , chef des Provençaux , ayant été tué à ce si^e , le ao de no- T«mbre , le capitaine Baumont s'associa à Leyni dans te commandement de l'armée , et la place se rendit à eur ; l'acharne&lent des partis causa la perte de )a garnison, que les Ligueurs massacrèrent inhumainement, malgré les efforts ides chefs, qui prétendirent en vain de &ire respecter la capitulation convenue.
Philippe de Sokr, seigneur de Monestan^ , demeura chaire du gouTerne< ment de GrasSe , lorsque l'armée prit la route d'Aix, afu'ès s'être saisie des châteaux de Gordon et de Chalian. Mm- «i&ur d'Ampuis que le parlement destina à remplacer monsieur de Vins , n'ayant pu s'empa^r de Trez qu'il attaqua dan^ Je mois de décembre , mit ses troupes en quartier pendant quiiisft }ours , et fit ensuite marcher le comte de Carcâs vers Digne: cette ville étant assurée.