‹ Histoire moderne de la Grèce depuis la chute de l'empire d'Orient [microform] Par Iacovaky Rizo NéroulosChapitre 35 sur 52 · PROGRES DE LA CIVILISATIOIT EN GRECE. I · texte numérisé non relu

PROGRES DE LA CIVILISATIOIT EN GRECE. I

nés , y étaient retenus dans l'inaction par les Russes , alors maîtres de ces îles, et échappaient ainsi à la puissance de la Porte. Ces militaires grecs étaient des Souliotes et des Prévézans fu* gitifs après la catastrophe de leur patrie; il y avait aussi des Chimariotes, des Acarnahiens et des Péloponésiens. Leurs chefs étaient les Christaky, les Colocotroni, les Nikitas, les Anagnos*tara, les Chrysospathi, les Petméza, les Gousty> les Palaska , les Carradia et les Cazzandoni.

Tous ceux qui avaient été employés par Sélim dans quelque fonction grande ou petite, soit dans la capitale , soit dans les provinces, étaient cruel* lement persécutés ; les uns étaient mis à mort y les autres menacés de l'être. Un souverain insensé, dirigé par des ministres tyranniques^ ne peut pas exister long-temps : il est haï et mé^ prisé. Aussi les gouverneurs riches et puissans se tenaient sur leurs gardes contre une autorité à la fois perfide et sanguinaire. Mustapha-Baïrak- Dar, gouverneur de Roustzouk , chef de la ligue formée par les ayans de Bulgarie, qui était dirigé par les conseils des ex-ministres de la Porte ré-' fugiés sous sa protection dans la révolte arrivée au camp du grand-vizir, conçut le projet de détrôner Mustapha , et de rétablir Sélim qui était détenu au fond du sérail. Il communiqua ce plan à

igS SECOliDE PARTIE.

Aly-Patha de Tëpëlen , à Dag-Dëviren-Ogloa , gouverneur d'Andrinople , à Ismaïl-Bey , gouverneur de la ville de Seras et chef de la ligue formée par les ayans de Macédoine, enfin aux gouverneurs de TAsîe mineure. Ce plan fut goûté et adopté. Mustapha-Baïrak-Dar se chargea de Fexécution.Il prit avec lui le grand- vizir Ibrahim- Pacha , qui se trouvait dans son camp sur les bords du Danube, tous les ministres qui raccompagnaient, et marcha précipitamment sur Constantinople. Avant de se mettre en route , îl avait expédié de nombreux détachemens de troupes, avec ordre d'arrêter tous les courriers turcs et européens , ainsi que tous les officiers de la Porte qui se rendaient à la capitale, de manière que par cette mesure le sultan et son ministère furent pendant vingt jours dans une igilorance absolue de ce qui se passait au dehors. Tout à coup le chef des janissaires Cabaktzy est attaqué de nuit et massacré avec toute la garnison du château de Phanaraky sur le détroit de la Mer Noire, par les troupes de Hatzy-Aly , ayan d*Anchîale , sous les ordres de Baïrak-Dar. La Porte était encore plongée dans la plus profonde léthargie, quand Mustapha-Baïrak-Dar , avec le grand-vizir , à la tête de plus de vingt mille hommes , s'approcha de Constantinople et campa avec toute son armée

PROCRis DX LA CIYILISATIOK EN GllicE. IQQ

a Davoud-Pacha , plaine distante d*une lieue de la capitale. Le grand-vizir, appelé par le sultan , alla le voir et lui déclara Tintention des insurges. Mastapha voulut négocier pour gagner du temps et opérer une contre -révolution; mais Baïrak- Dar entra aussitôt à la tète de ses troupes, fît annoncer au sultan le vœu positif des musulmans pour Sélim , et comme il vit que Ton se disposait à repousser la force par la force , il marcha avec le muphti , les cadi-askers et tous les ministres de la Porte contre le sérail , dont il trouva les portes fermées; il en escalada les mu* railles et demanda qu*on tirât Sélim de sa prison. Mais ce prince venait d*étre étranglé. Le chef des eunuques noirs présenta à Baïrak«Dar son cadavre. Le sultan Mustapha avait prévenu les rebelles et s'était vengé. Il aurait également égorgé son frère, le sultan actuel, sans la vigoureuse résistance de ses eunuques, qui prirent les armes pour le défendre* Baïrak-Dar furieux, menaça de faire passer au fil de Tépée tous les officiers du sérail, s'ils ne lui amenaient pas Mahmoud sain et sauf. Alors les bostandzis, ou garde impériale, forcèrent les eunuques à se défaille de ^Mustapha et à montrer Mahmoud aux troupes qui rappelaient. Ainsi le sultan actuel ne monta au trône quen marchant sur les cadavres de son oncle et de son frère.

200 SECONDE FAKTIE.

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