‹ Histoire moderne de la Grèce depuis la chute de l'empire d'Orient [microform] Par Iacovaky Rizo NéroulosChapitre 26 sur 52 · PROGRÈS DE LA CIVILISATION EN GRECE · texte numérisé non relu

PROGRÈS DE LA CIVILISATION EN GRECE

flottes dans la Mer Egée et menaçait les Darda-^ nelles.

Jusques à Catherine, aucun souverain de lEurope n'avait songé à tirer vengeance de la barbare insolence des sultans , qui promettaient de faire manger l'avoine à leur cheval sur l'autel de Saint- Pierre de Rome; mais Catherine humilia tellement le chehin^chah ottoman , ou roi des rois , que le seul nom de Russe inspirait la terreur dans l'âme de tous les Turcs, et que dans une rixe sanglante entre le 64"*' et le 75°^' régiment des janissaires, dans la ville de Galata vis-à-vis de Constantinople , rixe qui dura trois jours et que ni le chef des janissaires ni le grand-vizir ne purent apaiser, le sultan Mustapha III ne trouva d'autre moyen pour faire cesser le combat , que d'ordonner qu'on jetât entre les deux partis un chapeau russe , à la vue duquel ils se dispersèrent épouvantés *.

Ce fut donc dans cette guerre de Catherine contre les Turcs , que les espérances des Grecs pour leur affranchissement commencèrent à leur

* Le fameux Ismaïl-Bey, ministre des affaires étrangères, disait^ avec une métaphore expressive : « Depuis un siècle , la puissance ottomane est comme une tabatière garnie debrillans qui ne contient que des immondices, et c'est la Russie qui en a enlevé le couvercle.

88 SECONDE FÀHTIE.

paraître presque réalisées. Les règnes de Pierre le Grand , d'Anne et d'Elisabeth avaient déjà fait circuler le nom russe dans toutes les parties de la Grèce; mais les triomphes de Catherine, son fameux manifeste, dans lequel, à la face de l'Europe , elle qualifiait les Ottomans d'usurpateurs impies ; l'apparition de la flotte russe dans l'Archipel , précédée de l'arrivée à Maïna , dans le Péloponèse , du Grec Papas-Oglou , officier au service de Russie ; l'alliance contractée par Catherine avec un prince co-religionnaire des Grecs, Héraclius , souverain des Géorgiens sous la dépendance de la Turquie: tous ces grands événeniens enflammèrent les cœurs des Hellènes; ils crurent que l'heure de la délivrance avait sonné. Aussi dès que les Russes parurent dans la Mer Egée (1770), ils furent regardéis par les Grecs comme des libérateurs envoyés par le ciel. L'incendie de la flotte ottomane , cet immortel exploit de l'Écossais Elphinston , fit trembler Istambol d'épouvante et tressaillir la Grèce de la joie la plus vive. Les Grecs coururent aux armes , et la terre d'Agésilas et de Philopémen leva la première l'étendard de la liberté. Mais les Russes fondaient leurs espérances sur les Grecs, tandis que ceux-ci demandaient des secours proportionnés à .une telle entreprise.

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